Greenway, ibid
7. Coppez et Redard, Bull, de la Soc. franc. d'Ophtalm., 1887, p. 145 et 172.
on introduit la pique munie d'un arrêt, à 2 ou 3 millimètres en dedans du bord scierai, en ayant soin que la pointe parvenue dans la chambre antérieure chemine très obliquement vers le cristallin. Sans cette précaution, on risquerait d'ouvrir la cristalloïde postérieure et de voir le vitré faire irruption, ce qui rendrait l'aspiration à peu près impossible.
Il faut également ne pas pousser l'extrémité de la canule trop loin derrière l'iris, sans quoi cette membrane s'applique sur la concavité de la curette au moment de l'aspiration, et s'oppose au passage de la cataracte dans le canal de l'instrument.
Pour Coppez, le triomphe de la méthode se réalise dans le traitement des cataractes traumatiques, alors même que l'œil serait enflammé. Il en est ainsi dans les cataractes molles de l'enfance, et celles plus rares survenues entre seize et trente-neuf ans. Il s'en déclare également partisan, lorsque, après discision, il reste des masses molles abondantes dans le champ pupillaire, sans tendance marquée à la résorption.
Les seules contre-indications, d'après l'auteur, sont : la non-maturité de la cataracte, sa constitution absolument liquide qui la rend justiciable de l'évacuation par simple ponction de la cornée, et la présence reconnue d'un noyau central sclérosé.
Pour ce qui est de l'âge, les cataractes traumatiques ne contre-indiquent l'opération qu'après quarante ans. Si avant cet âge Coppez rencontre un petit noyau scléreux, il en fait l'extraction séance tenante, après l'aspiration. Il ajoute qu'il lui est arrivé de l'abandonner sans inconvénient à la résorption spontanée. De tout cela il conclut qu'aucune méthode n'est à comparer à l'aspiration, surtout dans les cataractes traumatiques.
Comme Pecchioli et les chirurgiens anglais, Coppez conseille de pratiquer une large discision quelques jours auparavant, bien qu'il ajoute que dans un peu plus de la moitié des cas l'aspiration faite d'emblée lui a réussi.
Pour lui, plus la cataracte traumatique est récente, et plus le succès est assuré. Cela se conçoit, dit-il, si l'on songe que la production de synéchies et de dépôts plastiques, en venant obstruer la pupille, rend la succion difficile à une époque ultérieure.
Sans vouloir nier les succès obtenus par notre confrère, nous devons avouer que les tentatives qui nous sont propres nous ont laissé l'impression qu'il s'agit d'une méthode non exempte de difficultés, et entraînant souvent une réaction vive.
Nous pouvons ajouter que la consistance des cataractes molles varie non seulement avec les sujets, mais aussi dans les différentes couches du cristallin, et que même chez les enfants en bas âgé il existe parfois des formes à noyaux scléreux. Coppez n'est pas sans reconnaître que
la capsule une fois ouverte s'oppose dans certains cas à l'aspiration, et nécessite l'arrachement avec des pinces.
Pour toutes ces raisons, nous donnons la préférence à l'extraction linéaire, dont la simplicité d'exécution et l'efficacité sont reconnues. Tout au plus faisons-nous exception pour les cataractes traumatiques récentes, très difficiles à évacuer, à cause de l'adhérence des couches corticales à la cristalloïde antérieure.