Wecker, Ann. d'ocul., XLIX, p
2. JloonEN, Opkt. Beobach., Berlin, 1867, p. 122. 5. Knapp, Arch. f. Aurjenh., XII. p. 514, 1885.
A côté des luxations totales il faut noter celles obliques, où une moitié de la lentille passe au-devant de l'iris, alors que l'autre reste derrière. Il en résulte une réaction vive et souvent des phénomènes glaucomateux qu'on explique par l'obstruction mécanique de l'angle de filtration. Mais, d'après les examens anatomiques que l'on possède, l'équateur cristallinien est toujours séparé de la base de l'iris par une rigole remplie de leucocytes et d'amas fibrinoïdes granuleux avec ou sans adjonction de grains pigmentaires. D'ailleurs, comme le glaucome est tout aussi fréquent, sinon plus, dans les luxations partielles que dans celles totales, on ne saurait soutenir cette patbogénie.
En présence d'une luxation récente, on essaiera de réduire le cristallin après dilatation de la pupille par la cocaïne à 5 pour 100, qui fait baisser en même temps le tonus. Le malade étant horizontalement couché, on imprime à sa tête de légères secousses d'avant en arrière. Si la manœuvre réussit, on instille de l'ésérine, on applique un bandage compressif et l'on prescrit le repos horizontal avec la tête aussi basse que possible.
En cas d'insuccès et surtout lors de phénomènes glaucomateux, on doit intervenir opérativement.
V. Grœfe, chez un enfant de neuf ans, pratiqua la discision, qui fut suivie de perforation cornéenne et de fonte purulente de l'œil.
L'extraction, bien que difficile, nous parait préférable. Vu la perte abondante du vitré qui est toujours à craindre, on doit procéder sous le chloroforme et instiller à plusieurs reprises de l'ésérine pour resserrer fortement la pupille.
L'écarteur palpébral est enlevé sitôt après la section de la cornée, à moins qu'on ne préfère le confier à un aide habile, prêt à le retirer à la moindre alerte. Pour plus de commodité dans les manœuvres, on taille un lambeau inférieur quelque peu en dedans du limbe cornéen, et l'on donne à l'incision une étendue suffisante pour ne pas fragmenter la lentille et permettre, s'il le faut, l'introduction de la curette.
Lors d'un simple noyau sclérosé, on peut se contenter de l'extraction linéaire, préconisée par Saint-Yves et Petit. Par contre, toutes les fois qu'il s'agit d'un gros cristallin, on ne saurait agir de la sorte de peur de le fragmenter et de l'ébranler. En pareil cas, il est préférable de pratiquer, à l'extrémité du méridien vertical, au moyen du fin couteau de Graefe, une boutonnière qu'on élargit à droite et à gauche à l'aide de ciseaux coudés sur les bords, comme le faisait Daviel dans son opération de la cataracte, et après lui Critehett.
Une pression et une contre-pression légères suffisent alors pou ['faire sortir le cristallin en entier. Ce n'est que lorsqu'il a contracté des adhérences avec l'iris qu'on échoue et qu'il devient nécessaire d'introduire la curette entre l'iris et la face postérieure de la lentille. Pendant la
sortie, on a soin de déprimer la cornée avec la spatule, de façon à s'opposer à l'issue du vitré. S'il reste des fragments, mieux vaut les abandonner à la résorption que de s'exposer à vider l'œil. Toute portion prolabée doit être excisée avec les ciseaux, après quoi on ferme les paupières et l'on applique un bandage occlusif qu'on laisse en place, de trois à cinq jours.
11 ne faut pas s'attendre à un résultat optique aussi favorable, que. dans l'extraction de la cataracte, à cause de la perte d'une certaine quantité de vitré et de la coexistence fréquente des lésions profondes.
Luxation dans le vitré. — Cette luxation est, avons-nous dit. la plus fréquente et s'accompagne ou non de rupture de la cristalloïde. Elle, se caractérise par l'apparition brusque d'une hypermétropie forte, à quoi s'ajoute l'iridodonésis total et assez souvent la înydriase par paralysie traumatique du sphincter.
À l'éclairage oblique, la pupille se montre d'un noir parfait au lieu de posséder le. reflet fluorescent du cristallin. Les deux images postérieures de Purkinje sont absentes, et par suite de la rétropulsion de l'iris, la chambre antérieure est plus profonde. 11 va de soi que la présence d'un bypohéma et le siège profond de la lentille rendent le diagnostic difficile. Plus tard, l'aphakie sans rupture concomitante de la coque oculaire mettra sur la voie.
En règle générale, la luxation dans le vitré provoque moins de réaction que celle dans la chambre antérieure. La complication la plus commune est l'irido-cyclite, qui se combine rarement à des poussées glaucomateuses.
La conduite à tenir diffère suivant qu'il s'agit de cristallins luxés pendant une opération de cataracte ou après traumatisme.
Dans le premier cas, on doit procéder séance tenante à l'extraction à l'aide de la curette ou de l'anse de Taylor; dans le second, il est préférable de s'abstenir, tant qu'il ne survient pas de réaction.
La façon d'opérer varie d'après les auteurs.
Agnew1 fait pénétrer dans le vitré à travers la sclérotique une aiguille double ou bident, de façon à harponner le cristallin el à le conduire à travers la impille dans la chambre antérieure, après quoi il l'extrait par une kératotomie inférieure. Cette opération a été répétée par Webster et Pomeroy'2.
Knapp5, après avoir essayé en vain de faire passer la lentille dans la chambre antérieure en couchant le malade à plat ventre, la tète en bas, le fit asseoir et tailla un lambeau cornéen supérieur à 2 millimètres en dedans du limbe. Remplaçant alors l'écarteur par les doigts,