‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 248 sur 547 · Lagrange, Arch. d'Opht., XII, janvier · texte numérisé non relu

Lagrange, Arch. d'Opht., XII, janvier

Dans la première, concernant une fillette de quatre ans, la tumeur, du volume d'une petite noix, avait envahi le nerf optique et était presque exclusivement constituée de jeunes cellules rondes, serrées les unes contre les autres, avec stroma insaisissable sur plusieurs points. Il est dit que la rétine faisait partout défaut, ce qui démontre, croyonsnous, qu'elle avait été le point de départ de la tumeur. Le fait que cette dernière avait contracté des adhérences avec la choroïde ne prouve rien, étant donné que nulle part la masse ne contenait de pigment.

Dans la seconde observation, relative à une petite fille de trois ans, malgré l'exophtalmie et un chémosis prononcé, le tonus était normal, l'orbite envahi et le nerf optique à moitié désorganisé. Il y eut récidive presque immédiate et mort deux mois après, bien qu'on eut recours dans l'intervalle à l'évidement de l'orbite. L'autopsie montra l'envahissement du chiasma et des deux nerfs optiques fortement augmentés de volume, plus une masse de la grosseur d'une aveline au sommet de l'orbite correspondant. Ces éléments consistaient en cellules rondes embryonnaires et occupaient circulairement le tiers de la cavité de l'œil au détriment du vitré. La rétine était partiellement décollée et en partie envahie par le néoplasme. Quant au vitré, il était farci des mêmes éléments.

L'auteur, qui s'est occupé spécialement des leuco-sarcomes, pense que si l'on n'en a pas signalé un plus grand nombre chez les enfants, c'est qu'on les a confondus avec le gliome. De notre côté, nous croyons que la proposition inverse est également vraie et qu'on a dû décrire des leuco-sarcomes qui, comme les deux de Lagrange, rentrent dans le gliome. Même erreur possible pour les cyclites infantiles, où il nous a été donné, ainsi qu'à d'autres, de pratiquer l'énucléation, alors que l'examen anatomique a démontré des exsudats cyclitiques, avec décollement et transformation fibreuse de la rétine et du vitré.

CANCER MÉTASTATIQUE DE LA CHOROÏDE

Les tumeurs malignes secondaires ou métastatiques de la choroïde ne constituent jusqu'ici qu'un petit groupe. Nous pensons que cette rareté est relative et que bien des cas de même ordre ont dû passer inaperçus. La raison en est dans le peu d'attention de la part des médecins et des chirurgiens chargés du traitement des cancéreux. De leur côté, les ophtalmologistes ne sont consultés que par hasard. Il est à espérer qu'à l'avenir cette lacune sera comblée.

La première observation, incomplète à bien des égards, quoique

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suivie d'examen anatomique, est celle de Brômser1, recueillie dans le service de von Grœfe. Viennent ensuite celles de Péris2, Hirschberg3, Schôler*, Hirschberg-Birnbacher3, Pflùger6, Manz7, Scharpinger8, Gayet9, Mitwalsky10, Schultze", Ewing", Elschnig'% Guende1*, Wardworth13, Samelsohn" et Uhthoff17. à quoi il faut ajouter le cas de Schiess-Roth ls, intitulé Sarcome métastatique de la papille. Les observations de Wagner" et de Holden40 sont contestables.

Le point de départ a été le plus souvent un cancer du sein chez la femme, sauf pour les faits de Brômser et de Pflùger.

Étant donné le petit nombre de nécropsies, nous croyons devoir les rapporter en détail.

Dans le cas de Schiess-Roth où il y avait sarcome du sternum du volume d'une pomme, on a trouvé la papille et la partie attenante de la rétine envahies par une production de même nature. Des masses analogues existaient à la peau, dans les ganglions lymphatiques, les poumons, les capsules surrénales, mais non dans le foie.

Péris rencontra fortuitement chez un homme de quarante-trois ans un carcinome des deux choroïdes et des poumons.

Hirschberg, chez un cancéreux du sein de vingt-huit ans, avec nodules récidivants de la peau environnante, trouva l'œil occupé par une grosse tumeur de 12 millimètres de large sur 9 de haut, née au voisinage de la papille, qui était comme refoulée. Rétine en grande partie décollée avec liquide séreux sous-jacent. L'examen histologique montra que la tumeur était constituée de cloisons conjonctives rayonnantes et de follicules épithéliaux. Les cellules mesuraient de 20 à 60 li, étaient polygonales et pourvues d'un gros noyau.

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