Franbel, Ccntralblalt f. Augenheil
klk MALADIES DU TRACTUS UVÉAL. — IRIS ET CHOROÏDE.
Une autre cause d'embarras vient du glaucome indépendant de tumeur. Comme l'œil devient alors inéclairable, l'ophtalmoscope ne peut rien nous apprendre. Cependant, en tenant compte que dans le sarcome les douleurs vives sont presque continues, que le champ visuel se rétrécit d'une façon atypique et que le second œil n'offre aucun signe glaucomateux, on arrive à établir la différence. Nous ne saurions imiter ceux qui pratiquent une iridectomie d'épreuve. Non seulement cette opération reste dans les deux cas sans effet, mais, lors de sarcome, il en résulte le plus souvent une aggravation réelle.
Une confusion assez commune est celle de certaines irido-cyclites et hyalites plastiques avec le leuco-sarcome ciliaire. Pour établir le diagnostic différentiel de ces affections, on doit tenir compte de l'âge peu avancé du sujet, de la marche nettement inflammatoire, de l'absence de signes glaucomateux et de l'origine parfois traumatique.
Comme fait unique, nous signalerons l'observation de Schiess1 intitulée : Tumeur fibromateuse d'aspect verruqueux du corps ciliaire simulant le sarcome. Il s'agissait d'une femme de quarante-deux ans, dont l'œil gauche supposé atteint de tumeur avait été énucléé. A la face interne du corps ciliaire il existait une masse homogène translucide, de forme semi-lunaire et de l'épaisseur de quelques millimètres. Elle s'étendait de l'ora serrata à l'équateur du cristallin partiellement opacifié et était composée de fibres conjonctives, de cellules fusiformes à noyau, de fins vaisseaux et de grains pigmcntaires. L'auteur pense qu'il y avait hypertrophie fibreuse des procès ciliaires, d'où il partait de nombreuses saillies. Il insiste sur les difficultés du diagnostic.
Michel' a décrit de son côté un fibro-chondrome de l'œil droit, avec fibrome du gauche, chez un vieillard de soixante-huit ans. Les deux tumeurs, de couleur nacrée, avaient pour siège la macula. L'examen anatomique démontra qu'elles provenaient de l'élastique de la choroïde.
Le cysticerque sous-rétinien ne saurait guère tromper qu'au début. Ultérieurement, la présence d'exsudats filamenteux abondants dans le vitré et le manque habituel de glaucome consécutif témoignent de l'existence de l'entozoaire.
Nous ne citerons que pour mémoire les tubercules choroïdiens qui, presque toujours disséminés et de petit volume, sont faciles à reconnaître.
Pronostic. — D'une façon générale le pronostic est grave, surtout à cause de la grande tendance de l'affection à récidiver et à se généraliser. Dans la statistique de Fuchs pour les sarcomes de la région