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SYMPTOMES, MARCHE ET COMPLICATIONS DES CATARACTES

Grâce à nos moyens perfectionnés d'examen, parmi lesquels l'éclairage oblique à la loupe et celui à l'ophtalmoscope tiennent la première place, rien n'est plus facile aujourd'hui que de reconnaître la cataracte dès son début.

A cet effet, on doit recourir au miroir plan et passer en revue les divers méridiens du cristallin. La dilatation préalable de la pupille facilite grandement l'exploration. Non seulement le trouble cataracte, si minime qu'il soit, est reconnu, mais encore on se rend compte de sa couleur, de son siège et de sa consistance.

On ne saurait confondre les opacités appartenant à la lentille avec celles plus profondes du vitré. 11 suffit de se rappeler que les premières sont fixes, suivent les excursions de l'œil et s'arrêtent avec lui, alors que les secondes constituent de véritables corps flottants.

Nous ne signalerons que pour mémoire les taies cornéennes, dont la situation superficielle exclut toute équivoque. Les dépôts iri tiques et les restes de la membrane pupillaire recouvrent la cristalloïde antérieure et se distinguent par là de la vraie cataracte.

Les troubles fonctionnels varient suivant le siège, l'étendue et la période d'évolution du processus.

Toute opacitîcation du noyau entrave la vision d'une façon plus prompte et plus marquée que celle commençant par l'équateur. Dans ce dernier cas le trouble peut passer inaperçu, et il en est de même lors de cataracte unilatérale sur un œil amblyope ou amétrope, l'autre étant supposé normal. On conçoit, d'après cela, qu'il soit souvent impossible de préciser la date exacte du début.

Les opacités partielles situées sur le trajet des rayons lumineux provoquent la sensation de mouches fixes, qui deviennent surtout apparentes lorsque le sujet regarde à travers un trou sténopéique.

L'apparition d'une presbyopie rapidement progressive s'observe fréquemment et tient à la diminution d'élasticité du cristallin.

Un certain degré de myopie acquise n'est pas rare et dépasse exceptionnellement 0,50 à 2 dioptries; elle dépend d'une exagération de l'indice de réfraction de la lentille et, dans certaines cataractes gonflées, de l'augmentation de la courbure. Avec des verres concaves, on parvient alors à améliorer la vision à distance.

Plus rarement on rencontre de l'astigmatisme acquis provenant de modifications de réfringence ou de courbure des méridiens correspon-

dants de la lentille. Le malade accuse alors un trouble visuel qui n'est pas en rapport avec le degré d'opacification; il voit toute source lumineuse entourée de rayons stellaires (stéphanopsiej.et se plaint parfois de polyopie monoculaire. La kératométrie permet de distinguer cet astigmatisme symptùmatique de la cataracte de celui propre à la cornée. Le port de verres cylindriques est ici indiqué.

La plupart des cataractes sont éblouis par la lumière vive. Voilà pourquoi ils affectent des attitudes caractéristiques ; ils penchent habituellement la tête ou portent la main au front, à moins qu'ils ne fassent usage de verres foncés. Ils préfèrent un éclairage atténué qui leur permet de mieux voir, par suite du moindre rétrécissement de la pupille. Cette interprétation, vraie pour les cataractes centrales, ne saurait expliquer la photophobie éprouvée par les malades, dont la totalité du cristallin est opaque. Force nous est donc d'admettre une sorte d'hyperesthésic de la rétine, dont le sens lumineux s'exagère par l'ombre que projette la cataracte. C'est là un éblouissement analogue à celui que l'on éprouve, lorsqu'on passe brusquement d'un lieu sombre dans un espace vivement éclairé.

Dans les cataractes spontanées, exemptes de toute lésion du fond de l'œil, le champ visuel reste normal. On s'en assure en promenant sur le périmètre ou le campimètre la flamme d'une bougie, pendant que le sujet fixe monoculairement l'extrémité de son indicateur posé au centre de l'appareil. Tout rétrécissement atypique indique des complications du côté du fond de l'oeil.

On détermine l'acuité par le procédé de v. GrEefe. Si l'individu perçoit nettement la clarté d'une bougie placée à 5 mètres de distance, son acuité peut être envisagée comme normale. Pour chaque mètre de moins on en déduit {, et ainsi de suite jusqu'à 0.

La nature de la cataracte n'est pas indifférente. C'est ainsi que. pour une opacification de même étendue, la sclérose entrave moins la vision que la phacomalacie. L'âge a également de l'importance, vu que la perceptibilité de la rétine est inférieure chez les vieillards et les sujets atteints de cataracte congénitale.

A moins de dischromatopsie préexistante, le sens des couleurs est conservé. Le rouge et le vert, à cause de leur pouvoir plus grand de pénétration, sont les mieux vus. On s'en assure en recouvrant l'œil à l'aide d'un verre rouge, et en ayant soin d'opérer dans une pièce sombre. S'il y avait lieu de soupçonner une amblyopie toxique caractérisée par un scotome central pour les couleurs, on procéderait de la même façon, sauf à se servir d'un trou sténopéique recouvert du verre rouge.

Malgré toutes les présomptions, il faut se garder d'affirmer que le malade, après l'opération, pourra se livrer à ses travaux habituels. On sait en effet que la rétine peut conserver sa sensibilité lumineuse et

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