Hess, Arch. f. Opht., XXXIX, 1, p
L'auteur dit avoir observé à la clinique de Sattler 11 cas analogues dont 4 avec examen histologique. L'âge des malades variait de trentequatre à soixante-quatre ans, et la marche en a toujours été lente. II n'y avait ni albuminurie, ni diabète, ni autre dyscrasie, et les sujets ont recouvré une bonne vision, l'extraction ayant été complète, grâce à la sclérose des parties restées transparentes.
Ce sont les variétés précédemment mentionnées qui ont conduit récemment divers auteurs à préconiser l'extraction des cataractes réputées non mûres. Alf. Grsefe a appelé le premier l'attention sur trois types susceptibles d'être opérés avec succès :
1° Les cataractes à noyau ambré et à écorce diaphane, présentant çà et là des points et des stries grisâtres ; variété commune chez les myopes.
Fig.. 157. — Cataracte ponctuée sénile (d'après Ch. Hess).
2° Les cataractes corticales postérieures avec adjonction d'un semis opaque dans les couches restées transparentes.
5° Celles où toutes les parties du cristallin sont parsemées de nombreux conglomérats pointillés, séparés les uns des autres par de minces cloisons diaphanes.
Le champ opératoire, a été encore élargi par Schweigger et Hirschberg. Pour le premier, à partir de la cinquantaine et sûrement après soixante ans, toute cataracte peut être extraite, sitôt qu'elle empêche le malade de continuer ses occupations. Au-dessous de cinquante ans, Schweigger conseille de s'abstenir et d'attendre la maturité complète, à moins qu'on ne préfère recourir à la maturation artificielle. A ce propos, C. Hess fait observer que dans la forme ponctuée l'extraction réussit même chez les individus de quarante ans.
Quelle que soit la variété, on doit procéder à un examen minutieux de la pupille qui, en l'absence de complications, apparaît régulière et se contracte vivement sous l'action de l'éclairage; lors de lésions du fond de l'œil, elle devient mydriatique et perd ses réflexes normaux.
Nous avons insisté sur les synéchies qui rendent l'orifice pupillaire indilatable. Ajoutons qu'il est des cas de rigidité du sphincter irien qui ne cèdent que partiellement à l'atropine, et constituent un obstacle réel à l'extraction.
La marche de la cataracte, autrement dit le temps qu'elle met à évoluer, diffère non seulement suivant les formes, mais aussi d'un sujet à l'autre; de là l'impossibilité de préciser l'époque où une intervention deviendra nécessaire. En général, les cataractes juvéniles molles se complètent plus rapidement que celles demi-molles ou scléreuses. Par contre, celles congénitales, dont la variété zonulaire est le type, restent longtemps stationnaires. 11 en estainsi des polaires, consécutives à des choroïdites chroniques, à des ulcères centraux perforants de la cornée et à la rétinite pigmentaire.
Une forme essentiellement lente estl'«rc sénile du cristallin. Sa configuration en anneau régulier blanc opaque bordant l'équateur dans toute son étendue et exceptionnellement double, permet de le distinguer nettement des cataractes évoluant de la périphérie au centre.
A part les exceptions précédemment signalées, la cataracte constitue une affection essentiellement progressive; les exemples de rétrocession sont rares et comportent des interprétations diverses. Nous avons déjà mentionné l'éclaircissement de certaines formes traumatiques partielles. Parmi les cataractes pathologiques, il en est de disséminées se montrant dans le cours de l'irido-choroïdite et du glaucome, qui peuvent également disparaître avec le processus inflammatoire. Chez les jeunes sujets atteints de cataracte laiteuse congénitale, Alberts1, Oiselier2 et v. Greefe3 ont signalé la résorption avec intégrité de la capsule; et chose curieuse, dans l'observation de v. Greefe, cette terminaison heureuse s'est poursuivie pendant plusieurs générations. Notons encore les cas de cataracte diabétique molle relatés par Seegens4, où l'éclaircissement serait survenu après une cure aux eaux de Carlsbad.
A propos de la variété morgagnienne, nous avons parlé de la transformation des masses corticales opaques en un liquide clair, dans lequel nagent le noyau, des éléments graisseux et parfois de la cholestérine. AVarnatz5 rapporte deux cas de cet ordre, l'un chez un homme alcoo-