Kcunt. Knapp-Schweiggers Arch.. XXIV, 1892, p
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son point d'implantation à la sclérotique, pour le rabattre sur le côté au moyen d'une anse de fil armée de deux aiguilles passées à travers. Forte rotation du globe en dedans à l'aide d'une pince de Museux, de façon à apercevoir le pôle postérieur.
Incision horizontale méridienne de la sclérotique couche par couche dans l'étendue de 1 centimètre, à 4 millimètres en avant du point de pénétration du nerf optique.
La choroïde et la rétine sous-jacentes étant fendues par transfixion au moyen d'un fin couteau de Grœfe, le vitré fit irruption au dehors, entraînant avec lui l'entozoaire qui avait l'aspect d'un petit grumeau grisâtre du volume d'un grain de mil. Exploré rapidement à la loupe, on découvrit un ver allongé entouré de nombreux filaments; et l'on plaça le tout dans la liqueur de Mùller.
Après excision aux ciseaux du vitré prolabé à sa hase, la sclérotique fut suturée à la soie de Czerny, et la cavité ténonienne lavée avec une solution de sublimé à -~^. On réunit par la suture le tendon du
droit externe, puis la conjonctive, et l'on appliqua un pansement antiseptique.
A part des douleurs vives éprouvées dans les premières vingt-quatre heures, tout se passa bien, et la réunion de la sclérotique était assurée dès le neuvième jour, ce qui permit au malade de quitter la clinique le quatorzième.
L'examen de l'œil pratiqué un mois plus tard montra le vitré clair, mais contenant encore des restes de sang au niveau de la section opératoire.
L'acuité visuelle avait légèrement remonté et le malade comptait les doigts à 5 mètres de distance. Ultérieurement, la rétine recouvra sa transparence et, au centre de l'ancien foyer, on apercevait trois filaments flottants correspondant sans nul doute à des restes de la poche kystique. La vision centrale, explorée pendant quatre années consécutives, est toutefois restée abolie.
La figure 1 représente l'ancien foyer un an après l'opération. La
Fig. 127.
ligure 2 est celle de l'entozoaire entouré d'une gaine de vitre condensé, le tout vu à un faible grossissement. Rudolf Leukart ayant examiné le ver, qui ne dépassait pas | de millimètre, l'envisagea comme une larve de filaire ou de strongle, sinon l'embryon d'un scolex à une période mal connue de son évolution.
Kuhnt, se fondant sur l'apparition tardive des mouvements de l'entozoaire, se demande si bien des cas de cet ordre n'ont pas été confondus avec de simples foyers de rétinite et de choroïdite. 11 espère qu'une fois l'attention éveillée, on évitera plus sûrement l'erreur.
A côté de cette observation, nous devons mentionner la filaire du vitré signalée par Quadri1, Fano2, Mauthner3, Scholer4et Ewersbusch5. Comme l'extraction n'a pas été pratiquée et que ces faits, à l'exception peut-être de celui de Schôler, ont été recueillis à une époque où l'on ignorait la persistance des débris de l'artère hyaloïdienne, on ne saurait admettre absolument qu'il s'agissait d'un entozoaire.
Les eysticerques du vitré et de la rétine constituent une affection rare en France. C'est surtout dans l'Allemagne du Nord qu'elle se montre de préférence. De Grsefe6 dans sa statistique est arrivé à la proportion de 1 cas sur 1000 malades, et Hirscbberg7 à celle de 70 sur 60 000. Ce dernier auteur insiste sur la nécessité d'inspecter les viandes de porc soupçonnées de ladrerie, en se fondant sur le fait que c'est à Berlin, en Saxe et en Thuringe où l'on rencontre le plus de eysticerques oculaires ; alors que dans le Wurtemberg, où l'usage de la viande de porc est moins répandu, cette maladie est peu commune. Ajoutons qu'on ne constate aucun rapport entre la fréquence des eysticerques de l'œil et ceux des autres parties du corps.
Étant donnée l'inefficacité absolue des agents vermicides, c'est à l'extraction qu'il faut recourir, et cela le plus tôt possible.
De Grœfe pratiqua le premier cette opération en faisant un lambeau cornéen combiné à l'iridectomie, et l'extraction du cristallin. Les résultats furent peu encourageants, à en juger par le témoignage de llirschberg et Leber8. Aussi Arlt proposa de s'attaquer à la sclérotique par une incision méridienne, ce qui fut réalisé par Alfred Grœfe0,