‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 301 sur 547 · Hirscuberg, Àrch. f. Opht., 1890, 5, p · texte numérisé non relu

Hirscuberg, Àrch. f. Opht., 1890, 5, p

donne à la section méridienne l'étendue voulue. La quantité de vitré qui s'écoule est peu abondante ou nulle, et il ne reste qu'à introduire l'électro-aimant pour attirer le corps étranger. La suture de la sclérotique au catgut n'est indispensable que si les lèvres de la plaie tendent à bâiller fortement. La plupart du temps, il suffit de suturer la conjonctive à la base des lambeaux. Un pansement antiseptique et, au besoin, le saupoudrage à l'iodoforme sous un bandage compressif tenu en place pendant trois ou quatre jours, procurent la réunion immédiate.

On se fera une idée des résultats fournis par cette méthode, en parcourant la statistique de Hildebrand, comprenant 248 tentatives d'extractions à travers la sclérotique, et celle de Hirschberg, relative à 65 cas : total 515. Sur ce nombre, il y a eu 110 insuccès et 205 succès opératoires. Les insuccès relativement élevés de Hirschberg, 56 pour 100, tiennent en partie à ce que cet auteur procède à l'opération, alors môme que la présence du corps étranger n'est pas suffisamment établie. Nous en dirons autant de la vision qui dans les tentatives de Hildebrand est restée bonne ou suffisante, 51 fois pour 100, alors que dans la statistique de Hirschberg elle n'a été satisfaisante que dans 10 pour 100 des cas.

Quoi qu'il en soit, la forme du globe a été conservée dans la moitié des extractions, résultat bien supérieur à celui que l'on obtenait à l'époque où l'on se faisait une règle de ne pas intervenir, et qu'on disposait d'une instrumentation moins parfaite consistant en pinces, crochets, etc.

Lors de corps étrangers autres que ceux de fer, le mieux est d'attendre aussi longtemps que l'œil reste indemne, et qu'on n'a pas à craindre d'accidents sympathiques. Dans le cas contraire, particulièrement lorsqu'il s'agit de fragments de cuivre, on doit pratiquer l'énucléation, qui, mieux que toute autre opération, assure l'intégrité de l'œil congénère. Le sacrifice est d'autant moins pénible que l'organe lésé finit tôt ou tard par suppurer, s'atrophier ou devenir glaucomateux.

Les entozoaires sous-rétiniens, après un temps plus ou moins long, font irruption dans le vitré, et ne sauraient être distingués alors de ceux développés primitivement dans ce milieu, tant au point de vue de la symptomatologie que du traitement. Toutefois, comme ils se différencient au début, nous les décrirons séparément.

Entozoaires du vitré. — A de très rares exceptions, c'est le cysticerque celluleux que l'on rencontre. Dans le tiers des cas, l'entozoaire

y évolue d'emblée, tandis que dans les deux autres tiers, il prend naissance sous la rétine, qu'il soulève et perfore.

L'examen ophthahnoseopique, fait lorsque les milieux sont encore transparents, permet d'apercevoir une vésicule lisse, arrondie, se détachant nettement du fond de l'œil et susceptible de se déplacer chaque fois que le malade incline la tète en différents sens. De couleur gris perle au centre, vaguement bleuâtre et miroitante à la base, la poche kystique présente à sa surface des points blancs laiteux caractéristiques. A un stade plus avancé, la rétine se décolle autour et offre des dépôts pigmentaires.

Ce qui est plus important, c'est l'ombre projetée par le kyste sur les parties adjacentes. On voit une sorte d'anneau sombre qui se déplace, alors même que l'œil du malade reste fixe. Cela tient aux mouvements intrinsèques de l'entozoaire, et constitue un des meilleurs signes pour le diagnostic.

A la partie culminante du kyste, on découvre à l'image droite une tête en massue et un col, le tout surmonté d'une couronne de crochets; pareille constatation ne saurait laisser aucun doute.

A une seconde période dite réactionnelle, l'œil s'enflamme, devient douloureux, et des exsudats floconneux en grand nombre altèrent la transparence du vitré. Dans ces conditions, le diagnostic repose sur l'état antérieurement sain de l'œil, l'absence de myopie forte, le séjour du malade dans les pays où le cysticerque est commun, le genre d'alimentation composée de viande de porc crue, et principalement sur l'exsudation membraniforme du vitré.

La marche n'est pas toujours la même. D'une façon générale, il survient un décollement rétinien étendu, avec hyalite plastique et iridochoroïdite concomitante, le tout aboutissant à l'atrophie du globe dans l'espace de la première année, rarement plus tard. Les poussées glaucomateuses sont fréquentes, et l'on a également à craindre des accidents sympathiques.

Cysticerques sous-rétimens. — Au point de vue clinique, l'histoire du cysticerque sous-rétinien n'est connue que depuis les travaux de von Grsefe1. L'embryon du scolex parvient dans la rétine par la voie des vaisseaux et s'y développe avec une certaine lenteur. Il est rare que l'on soit appelé à poser le diagnostic à cette période, à moins que la macula ne soit affectée, auquel cas la lésion s'accuse par un scotome central. L'ophthalmoscope ne tarde pas à montrer du reste une saillie plus ou moins arrondie, de couleur blanche à reflet bleuâtre, et bien délimitée à sa base par une sorte de cadre tirant sur le jaune. Au sommet, on aperçoit un point plus clair qui correspond à l'extrémité

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