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Reissmann, Arch. {. Opht., XXX

HÉMORRHAGJES ET RUPTURES DE LA CHOROÏDE. 429

un seul œil. Leur répétition n'est pas rare, particularité qui mérite d'être prise en considération au point de vue du pronostic.

Pour expliquer la production de rhémorrhagie, on a invoqué bien des causes : les altérations scléreuses ou amyloïdes des parois vasculaires ou leur relâchement, diverses lésions du système cardio-pulmonaire, et chez la femme les troubles utérins. L'âge compris entre quinze et vingt-cinq ans y prédispose, au même titre que pour l'épistaxis, sous l'influence d'actes réflexes, dérivant d'une irritation partie de divers organes et principalement de ceux génitaux.

Une condition non moins efficace réside dans l'hypertrophie juvénile du cœur et la chloro-anéinie.

Les lésions liées à la myopie forte ou à l'hydrophtalmie congénitale provoquent également de fréquentes hémorrhagies. Celles-ci sont tantôt circonscrites à l'ectasic staphylomateuse ou à la macula, tantôt multiples.

Au début, lorsque l'examen ophtalmoscopique est possible, l'hématome sous-choroïdien se distingue du décollement simple de la rétine par sa couleur d'un rouge brunâtre, son siège profond qui fait que les vaisseaux rétiniens serpentent à la surface; enfin, par l'absence de tout pli flottant lorsque l'œil vient à se mouvoir.

Les hémorrhagies traumatiques, avec ou sans déchirure de la choroïde, sont bien plus fréquentes.

Elles sont occasionnées par des contusions violentes ou des plaies diverses par instruments piquants, Fig. m.

tranchants et contondants. Une fois

le sang résorbé, on aperçoit au niveau de la déchirure une plaque blanche, chatoyante, qui n'est autre que la sclérotique mise à nu. Cette plaque est circonscrite par un liséré noir charbonneux, dû à la prolifération irritative du stroma pigmentaire de la rétine et de la choroïde.

A mesure que la cicatrice se rétracte, il n'est pas rare de voir survenir le décollement rétinien et vitréen.

La déchirure choroïdienne peut être simple, ou double, comme dans le cas de Saint-Martin'. Elle siège presque toujours en arrière entre le disque optique et la macula. De forme semi-lunaire, à concavité

1. Saint-Martis, Clin, ophlalm. des Quinze-Vingts, p. 87, 1884.

dirigée vers la papille, elle occupe 82 fois sur 100 le côté externe ou temporal et 14 fois celui nasal. Dans 5 cas elle se dirigeait en ligne droite de la papille à la macula ; les observations qui s'y rapportent sont celles de Mauthner1, les 2 de Teillais2, une de Hughes3 et une dernière de Magnus''. En même temps que la choroïde, les couches externes de la rétine étaient rompues, et dans le cas de Magnus la moitié du disque optique était intéressée, si Ton en juge par une bride fibreuse qui s'y insérait plus tard.

Ordinairement l'hémorrhagie est faible et peut parfois manquer. Ce qui est fréquent, c'est le trouble diffus de la rétine au voisinage de la papille. Une fois celui-ci disparu, on voit, comme dans la rupture spontanée, une plaque blanche tendineuse qui n'est autre qu'une portion de la sclérotique.

La vision ne tarde pas à décroître, et l'exploration du champ visuel fait reconnaître un scotome correspondant au siège de la lésion.

A une période plus avancée, la papille s'atrophie, devient blanche, et la rétine se décolle.

Vu l'extensibilité très grande de la choroïde au niveau de l'équateur, les déchirures y sont rares. Lorsqu'une des artères ciliaires est intéressée, il se produit un vaste hématome qui refoule la choroïde et la décolle de la sclérotique. Lors d'une rupture de la coque oculaire, tout le contenu de l'œil est expulsé au dehors, sans qu'une compression méthodique parvienne à s'y opposer.

Les décollements de la choroïde par du sang ou de la sérosité peuvent simuler un sarcome. Knapp 5, Reuling et Grœnouw6 en ont cité quatre exemples. Tous étaient consécutifs à l'extraction de cataractes supra-mûres, sans perte du vitré. Dans les deux cas de Grœnouw, il y eut résorption rapide; dans ceux de Knapp et Reuling, l'examen anatomique décela une exsudation séro-sanguine sous la choroïde intimement adhérente à la rétine.

En fait de décollements par coups sur la tète, nous ne connaissons que les deux cas de Michel7 et de Walther8. Encore est-il que dans le dernier, le soulèvement de couleur gris jaunâtre pourrait être rapporté à la rétine. Quant aux détachements choroïdiens spontanés,

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