Manz, Arch. f. Augenk., XXIII. p
COLOBOMES DE LA CHOROÏDE ET DU NERF OPTIQUE. kk9
chez l'homme et un autre chez le lapin. Le premier mesurait 4 millimètres et demi de haut sur i de large. 11 y avait une excavation qui du centre de la papille se prolongeait en bas vers la sclérotique. Dans toute cette partie, le colobome était tapissée par une couche conjonctive vasculaire. Au point où celle-ci se confondait avec la sclérotique, la choroïde et la rétine formaient une sorte de promontoire, sous lequel émergeaient les vaisseaux centraux.
La moitié supérieure de la papille était normale, comprenait la presque totalité des fibres optiques qui, comme d'ordinaire, traversaient la lame criblée. Cette distribution explique l'existence du scotome dans la moitié supérieure du champ visuel, également noté dans les trois observations de Nieden1. Tous les vaisseaux rétiniens venaient des gaines. Partis du point le plus déclive, ils s'acheminaient verticalement en haut, le long de la face antérieure de la papille, à laquelle ils donnaient de fins ramuscules. Cette disposition anomale a été figurée par Liebreicb dans son Atlas d'ophthalmoscopie, pi. XII, fig. 4, et par H. Becker'2.
Sur le nerf colobomateux du lapin, il existait un cordage en tête de massue, se prolongeant dans le vitré jusque près du cristallin. Cet appendice était pourvu de vacuoles et d'un filament cylindrique au centre ; le tout d'origine mésodermique. Pareille chose a été rencontrée par Hess3 et Beck dans les malformations de l'œil.
Déjà, à propos des colobomes de l'iris, nous avons exposé les objections qu'on peut adresser à la théorie classique de von Ammon, adoptée par de Manz et autres. Même si l'on fait abstraction de la rotation de l'œil fœtal, entrevue par Kulliker4, confirmée depuis par Vossius5et Vasseaux6, on ne saurait appliquer le même raisonnement aux colobomes de la macula et à ceux du nerf optique et de la choroïde, dirigés en sens opposé. Nous savons qu'on a tourné la difficulté, en mettant en doute la rotation de l'œil embryonnaire et en soutenant que la fente située en bas se prolonge en haut et en dehors jusqu'à la macula, mais sans preuves à l'appui.
Le fait que, dans la grande majorité des cas, la sclérotique et le vitré, nés également du mésoderme, ne participent pas au colobome, plaide contre la théorie de l'arrêt de développement.
Une autre objection est l'étroitesse de la rainure rétinienne, comparée au large défaut de la choroïde. La coexistence d'autres foyers atrophiques prouve qu'il s'agit plutôt de choroïdite.