I'oxcet, Rapport à la Soc. fr. d'ophtalmologie
DECOLLEMENT DE LA RETINE. 659
filaments conjonctifs de nouvelle formation, qui souvent adhèrent à la face antérieure de la rétine, et parfois aux procès ciliaires. A mesure qu'il revient sur lui-même et se ratatine, il se produit un épanchement séreux intermédiaire de plus en plus prononcé.
Dans les décollements symptomatiques de tumeurs, ce qui domine, c'est l'hydropisie sous-rétinienne. La rétine, transformée en entonnoir, englobe le vitré très réduit de volume, et le tonus resle alors normal ou s'exagère.
Les lésions de la choroïde ne sont pas constantes. On ne trouve des foyers de choroïdite circonscrite ou disséminée que dans les cas de myopie forte ou d'inflammation préexistante du tractus uvéal. Par contre, les synéchies iritiques et la cataracte a ses divers stades, y compris les variétés calcaire et siliqueuse, sont fréquentes dans la période avancée ; il semble même que ce soit là la terminaison habituelle du décollement.
Au point de vue histologique, la rétine est rarement saine. Presque dès le début, les cônes et les bâtonnets se gonflent, prennent la forme de massues et restent appendus à la limitante externe par un prolongement filiforme. Tantôt ils dégénèrent en une masse colloïde ayant l'aspect de gouttes hyalines; tantôt ils s'hypertrophient (Klebs)1 et sont séparés les uns des autres par des vacuoles ; il peut arriver que toute la couche des bâtonnets tombe dans le liquide sous-rétinien et disparaisse. Très souvent les couches internes s'épaississent par le fait de l'hyperplasie du stroma, alors que les fibres nerveuses s'atrophient comme dans les rétinites diffuses. Dans les cas invétérés, la rétine ainsi que les vaisseaux se transforment en un tissu sclérenx.
La pathogénie du décollement a préoccupé tous les auteurs.
Pour v. Grsefe, ainsi que pour Arlt l'affection réside dans une hydropisie sous-rétinienne et parfois dans un épanchement sanguin.
Stellwag v. Carion2, frappé de l'état absolument flottant de la partie décollée, pense que la rétraction préalable du vitré est nécessaire. Cette opinion fut confirmée par II. Millier5 qui, en disséquant un œil staphyloinateux atteint de décollement, trouva le vitré rétracté, délimitant entre lui et la rétine une poche remplie d'un liquide transparent. Il en conclut que la cause est, non l'hydropisie sous-rétinienne, mais la traction que le vitré organisé exerce sur la membrane nerveuse. Iwanoff* insiste à son tour sur cette pathogénie, en se fondant sur 14 décollements dont 11 traumatiques et trois consécutifs à une forte myopie, où la rétraction du vitré était constante. 0. Becker, Gcnth,