BmÈBE, Thèse de Paris
SARCOME. 413
placés en dehors du champ ophtalmoscopique, sans forte extension du côté du globe. Parfois, le doute subsiste et Fou n'est averti de l'erreur qu'après éuucléation.
Lorsque la tumeur a envahi l'orbite et les paupières, un point difficile est de savoir si elle ne s'est pas déjà propagée du côté des sinus et du crâne. Il existe des exemples où cet envahissement a pu s'opérer en silence, sans le moindre trouble fonctionnel révélateur. Même incertitude au sujet de la généralisation par métastase qui, bien plus à craindre dans les stades avancés, ne manque pas de se produire dès le début. Nous pourrions citer à l'appui l'observation d'un homme jeune et vigoureux qui, énucléé dès l'apparition du sarcome choroïdien, mourut six mois plus tard par généralisation dans les viscères.
Le leuco-sarcome de l'iris pourrait être confondu avec les gommes syphilitiques et les tubercules en foyer. On distinguera le tubercule par sa tendance à se ramollir et à devenir caséeux, et son apparition sur des sujets jeunes atteints d'autres lésions tuberculeuses. Pour les gommes, d'autres manifestations syphilitiques et l'hérédité mettront sur la voie. En cas de doute, on instituerait le traitement spécifique.
Entre un décollement rétinien simple et celui symptomatique de sarcome, l'hésitation est grande. De Grsefe conseillait d'instiller de l'atropine qui, lors de tumeur, ne tarde pas à provoquer des accidents glaucomateux. Toutefois, les choses ne se passent pas toujours ainsi, et, dans l'affirmative, le malade nous accuserait d'avoir aggravé son état. L'exagération spontanée du tonus est plus significative; mais, vu son inconstance, on ne saurait s'y fier d'une façon absolue. D'après Knapp, la grande étendue du décollement et son peu de mobilité constitueraient des signes distinctifs. Toutefois, comme les décollements simples invétérés offrent les mêmes caractères, on risquerait encore de se tromper.
Hirschberg1 et Frânkel2 ont conseillé, dans les cas difficiles, dévider l'épanchement sous-rétinien au moyen d'une aiguille cannelée qu'on implante au besoin dans la masse néoplasique pour bien s'assurer de sa consistance. Ce mode d'exploration, emprunté à la chirurgie générale, ne saurait s'adresser qu'aux tumeurs d'un certain volume, généralement faciles h reconnaître.
Une fois, d'après Knapp, le décollement du vitré a été pris pour une tumeur sarcomateuse ; l'erreur fut reconnue à l'énucléation.
Des décollements sanguins de la choroïde en imposent souvent; mais comme ces derniers sont le résultat du traumatisme, que le tonus est sensiblement diminué et que l'atrophie du globe en est la suite, l'hésitation sera de courte durée.