Gowers, A. Manual of Mcd. Ophtalmoscopy, London
de confondre la rétinite àlbuminurique avec les hémorrhagîes simples et la papillite par stase.
Le malade atteint de rétinite brightique se plaint ordinairement d'un brouillard qui lui voile les objets. L'amaurose, relativement rare, doit nous faire craindre des complications encéphaliques par urémie. Un rétrécissement périphérique du champ visuel est également exceptionnel, et se lie à un décollement symptomatique de la rétine, ou à une névrite optique par stase.
Le pronostic varie suivant les cas. La rétinite dépendant de l'albuminurie gravidique se termine presque toujours par la guérison. Mackenzie signale des femmes ayant eu à chaque grossesse de l'amblyopie, et qui n'en ont pas moins recouvré une vision suffisante sinon parfaite. Même terminaison favorable pour la rétinite scarlatineuse. Par contre, lorsque l'affection se rattache à une néphrite interstitielle, à l'ictère grave ou à l'impaludisme, une cécité définitive est souvent à craindre, soit d'emblée, soit à la suite de retours offensifs qui abou-; tissent à l'atrophie de la rétine et du nerf optique. Exceptionnellement nous avons rencontré une cataracte symptomatique.
L'anatomie pathologique est aujourd'hui bien connue.
Ce qui domine, c'est une infiltration de la rétine par un exsudât séro-albumineux, coagulable sous l'influence de la liqueur de Muller. Par suite de cette hydrotomie, les éléments nerveux et lés fibres se différencient très nettement. Souvent on rencontre des leucocytes groupés le long des vaisseaux. Les fibres de la rétine et de la papille sont gonflées et disposées en chapelet; état désigné sous le nom d'altération gangliforme.
La surface externe est également très infiltrée. Les cônes et les bâtonnets, les grains externes et le stratum pigmentaire sont bouleversés, et il se forme des espaces vacuolaires, principalement au voisinage de la papille. On aperçoit ordinairement des grains noirs devenus libres, provenant de la dissociation des cellules du stratum sous-jacent.
Les vaisseaux, surtout les veines, apparaissent distendues, et le tissu de la papille est lui-même parcouru par de nombreux capillaires, entremêlés ou non de fines stries hémorrhagiques. • D'après les nouvelles recherches du prince Charles1, et de J.-E. Weecks2, il résulte que les artères de la rétine sont le siège d'une altération hyaline de la couche endothéliale qui souvent se détache en bloc. Cette lésion intéresse surtout les petits vaisseaux, et provoque des thromboses donnant lieu à des infarctus hémorrhagiques et à une exsudation séreuse.
1. PmscE Charles, Ein Eeitrag. z.Patholog. Anat. des Auges bei Nierenleiden. Wiesb'aden, 1887, p. 77.