Jung, Arch. f. Opht., XXXVII, 4, p
indépendants de la masse cavitaire. Au microscope, on voit nettement que les cellules néoplasiques traversent les espaces destinés aux nerfs et aux vaisseaux perforants. Ce n'est qu'à la fin, par suite de l'usure du tissu scierai, que le tout constitue une masse commune. Le même processus s'observe lorsque la tumeur perfore la gaine du nerf, pour de là gagner le tissu cellulo-graisseux de l'orbite.
La phtisie du globe est rare et tient à une irido-cyclite suppurative survenant au début; la résorption partielle du néoplasme est également exceptionnelle.
Une fois l'orbite envahi, le globe se trouve projeté au dehors et refoulé du côté opposé à la tumeur ; l'aplatissement de l'organe est parfois tel qu'il devient méconnaissable.
Par suite de l'altération des parois osseuses, le gliome pénètre dans les cavités voisines : fosses nasale, temporale et ptérygo-maxillaire. L'envahissement du crâne se fait à travers une perforation de la voûte orbilaire, ou le long du canal optique notablement élargi. La masse intra-crànienne peut alors acquérir le volume d'une pomme, voire même celui du poing, sans qu'il s'ensuive nécessairement des troubles nerveux appréciables. Il n'est pas rare de rencontrer en outre des ilôts gliomateux dans les différentes parties de l'encéphale, principalement au niveau des noyaux gris d'origine des nerfs.
Les ganglions lymphatiques, préauriculaires, sous-maxillaires, parotidiens, cervicaux et même ceux axillaires et thoraciques se prennent à leur tour, ainsi que le diploé des os du crâne et de la face. Les bosses simulant des exostoses sont rougeâtres et entourées à la base d'une coque osseuse; d'abord petites, elles augmentent rapidement de volume, puis se ramollissent de plus en plus. Des métastases éloignées se rencontrent du côté de l'humérus, des clavicules, des côtes, etc.; les viscères eux-mêmes sont atteints, et l'on trouve souvent des masses néoplasiques dans le foie, les reins, les ovaires, les ganglions abdominaux et ceux de l'aine.
Les récidives sur place sont fréquentes et ont ordinairement pour point de départ le moignon du nerf optique, ou des noyaux microscopiques contenus dans le tissu cellulaire de l'orbite. La repullulalion procède avec une rapidité effrayante, et en peu de jours toute la cavité orbitaire, les paupières, le crâne et les sinus sont envahis. La conséquence d'un pareil état est la mort à bref délai, que celle-ci dérive du marasme général ou de complications viscérales.
La marche de l'affection comprend trois périodes.
Dans la première, l'attention est éveillée par un reflet caractéristique de la pupille, sorte de miroitement gris jaunâtre qui rappelle celui du tapis de certains animaux. A cela s'ajoutent le déclin progressif de la vision et la mydriase. Cependant il peut arriver, comme dans les
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cas de Gessler1, Rompe5, G. Pinto, Treitel3 et Grolman que l'œil reste momentanément voyant; cette particularité s'observe surtout dans la forme endophyliquc.
A l'ophtalmoscope, on découvre une saillie bosselée sur laquelle serpentent les vaisseaux rétiniens. La couleur varie d'un point à un autre; à côté d'ilôts gris blanchâtre, on en voit de teintés en rose ou en jaune ocre. A l'aide de l'éclairage électrique et d'une lentille de -f~ 18 à 20 D, on aperçoit de fins vaisseaux propres indépendants de ceux de la rétine, et parfois des noyaux disséminés qui, comme la tumeur principale, s'accompagnent de décollement.
La seconde période se caractérise par des phénomènes réactionnels et l'exagération du tonus. En même temps, le volume du globe augmente, la chambre antérieure s'aplatit, la pupille s'élargit davantage et devient irrégulière; le limbe scléro-cornéen vivement injecté cède ainsi que l'équateur, et l'on voit apparaître des saillies staphylomateuses. Plus tard, la cornée devient insensible et perd sa transparence; l'humeur aqueuse se trouble, l'iris se décolore et il se produit des synéchies, exceptionnellement de l'hypopyon (Yung et Grolman); enfin une cataracte symptomatique, avec stase veineuse comprenant l'épisclère, la conjonctive et les paupières, ne tarde pas à s'établir.
Grâce à la grande extensibilité de la sclérotique chez les enfants, les douleurs apparaissent tardivement, mais en revanche elles sont si violentes qu'elles s'accompagnent de vomissements et de signes d'excitation cérébrale, alternant avec du coma.
La troisième période comporte la perforation de l'œil et l'apparition de la tumeur au dehors, sous la forme d'un champignon sanglant. Les hémorrhagies deviennent alors abondantes et contribuent à épuiser le malade.
Lorsque la propagation se fait en arrière, il se produit de l'exorbitis, et la cornée exposée à l'air s'exfolie et se perfore.
Nous avons dit plus haut que la pénétration dans le crâne peut se faire sans manifestations capables de nous mettre sur la voie. Dans le cas contraire, il survient de la céphalée, des névralgies irradiées, des paralysies ou des convulsions de la face et des membres, finalement du coma. C'est à cette période que se montrent les métastases, tant osseuses que viscérales.
L'envahissement du nerf optique, pouvant aller jusqu'au chiasma. s'annonce par de l'amblyopie qui ne tarde pas à se transformer en une double amaurose. Cette dernière tient au siège primitivement bila-