‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 298 sur 547 · Gallemaerts, Thèse d'agrégation, Bruxelles · texte numérisé non relu

Gallemaerts, Thèse d'agrégation, Bruxelles

naient pas de cristaux de cholestérine, alors que l'humeur aqueuse et l'épanchement situé derrière la rétine en étaient chargés. Dans la première observation, les mêmes corps existaient dans les lames de la cornée. Il insiste sur l'hypertrophie des cellules pigmentaires de la choroïde avec oblitération des espaces vasculaires, et sur les altérations très prononcées de l'épithélium rétinien, dont les cellules gonflées et de couleur jaune or étaient partout entremêlées avec les paillettes de cholestérine. Il n'a rencontré nulle part les globes calcaires, ni les cristaux de tyrosine signalés par Poncet. Partant de là, l'auteur voit dans le synchisis, non une altération du vitré et du cristallin, mais de l'épithélium pigmentaire de la rétine.

La mobilité des paillettes ainsi que leur volume et leur nombre varient. La meilleure manière de les observer consiste à les éclairer avec l'ophthalmoscope, et à se servir d'un verre grossissant de + 18 ou 20. En déplaçant la lentille d'arrière en avant, on explore successivement les divers plans des milieux. Lorsque les cristaux occupent le cristallin et la chambre antérieure, il est préférable d'employer l'éclairage oblique.

La rétine elle-même peut être le siège de ces corps brillants. C'est ce que nous avons constaté dans le synchisis naphtalinique qui, soit dit en passant, précède l'opacification du cristallin.

Le pronostic varie d'après les lésions des membranes oculaires, particulièrement de la choroïde et de la rétine.

Toujours est-il que le synchisis annonce un état de dystrophie sénile ou pathologique du globe, et ne saurait dès lors être sans importance. A cela font exception certaines cataractes séniles, où la présence de corps brillants n'entraîne pas l'insuccès de l'opération.

Nous ne saurions recommander aucun traitement; le succinate de fer et autres préparations proposées ne méritent aucune confiance.

CORPS ETRANGERS DU VITRÉ

Rien n'est fréquent comme les corps étrangers intra-oculaires à la suite de blessures de la sclérotique et de la cornée. Ils traversent la choroïde et la rétine, ou l'iris et le cristallin, pour se loger finalement dans le vitré. Ceux d'un certain poids gagnent de préférence les parties déclives; les plus légers peuvent rester en suspension.

Toujours du sang s'épanche dans la cavité oculaire en quantité variable, d'après le volume du corps étranger et le degré de contusion du globe. Il n'est pas rare non plus de constater le décollement pri-

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mitif de la rétine, ce qui explique l'abaissement notable de la vue peu de temps après l'accident. En supposant que le vitré reste clair et la rétine en place, on ne doit pas moins être très réservé sur le pronostic.

La forme et la nature des corps étrangers varient à l'infini. Les plus communs consistent en éclats métalliques, principalement de fer ou d'acier, et en grains de plomb. Ceux lisses, peu ou pas oxydables et non infectés, séjournent parfois longtemps dans l'œil, sans provoquer d'accidents réactionnels. 11 en est de même de ceux qui s'enkystent. Toutefois, après une période variable d'accalmie, ils ne manquent pas de susciter, soit le décollement rétinien par rétraction du vitré aboutissant à la phthisie du globe, soit de l'irido-cyclite lentement ou rapidement destructive. C'est dire que, laissés en place, ils finissent par abolir totalement la vue. Les faits de tolérance indéfinie, comme celui cité par Pflùger', sont rares.

Le pronostic devient d'autant plus grave que l'hémorrhagie intraoculaire est abondante, la perte du vitré élevée, et qu'il existe une blessure de l'iris et du cristallin, ou un décollement de la rétine. Le cas doit être jugé désespéré lorsqu'il survient de la suppuration de l'œil.

En vue de parer à de semblables désastres, on a songé à extraire les corps étrangers. Mais, pour cela, il faut s'assurer de leur présence et en déterminer le siège exact.

Toutes les fois que l'œil est éclairable, l'oplithalmoscope permet de reconnaître la situation approximative. Mayweg, par des mensurations, a démontré que la limite la plus antérieure du champ ophthalmoscopique est à 8 millimètres du bord de la cornée. En supposant que le corps étranger se trouve à quatre diamètres papillaires derrière cette limite, le diamètre de la papille étant de lmiu,4, on en déduit que le siège est à 5,6 -+- 8 = 15mm,6 en arrière de la cornée.

Lorsque le corps étranger, au lieu d'être appliqué contre les parois, reste suspendu en plein vitré, on juge du point qu'il occupe, en tenant compte de ses mouvements excursifs dans les divers déplacements du globe. En arrière du centre de rotation, il se meut en sens inverse et d'autant plus vite qu'il est situé profondément; le contraire a lieu s'il est placé en avant, et s'il se trouve au centre même il reste immobile. Comme le centre de rotation est à lomm,5 de la cornée, on parvient à une détermination assez approximative.

Les difficultés sont tout autres lorsque, par suite d'hémorrhagie abondante ou de cataracte traumatique, l'examen direct devient impossible. Dans ces cas, on doit tirer parti des commémoratifs en ce qui

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