‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 249 sur 547 · Holden, Arch. of Opht., XXI, n · texte numérisé non relu

Holden, Arch. of Opht., XXI, n

Consulter aussi la thèse de notre élève P. Bouquet. Steinheil, édit., Paris, 1895.

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Dans le cas de Schôler, femme de trente-trois ans, cancer du sein gauche datant de six ans, enlevé depuis six mois par Bardeleben, l'examen anatomique fait par Uhthoff démontra une dégénérescence carcinomateuse aplatie de la choroïde se propageant dans le nerf optique.

Ewing, sur un œil atteint de cancer métastatique de la choroïde et de l'iris, trouva un décollement de la rétine et un épaississement de toute la choroïde depuis le nerf optique jusqu'à l'équateur, y compris le côté externe de l'iris dans l'étendue de 1 f- millimètre. Cette altération consistait en amas cellulaires contenus dans un stratum cavitaire. Les cellules pourvues de noyaux affectaient des formes très variées. Les plus grosses, devenues vésiculeuses, mesuraient jusqu'à 67 p.. La rétine, bien que décollée, était saine. Il s'agissait d'une femme de trente-deux ans qui, depuis longtemps, portait un cancer de la mamelle gauche de la grosseur d'une pomme. Elle se plaignait à la fin de vomissements. Il faut ajouter que l'œil gauche fut pris à son tour.

Scharpinger a observé une femme de cinquante et un ans qui, deux ans avant le trouble de son œil droit, avait été opérée d'un squirrhe du sein, non récidivé. A l'examen de l'œil, il trouva une plaque choroïdienne néoplasique ayant la structure du carcinome.

Schultze, chez une femme de trente-quatre ans, opérée un an auparavant d'un carcinome du sein droit et des ganglions axillaires correspondants, trouva à la partie supérieure de la choroïde une tumeur de 19 millimètres sur 16 à la base, et de 5 millimètres de hauteur, plus une autre du volume d'une lentille du côté opposé. La première touchait le nerf optique sans l'envahir, tandis qu'elle adhérait à la choroïde. A l'examen histologique. stroma conjonctif alvéolaire contenant de grosses cellules de 10 à 50 p. pourvues d'un ou de plusieurs noyaux; vaisseaux en petit nombre. Par places, foyers de métamorphose graisseuse. La sclérotique était perforée sur un point.

Gayet, sous le nom d'adénome de la choroïde, décrit les altérations de l'œil gauche d'un homme de trente ans, atteint d'un cancer de l'estomac. Il trouva une tumeur aplatie de forme lenticulaire touchant le nerf optique par son côté externe. La couleur en était blanche, avec des marbrures.

Au microscope, la structure rappelle celle d'une glande tubuleuse. Les tubes sont tapissés de cellules épithéliales allongées à noyau très net, et sont remplies de cellules arrondies granuleuses à noyaux souvent multiples. Certaines d'entre elles sont dégénérées. Une gangue fibreuse relie les tubes. La tumeur envoie des prolongements autour des gros vaisseaux et dans les espaces interlamellaires de la choroïde. A l'autopsie, l'estomac du côté du cardia est le siège d'une tumeur du volume du poing, donnant du suc cancéreux par le raclage. Intestin rem-

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pli de sang noir. Foie farci de noyaux disséminés. Noyau dur à la base du poumon droit avec épanchement pleurétique. La rate et les reins étaient normaux.

Nous ne ferons que mentionner la communication de Kamocki1, relative à une tumeur adénoïde de la choroïde rencontrée chez un jeune et vigoureux paysan. La ressemblance histologique avec un lobule de glande lacrymale a porté cet auteur à l'interpréter comme dérivant de la pénétration dans l'œil après traumatisme d'une partie, de cette glande. C'est évidemment là un cas qui ne rentre pas dans le cancer métastatique, bien que. l'auteur, dans une publication récente, adopte cette manière de voir. La principale objection est qu'il s'agissait d'un vigoureux gaillard, ne présentant aucun signe de cancer sur le reste de l'organisme.

Une particularité qui ressort de l'ensemble des observations, est que les cancers choroïdiens métastatiques affectent une forme en plaque, qu'ils envahissent de préférence la moitié postérieure du globe, et s'accompagnent de décollement rapide de la rétine, au point d'en être cachés. Déplus, ils ont de la tendance à s'attaquer au second œil, soit par propagation vers le crâne, soit d'une façon indépendante sous l'influence de la diathèse. Ce qui est certain, c'est que, parmi les malades, plusieurs ont succombé, qu'ils aient été énucléés ou non, sous le coup d'accidents encéphaliques et spinaux.

A tous ces points de vue, il s'agit donc d'une manifestation grave du côté de l'œil, laquelle, une fois reconnue, contre-indique toute intervention chirurgicale sur le foyer cancéreux primitif.

Au point de vue de la lésion servant d'origine, sur les 19 cas connus, nous trouvons : 14 cancers de la mamelle, 2 nasvi pigmentaires. 2 carcinomes du poumon et 1 de l'estomac et du foie. La lésion atteignait six fois les deux yeux; trois fois, il s'ajoutait une tumeur épibulbaire ayant la structure du squirrhe.

La question de savoir si les sarcomes blancs ou mélaniques se comportent comme les cancers mammaires et autres au sujet de la métastase dans l'œil, paraît être résolue, en tenant compte des observations de Drômser, Schiess-Roth et Pflùger. Il y aurait même lieu de se demander si dans les cas de métastase précoce de l'œil vers l'organisme il ne faut pas admettre le contraire, à savoir l'origine métastatique de l'affection oculaire. De cette façon, on s'expliquerait mieux comment des individus, en apparence sains et vigoureux, succombent à une généralisation viscérale trois à six mois après l'énucléation d'un œil fonctionnant encore normalement, ainsi que nous en avons cité plus haut un exemple.

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