‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 299 sur 547 · Pfluger, Klin. MU., XXVI · texte numérisé non relu

Pfluger, Klin. MU., XXVI

concerne la nature du projectile, sa forme, la trajectoire qu'il a suivie et les corps sur lesquels il a pu ricocher. De même, il faut s'assurer si la pénétration s'est faite d'emblée par la cornée et la sclérotique, ou bien indirectement à travers les paupières. On a dit que lorsque le corps étranger traverse l'œil, la hernie de l'iris fait défaut, par suite du refoulement de cette membrane vers l'intérieur du globe. Mais comme le contraire s'observe, on ne doit pas attacher à ce signe une grande importance. Plus significatifs sont : l'abondance de l'hémorrhagie intra-oculaire, la blessure du cristallin, un vaste décollement primitif de la rétine et la présence de bulles d'air dans le vitré (Hirschberg et Hildebrand). Il faut ajouter la vive réaction de l'œil en désaccord avec la petitesse de la blessure, les photopsies persistantes et l'abolition rapide de la vue. On ne doit pas se dissimuler toutefois ce qu'un pareil diagnostic offre d'incertain, cela d'autant plus, que le corps étranger peut traverser l'œil de part en part, et se loger dans l'orbite ou au delà.

On ne saurait, en se fondant sur le point de pénétration, déterminer davantage le siège exact. Berlin a insisté le premier sur les ricochets contre la paroi opposée du globe, outre que le projectile tend à gagner sans cesse les parties déclives, à moins qu'il ne s'enkyste.

L'extraction des corps étrangers intra-oculaires, jugée il y a peu de temps impossible et dangereuse, est à l'ordre du jour, depuis l'emploi de l'électro-aimant pour les fragments de fer et d'acier. Les tentatives faites dans ce sens par Mac-Keown1, Burge2, Frsenkel3, Vogel', Knapp5, Pooley6, Snell et Valin7, Hirschberg8, Fischer9, Mayweg10, Hildebrand" et d'autres sont encourageantes.

Plus tôt on intervient, et plus on a de chance de réussir. Il n'est permis de temporiser que si le diagnostic reste incertain, et seulement alors que les signes réactionnels manquent ou sont peu accentués. Mayweg conseille de se servir de l'électro-aimant comme moyen de diagnostic. Chaque fois qu'on rapproche l'instrument du globe, le fragment de fer, se trouvant attiré, provoque une vive douleur qui cesse dès qu'on écarte la pointe aimantée. Suivant le méridien devenu douloureux, on arrive à préciser l'emplacement du corps étranger.

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