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Weecks, Arch. /'. Augcnh., XXI, p

RETINITES. 637

Même chose s'observe sur les vaisseaux artériels de l'iris, et parfois sur ceux des procès ciliaires et de la choroïde. L'auteur a rencontré une infiltration sanguine surtout prononcée vers la papille et la macula ; un grand nombre de vaisseaux jusque dans la chorio-capillaire étaient transformés en cordons scléreux hyalins.

Les hémorrhagics ont pour siège de prédilection la couche des fibres nerveuses, au voisinage des vaisseaux et dans l'interstice des fibres optiques. De là, elles peuvent se propager en arrière jusque près de la couche des grains externes, et en avant jusque dans le vitré. A une époque tardive, on rencontre des amas de lobules graisseux, reconnaissables à leur aspect réfringent et à leur coloration en noir par l'acide osmique; ils occupent les couches grenues intermédiaires, autrement dit le plexus cérébral et basai. Leur nombre varie d'après la période plus ou moins avancée de la rétinite ; parfois les fibres de Muller sont également infiltrées de granulations graisseuses.

Lorsque la maladie a suivi une marche chronique, la rétine atrophiée offre par places un aspect cicatriciel, et adhère fortement à la choroïde.

Le vitré reste indifférent ou n'est altéré qu'à la fin: on y observe quelques réseaux fibrillaires et des cellules migratrices, les unes incolores, les autres contenant des grains de pigment.

Le tissu nerveux de la papille ne présente en général que peu de lésions, sauf dans les cas chroniques et graves, où l'on trouve, outre les foyers de sclérose grise, des corps verruqueux hyalins. Ce n'est qu'exceptionnellement que l'altération franchit la lame criblée pour suivre un trajet ascendant vers le chiasma, comme cela arrive lorsque l'affection se complique d'une véritable névrite optique.

D'après les statistiques de Frerichs, Lecorché, Lebert, Galezowski, Wagner et Eales, la rétinite albuminurique surviendrait en moyenne dans le cinquième des cas de néphrite brightique, et la forme interstitielle y exposerait le plus.

L'amblyopie et l'amaurose urémiques sans lésions visibles à l'ophtalmoscope sont rares et représentent -^ des lésions rétiniennes de l'albuminurie prises dans leur ensemble.

Toujours est-il que le trouble visuel survient brusquement ou est précédé d'obnubilations, pour aboutir à la perte totale de la vue. Dans les cas typiques, la pupille continue à réagir, ce qui prouve le siège cortical de la cécité. Le plus ordinairement il préexiste des troubles gastriques, de la céphalalgie passagère et une faiblesse générale, qui peuvent mettre sur la voie. Cela est surtout important chez les femmes enceintes exposées à l'éclampsie. L'examen répété des urines ne manque pas alors de démontrer la présence de l'albumine. Lorsque les pupilles deviennent mydriatiques, qu'elles perdent

leurs réflexes et que la papille se montre œdémateuse, on doit penser à la participation des nerfs optiques et des ganglions sous-corticaux.

La guérison peut survenir après des accès successifs de cécité qui durent de 24 à 56 heures. D'autres fois, il persiste de l'amblyopie avec atrophie papillaire. Le fait suivant, intéressant à plus d'un titre, mérite d'être relaté.

Une femme âgée de 45 ans eut huit couches normales. Au septième mois de sa neuvième grossesse, il survint de l'éclampsie avec anasarque accompagné de cécité. Lorsque nous la vîmes trois ans plus tard, elle était restée amblyope des deux yeux avec papilles blanches atrophiées, principalement la gauche; la macula, de couleur jaune chamois, offrait un fin semis de plaques blanchâtres. Rétrécissement concentrique prononcé du champ visuel ; achromatopsie totale pour toutes les couleurs y compris le bleu ; seul le violet était perçu avec une intensité telle que la malade était éblouie et se refusait à le regarder. Une pareille hyperesthésie à côté de l'extinction de toute la gamme chromatique est bien faite pour démontrer que le violet mérite d'être envisagé comme une couleur fondamentale.

Généralement la rétinite albuminurique est bilatérale. Les exemples où un seul œil a été atteint sont peu nombreux, outre que les malades n'ont pas été suivis assez longtemps pour pouvoir affirmer l'intégrité du second œil. Ces restrictions faites, disons que Cheatham1 en cite 2 cas, Bull2 10 et Weecks 1. Ce dernier, compliqué de glaucome consécutif, a été observé pendant dix-huit mois; l'urine contenait toujours de l'albumine et des cylindres.

Un autre fait exceptionnel est l'apparition de la rétinite à la période préalbuminurique. Gand et Delalande3 en rapportent 26 cas, et Prousseau4 5.

Au point de vue étiologique, il est permis de distinguer deux formes de rétinite albuminurique : l'une où l'œdème et les plaques blanches prédominent; l'autre où il existe surtout des hémorrhagies abondantes. La première se rattache plus particulièrement aux troubles rénaux congestifs avec modification du sang, comme cela s'observe dans la grossesse, la scarlatine, la diphtérie, etc. La seconde, due à l'artério-sclérose avec rétraction du tissu rénal, dépend de la gêne circulatoire par suite de la dégénérescence hyaline et fibreuse des parois vasculaires. Il n'est pas rare non plus de voir les hémorrhagies rétiniennes précédées, accompagnées ou suivies d'infarctus du côté de la moelle, du cerveau

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