Nathanson, Mcdizlnslte Obosrenjc, XXIII, il
2. Evkhsduscii, Miïnchener med. Wochenschr., 1890. 5. Pikcuaïïd, Presse méd. belge, 1874, N. 12, '2.
D. — CHOROÏDITE SUPPURATIVE TRAUMATIQUE
Bien que la cause apparente réside dans un traumatisme ancien ou récent de l'œil, la choroïdite suppurative grave ou panophtalmie ne saurait se produire sans contamination par des germes pathogènes ou leurs sécrétions.
Qu'il s'agisse d'opération de cataracte ou de toute autre blessure, de staphylomes, d'enclavements de l'iris et de brûlures par le feu ou les agents chimiques, c'est toujours l'infection qu'il faut accuser.
Les divers états dyscrasiques, tels que l'alcoolisme, le diabète, l'albuminurie, se bornent à favoriser l'évolution du processus suppuratif.
Pour expliquer la suppuration oculaire, les auteurs ont émis plusieurs théories. Zehender a fait intervenir les tiraillements de l'iris ; Zwansy et Sattler invoquent la hernie du vitré dans la poche staphylomateuse. Leber, dans un premier travail paru en 1878, insiste sur les espaces intra-cellulaires de l'épithélium, exposés à l'infection par suite de la chute spontanée ou traumatique de la couche épidermique qui tapisse la cicatrice. Wagenmann1, s'étant livré à l'analyse de dixhuit observations de suppuration du globe, dont quatre survenues tardivement après l'extraction de la cataracte, une consécutive à l'iridectomie pour glaucome, et treize dues à des hernies traumatiques de l'iris, établit le rôle prépondérant de la distension glaucomateuse qui, en éraillant la cicatrice, la rend perméable aux germes pathogènes venus du dehors. Ce qui le prouve, c'est la présence dans l'œil du staphylococcus aurais ou albus, dont le vitré serait le principal milieu de culture.
Sans vouloir nier la fréquence de l'infection par voie externe, nous pensons qu'il y a lieu d'admettre aussi une panophtalmie d'origine interne ou par endo-infection. Cela est vrai pour d'autres parties de l'organisme, et rien ne s'oppose à ce que l'œil traumatisé constitue un terrain tout préparé au développement de microbes contenus dans le sang. Ce qui tend à nous confirmer dans cette idée, c'est qu'en procédant à des cultures avec le vitré provenant de très vieux moignons à parois épaisses, nous avons souvent rencontré des micro-organismes. A moins de les considérer comme contemporains d'une lésion du globe, remontant à vingt ou trente ans, ce qui est peu probable, force nous est de les rattacher à une immigration par la voie des vaisseaux. Nous en donnerons comme exemple un ancien angiome fibromateux de l'orbite qui suppura dans le cours de la fièvre typhoïde ; la collection purulente contenait exclusivement des bacilles d'Eberth.
1. Wagesjtahs, Arch. f. Opthal., t. XXXV, 4, p. 111 et suivantes.
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Des corps étrangers oxydables logés dans l'œil provoquent très souvent la suppuration, alors même qu'ils sont aseptiques. Nous avons cité, à propos de l'iris et de la cornée, les expériences probantes de Leber. De son côté, Rindfleich', en injectant antiseptiquement dans le vitré une goutte de mercure pesant 20 centigrammes, produisit de l'hyalite suppurée qui, au bout de vingt-quatre heures, s'accompagna d'hypotonie manifeste et aboutit finalement à la phtisie du globe. L'auteur attribue l'hypotonie au ratatinement du vitré, et non au corps ciliaire et à l'humeur aqueuse, relativement peu altérés.
Dans les choroïdites suppuralives graves, le pus finit par envahir le sac cristallinien. Ce fait a d'autant plus lieu de nous étonner que la lentille, exclusivement composée d'éléments épithéliaux, ne saurait se prêter à la suppuration, et que les cristalloïdes, dépourvues de pores, ne peuvent livrer passage aux globules purulents.
Pour éclairer ce point, Deutschmann2 a injecté du pus dans la chambre antérieure et dans le vitré. Il est arrivé à se convaincre que toujours il se produit de petites solutions de continuité du sac capsulaire.
Leber3 et Wagenmann* confirmèrent l'exactitude de ce fait sur des yeux humains devenus panophtalmes. 11 est à noter que les perforations sont souvent exiguës, au point que seuls des microbes pourraient les franchir.
Leber5, voulant savoir si l'usure de la cristalloïde ne tenait pas à l'action d'une zymase contenue dans le pus, fit des extraits qui, mis en contact avec diverses substances organiques, eurent pour effet de les dissoudre.
J. Schohl6, se fondant sur l'examen anatomique de 25 yeux énucléés pour suppuration, 15 fois à la suite de traumatismes, 8 fois après brûlures, ulcérations et purulence de la cornée, et 2 fois dans le cours de la fièvre puerpérale, arrive à conclure que dans la grande majorité des cas l'infection débute par la rétine. Seules, cinq blessures du corps ciliaire, dont trois avec pénétration de corps étrangers, font exception, en ce sens que la lésion débuta par une véritable choroïdite purulente. Partant de là, l'auteur s'élève contre les classiques qui envisagent les deux termes de choroïdite suppurative et de panophtalmie comme synonymes.
La marche de l'affection est la suivante :
Au début, il apparaît dans la chambre antérieure un trouble