Schsei.ler, v. Grsefe Arch., XXVI
DECOLLEMENT DE LA RETINE. 661
n'étant pour lui que secondaire. Th. Lebèr adopte la manière de voir de Wecker sur le rôle prépondérant des déchirures rétiniennes, et se fonde pour cela sur le fait qu'il les aurait rencontrées cliniquement dans la moitié des cas. De plus, en introduisant dans le corps vitré d'animaux des fils oxydables aseptisés, il aurait provoqué constamment des décollements avec déchirures. E. Nordenson', dans sa monographie si complète, se range à la théorie de son maître Leber.
Pour nous, deux conditions sont indispensables :
1° La destruction pathologique du névro-épithélium donnant lieu à une exsudation séreuse sous-rétinienne;
2° La rétraction du vitré et la formation d'un épanchement soushyaloïdien.
La rétine, privée alors de ses adhérences physiologiques et non sou tenue par le vitré, se plisse et flotte librement entre deux couches liquides. Lorsque l'une ou l'autre de ces conditions fait défaut, le décollement ne saurait se produire. La traction cicatricielle du vitré, s'exerçant sur la partie équaloriale de la rétine, provoque ou non des déchirures toujours secondaires et liées à une forte rétraction du vitré. Comme nous l'avons dit, elles manquent dans plus de la moitié des cas, outre que dans les déchirures traumaliques le décollement est rare.
On ne saurait concevoir que la rétine quitte sa place brusquement, tant que le névro-épithélium et la couche pigmentaire restent intacts. Dans nos expériences avec la naphtaline, nous avons constaté dès le début un double décollement rétinien et hyaloïdien. A une période plus avancée, tous ces petits soulèvements se confondent, pour détacher la rétine dans une grande étendue, mais sans jamais provoquer de déchirures. Comme le décollement rétinien spontané débute par la périphérie, la brusquerie de son apparition qu'on invoque en faveur de la théorie des déchirures est plus apparente que réelle.
Les nombreux moyens de traitement proposés tour à tour témoignent de leur peu d'efficacité.
Nous les diviserons en médicaux et en chirurgicaux.
Parmi les premiers, nous signalerons les diurétiques, les sialagogues les sudorifiques et les purgatifs salins. Tous, y compris les injections hypodermiques de pilocarpine qui à un moment donné ont joui d'une réelle vogue, n'ont fourni que des résultats nuls ou temporaires. Il faut ajouter à la charge de la pilocarpine qu'elle n'est pas sans provoquer des troubles gastriques et de l'abattement pouvant aller jusqu'à la syncope. Si l'on tenait à obtenir une diaphorèse abondante, il faudrait donner la préférence au drap mouillé.