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CHAPITRE III

L'évolution embryonnaire du globe se rattache à celle du névraxe. Son étude nous intéresse en ce sens que sans elle des malformations et des lésions congénitales ne sauraient être comprises.

Au moment où l'œil apparaît, l'encéphale se compose de trois vésicules dites cérébrales, qu'on distingue en antérieure, moyenne et postérieure. V antérieure se divise bientôt en trois parties qui sont : en avant, l'ébauche des deux

hémisphères cérébraux ou v*.?

cerveau antérieur de Mihalkovics; en arrière, le I halamocéphale , représentant le ventricule moyen et les noyaux qui l'entourent :

entre les deux et latéralement, les deux vésicules optiques primitives dirigées en bas, en arrière et en dehors. Celles-ci communiquent parmi pédicule creux avec la cavité du thalamocéphale et le pont

médian qui les relie, appelé plaque optique, constitue l'emplacement du futur chiasma.

La vésicule cérébrale moijenne, ou mésencéphale, est destinée à former l'aqueduc de Sylvius et les tubercules quadrijumeaux.

La vésicule postérieure se segmente en deux parties : une antérieure qui sera le cervelet, une autre postérieure qui deviendra le bulbe.

On conçoit, grâce à cette communauté d'origine, comment il se fait que le système optico-rétinien se trouve plus tard puiser des racines dans toutes les parties de l'encéphale.

Fig. m.

vo2), vésicules optiques primitives. — ca, cerveau antérieur. — cmt cerveau moyen. — cp, cerveau postérieur. — FO. fente oculaire primaire. — F'O', fente oculaire secondaire.

Le cerveau antérieur et le thalamocéphale ne tardent pas à prendre du développement et à s'infléchir en formant avec le cerveau moyen un angle de plus en plus aigu. Par suite de cette inflexion, d'inférieures qu'elles étaient, les vésicules optiques primitives subissent un mouvement de rotation qui fait que leur face inférieure regarde directement en arrière. Les phases successives de l'évolution de ces vésicules ont été très Lien étudiées sur l'embryon du lapin par notre ancien chef de laboratoire, G. Yasseaux', qui en a fait le sujet de sa thèse inaugurale. Du neuvième au dixième jour de la vie embryonnaire, la vésicule oculaire s'accroît rapidement en tout sens, excepté au niveau de son

pédicule, qui apparaît à cause de cela de plus en plus rétréci.

Au commencement du neuvième jour, elle offre partout une égale épaisseur. Ses parois sont constituées par cinq ou six couches de cellules superposées présentant des figures karyokinétiques très nombreuses.

La face externe est entourée d'un stratum mésodermique à cellules ovoïdes ou arrondies, unies entre elles par de la matière amorphe. Le mésoderme est recouvert par un feuillet ectodermique et contient dans sa profondeur des capillaires sanguins.

A la fin du neuvième jour, l'ectoderme se compose de deux couches de cellules, les plus superficielles aplaties, les plus profondes arrondies. Les cellules de la vésicule se disposent également en deux étages, sauf au niveau du pédicule qui garde ses cinq couches. Vers le dixième jour, le stratum mésodermique s'amincit et ne mesure plus que 5 [>. au lieu de 22,. A partir de ce moment, la vésicule oculaire subit des transformations importantes. De sphéroïdale ou piriforme qu'elle était, elle revêt l'aspect d'une coupe à deux feuillets invaginés de bas en haut. Elle prend alors le nom de vésicule oculaire secondaire. La fissure inférieure qui en résulte, appelée fente oculaire fœtale, livre passage à un repli du mésoderme et de l'ectoderme destiné à remplir le creux qui se prolonge jusqu'à l'insertion du pédicule au cerveau (fig. 54).

Fig. 33.

VCAj vésicule cérébrale antérieure. — vop, vésicules optiques primitives.

J. G. Yasseaux, Thèse de Paris, 188S.

Fi?

Cette invagination a reçu des interprétations diverses. D'après Schiller1, qui l'a étudiée chez les gallinacées, elle proviendrait du refoulement produit par le bourgeon méso-ectodermique, opinion qui fut admise par Ilis, Kesler et Goethe.

Real y Ribero*, d'accord en cela avec son maître Mathias Duval, combat cette théorie mécanique en s'appuyant sur ce que, clans l'œil de la myxine privé de

cristallin, l'imagina- -jyf r

tion de la vésicule n'a pas moins lieu. Pour lui, ainsi que pour Tasseaux, le mode particulier d'évolution des éléments constitutifs en est seul la cause.

Yasseaux a constaté, en effet, que l'accroissement en surface de la vésicule, très prononcé au début en haut, reste

Cil retard Cil bas ; de là ■*'■ mésoderme. — FP, feuillet rétinien proximal. — FD, feuillet

rétinien distal. — BC, bourgeon cristallinien. — E, plaque ecto-

1 encapuchonnementde dermique.

son feuillet distal ou

interne par le supérieur ou proximal. De ces deux feuillets, le premier se transformera ultérieurement en une couche unique de cellules pigmentaires, alors que le second représentera le reste de la rétine, y compris l'expansion intra-oculaire des fibres optiques. C'est à ce moment, c'est-à-dire bien après le début de l'invagination, qu'apparaît en regard de la concavité de la vésicule un épaississement par prolifération cellulaire du feuillet ectodermique qui constitue les rudiments du cristallin. Cet épaississement prend naissance dans la couche profonde de l'épiblaste et représente une saillie dont la convexité regarde la vésicule oculaire. Vers la fin du onzième jour, il revêt l'aspect d'une bourse qui se rétrécit de plus en plus, au point qu'au début du douzième le cristallin est formé par une. vésicule close. Celle-ci offre à sa paroi antérieure une ou deux couches de cellules épithéliales rondes, et à sa face postérieure des cellules allongées et disposées radiairement, origine des futures fibres cristalliniennes. Tout autour, chez l'homme, se trouve un mince feuillet mésodermique contenant des vaisseaux (fig. 55).

Pendant que le cristallin se développe, les faces latérales de la vési-

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