‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 375 sur 547 · R. Gkeeff, Arch. f. Aiujenheilk., XXII, p. 57Ô · texte numérisé non relu

R. Gkeeff, Arch. f. Aiujenheilk., XXII, p. 57Ô

vomissements dans la nuit de l'opération sans le moindre déplacement de l'iris. Il en a été de même chez des bronchitiques et des emphysémateux en proie à de violents accès de toux. Devant des constatations répétées de cet ordre, nous nous sommes demandé si l'enclavement ne serait pas du à un ébranlement opératoire du vitré, ou peut-être à une exagération de la tension intr a-oculaire. Ce qui est certain, c'est que chez des individus que nous avons opérés d'enclavement, comme nous avons l'habitude de le faire toujours, sous la narcose chloroformique la plus complète, nous avons vu souvent l'humeur vitrée se présenter au dehors sitôt après l'excision de la partie prohibée. Puisqu'il en est ainsi, on comprend combien il importe, même au point de vue de la hernie de l'iris, de n'adopter pour la kystitomie que les procédés exposant le moins à la rupture de la zonule. Ajoutons en terminant que les enclavements peuvent se borner à une toute petite hernie, dite tête de mouche: dans ces conditions, on peut la négliger ou la supprimer ultérieurement à l'aide du thermocautère.

On le voit, les reproches adressés à cette méthode se réduisent à peu de chose, et ne sont guère à comparer avec les avantages, dont il nous reste à parler.

Le traumatisme réduit à une simple kératotomie détermine une réaction insignifiante. C'est à peine si l'on observe de fins vaisseaux épiscléraux au voisinage de la plaie, sans sécrétion ni larmoiement. Sauf dans les premières heures où le malade éprouve une sensation de brûlure, quelques picotements et de légères perceptions lumineuses, tout rentre dans l'ordre dès le soir ou le lendemain de l'opération. Cela est tellement constant, que la prolongation de la douleur et le moindre gonflement des paupières doivent éveiller l'idée que le travail de cicatrisation menace d'être troublé, et nous engager à enlever le bandage pour examiner ce qui se passe. Une fois la cicatrisation obtenue, il est rare de voir survenir des processus irido-cyclitiques prolongés, si fréquents après l'opération par iridectomie. De plus, à aucun moment on n'a à craindre l'enclavement de la capsule entre les lèvres de la plaie cornéenne.

Nous avons suffisamment insisté sur le reproche adressé à la méthode de l'extraction simple de donner lieu à un plus grand nombre de cataractes secondaires, et nous avons vu que le contraire est vrai. Non seulement la pureté du champ pupillaire laisse peu à désirer, mais, par suite d'une coaptation plus régulière du lambeau, l'astigmatisme post-opératoire nous a paru généralement moins prononcé qu'à l'époque où nous pratiquions l'excision de l'iris.

Grâce à la rondeur et à la mobilité de la pupille, les défauts optiques sont considérablement diminués, tandis que l'inverse a lieu avec la brèche iritique à bords adhérents et immobiles. Enfin, il n'y

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a aucune comparaison au point de vue du résultat esthétique, dont l'importance, secondaire si l'on veut, ne saurait être indifférente pour les individus encore jeunes.

L'abandon de l'iridectomie supprime le seul temps vraiment douloureux de l'opération. De même, nous n'avons plus à nous préoccuper des hémorrhagies intra-oculaires qui souvent étaient assez profuses pour rendre l'exécution difficile sinon impossible.

Si l'on songe que de Graefe, grand admirateur de l'extraction simple, ne l'a abandonnée qu'à regret, dans l'espoir d'échapper à la suppuration, on peut affirmer que si ce maître vivait encore, il serait le premier à y revenir, une fois rassuré par les progrès de l'antisepsie. Est-ce à dire pour cela qu'il faille complètement délaisser l'iridectomie? Tel n'est point notre avis. L'extraction combinée, tout en l'estant désormais une opération d'exception, possède des indications propres dont nous parlerons, après avoir décrit le procédé adopté aujourd'hui.

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