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MOUCHES VOLANTES OU MYIODOPSIE. "I

Le trouble poussiéreux, décrit à propos de la chorio-rétinite syphilitique, occupe de préférence les parties profondes du vitré, plus particulièrement les endroits déclives. A chaque mouvement brusque de l'œil, il se produit une sorte de remous caractéristique.

Ce nuage tient à l'immigration dans le vitré de cellules ou de particules opaques, et sa saturation varie dans les différents stades de la maladie.

Plus les corps flottants sont profonds et moins l'ombre portée sur la rétine est excentrique. Grâce à cette particularité, on peut se rendre approximativement compte de leur siège, au moyen d'un artifice imaginé par Brevvster et fondé sur l'expérience de Scheiner . Supposons qu'il s'agisse de deux corps o et o' situés sur l'axe, à des profondeurs différentes. En plaçant devant l'œil exploré un écran B, percé de deux trous d'épingle séparés par un intervalle moindre que le diamètre de la pupille, le malade verra quatre taches

noires, dont deux m'n' plus rapprochées et deux mn plus éloignées de l'axe. Chaque couple d'ombre reproduit la forme des corps flottants, telle que l'ophthalmoscope nous l'a révélée.

Les blépharites et les conjonctivites, s'accompagnant d'un larmoiement abondant, donnent parfois lieu à la perception de mouches volantes pathologiques, dues à la présence dans les larmes de petits globes épithéliaux, et plus souvent de vésicules graisseuses provenant des glandes sébacées. Ce phénomène a cela de particulier qu'il peut changer d'un instant à l'autre et disparaître, sitôt qu'on guérit l'affection qui en est l'origine.

Les opacités floconneuses constituées par du sang apparaissent brusquement, et ont de la tendance à se résorber. A l'examen ophthalmoscopique, on parvient quelquefois à saisir le point rupture du vaisseau où le caillot tient encore. Celles plastiques augmentent au contraire de volume et de nombre avec les progrès de l'inflammation.

Lors d'hémorrhagie ou de choroïdite maculaire, la perception des mouches volantes l'ait défaut, à cause de la défectuosité de l'acuité visuelle.

Sous le nom d'état jiimenteax, Desmarres a décrit un trouble

Fig. 125.

floconneux particulier qui fait ressembler le -vitré à l'urine des herbivores. Cette altération existe seule, ou se lie à une irido-cyclite plastique, comme on en observe si souvent chez la femme à l'âge de la ménopause.

Seely et Sultzer ' ont signalé dans l'intoxication paludéenne chronique un état jumenteux qu'ils ont décrit sous le nom d 'infiltration blanche. Il a pour caractère de s'accompagner d'un abaissement intermittent et progressif de l'acuité visuelle, le tout disparaissant après l'administration prolongée des sels de quinine.

Le pronostic et le traitement des opacités vitréennes varient suivant qu'elles tiennent à des hémorrhagies ou à des exsudats plastiques. On doit se préoccuper surtout des lésions dont elles dérivent.

Nous n'insisterons pas sur les divers agents prétendus résolutifs. Seuls les courants continus paraissent jouir d'une action favorable, ainsi qu'en témoignent les faits publiés par Le Fort2, Camus5, Giraud- Teulon et d'autres; ceux faibles et prolongés méritent la préférence comme agissant mieux sur la nutrition.

SYNCHISIS DU VITRÉ

Très consistant chez les animaux, encore tel chez l'homme dans le jeune âge, le vitré subit avec les années une fluidification progressive, surtout prononcée dans la vieillesse.

Lorsque cette liquéfaction résulte d'un étal pathologique et qu'il s'y ajoute la présence de nombreux corps flottants, on a affaire au synchisis, distingué en simple et en scintillant, suivant que les corpuscules sont opaques ou miroitants.

On professait jadis que le tremblement de l'iris ou iriclodonésis caractérisait cliniqucment l'hydropisie du vitré, et l'on attribuait la même signification au ramollissement du globe. Nous savons aujourd'hui qu'il n'en est rien, et que l'iridodonésis tient exclusivement au manque de point d'appui de l'iris sur le cristallin.

Le degré de tonicité de l'œil ne nous renseigne pas davantage. L'expérience montre en effet qu'on trouve souvent le vitré rétracté et dense sur des yeux extrêmement mous, alors que sur des yeux durs et incompressibles atteints de glaucome chronique ou d'hydrophthalmie avancée, il n'est pas moins liquéfié.

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