Weber. Arch. f. Opht.. XXII, i, p
saurait être admise davantage. L'anatoraie pathologique nous a montré "a persistance d'un espace suffisant entre le bord du cristallin et les procès ciliaires, et l'absence de toute propulsion du cristallin, ainsi que cela résulte de nos dissections et de celles de Knies.
L'obstruction des mailles de la zonule par des leucocytes immigrés aurait plus de valeur; mais, comme le fait observer Stôlting, l'apparition du glaucome sur des yeux opérés de cataracte ruine toutes ces hypothèses. Si elles étaient vraies, il en résulterait de la myopie symptomatique, alors que la prcsbyopie est la règle.
Bien qu'uniformément répartie, la pression intra-oculaire refoule davantage la cornée, plus extensible que le reste, et provoque ainsi la propulsion de l'iris, en même temps que de l'astigmatisme cornéen. La base de l'iris appliquée contre la circonférence de la cornée y adhère, à mesure que les exsudats fibrineux qui encombrent l'angle iridien s'organisent. Les choses se passent ici comme pour les adhérences pleurales. Plus le glaucome est ancien et plus la symphyse est complète. Sous l'action de la poussée incessante, le stroma de l'iris s'atrophie et il ne subsiste que le feuillet uvéen. Nous ne partageons pas l'opinion de Knies et de quelques autres qui envisagent l'occlusion de l'angle iridien comme primitive. Nous admettons, au contraire, qu'elle succède aux poussées glaucomateuses. Son rôle n'en reste pas moins important, en tant que cause aggravante du glaucome, rendu par là permanent et rapidement destructif. L'importance de cet élément est surtout grande dans le glaucome consécutif, où toutes les lésions se concentrent dès le début du côté du pôle antérieur, pour retentir, ainsi que l'anatomie pathologique nous l'a appris, vers le nerf optique et la rétine. Si l'on voulait conserver la distinction des glaucomes, d'après leur mécanisme, en antérieurs et postérieurs, il faudrait réserver la première appellation pour ceux consécutifs et la dernière pour les primitifs.
Les troubles de l'innervation générale, incapables de donner naissance au glaucome, ne contribuent pas moins à le faire éclater sur les yeux prédisposés. C'est dans ce sens seulement que le glaucome rentre dans les angionévroses; l'atropine, qui, enp aralysant les capillaires, accentue la stase, est également une cause secondaire.
Schœu1 fait dériver l'hypertonie, l'excavation de la papille, le refoulement de l'iris en avant et l'occlusion de l'angle iridien du surmenage du muscle tenseur de la choroïde. A l'appui de sa thèse, il invoque la fréquence du glaucome spontané sur les yeux hypermétropes et astigmates, et la presbyopie symptomatique du début. L'affaiblissement général par des pertes sanguines, des influences morales dépressives,
1. Sciiœh, Die l'unctionskran/cheiten des Auges, 1S95, p. 215-261.
n'agiraient qu'en accentuant l'impotence fonctionnelle du muscle accommoda tenr. Le glaucome, après extraction de la cataracte ou discision d'une membranule, tiendrait au manque d'action de ce muscle sur la zonule qui sert de cran d'arrêt à l'impulsion glaucomateuse vers l'iris. Quant au glaucome infantile ou buphtalinie congénitale, il suppose le manque de développement de la zonule.
Partant de ces données, il envisage les myotiques et la correction tant de l'amétropie que de l'insuffisance des droits internes, comme les moyens rationnels du traitement. Les paracentèses, la sclérotomie et l'iridectomie, lui semblent mériter moins de confiance. Nous avons tenu à citer cette patbogénie, pour montrer jusqu'où peut aller l'amour des hypothèses.
En résumé, le glaucome primitif ne saurait être réduit à la simple hypertonie du globe d'où dériverait le reste. Pour nous, il s'agit d'un processus spécial propre à l'œil dystrophique sénile offrant une symptomatologie, une marche, une anatomie pathologique et un traitement à part.
Le glaucome consécutif diffère, en ce sens, que l'exagération du tonus dépend essentiellement de l'occlusion de l'angle iridien qui entraine les mêmes troubles circulatoires et nutritifs du globe. Comme tel, il apparaît à tout âge.
Il y a lieu de réserver une place au glaucome infantile, dont nous nous occuperons à propos de l'hydrophtalmie congénitale.
Traitement du glaucome. — Jusqu'à une époque très rapprochée de nous, le glaucome a passé pour une affection incurable. Les interventions opératoires proposées par Mackenzie, Desmarres et Sperino ne procuraient que des améliorations passagères. C'est à de Graefe que nous sommes redevables des bienfaits de l'iridectomie.
Avant d'aborder le côté chirurgical du traitement, il est bon de signaler l'action des myotiques en collyre, particulièrement du calabar, dont la propriété antiglaucomateuse a été établie presque à la même époque par Laqueur et A. Weber1. D'après ce dernier, l'ésérine agit en déplissant l'iris au profit du canal de Schlemm; à quoi on pourrait ajouter, avec Staderinr, la béance des cryptes iriens qui constituent autant de bouches absorbantes.
C'est surtout dans les premiers stades de la maladie, particulièrement dans la période prodromique, que les instillations d'ésérine sont efficaces. Dans le glaucome chronique simple et surtout dans la forme hémorrhagique, on doit peu y compter.
Les sels de pilocarpine (nitrate ou chlorhydrate) jouissent d'une