Gitoûtow, Arch. f. Ophl.. XXXV11I. 1, p
de celle distinction. Rarement le champ visuel périphérique est intéressé.
Parmi les troubles généraux, nous mentionnerons les nausées, les vomissements surtout fréquents le matin au réveil, l'insomnie accompagnée d'hallucinations visuelles, le tremblement caractéristique des mains, un aspect enluminé et d'autres fois terreux du visage; finalement, une odeur acélonique de l'haleine qu'on ne saurait confondre qu'avec celle des diabétiques avancés. Les individus intoxiqués par le tabac ont un aspect cachectique, sont abattus et se plaignent de palpitations.
A mesure que le scotome central de relatif tend à devenir absolu, l'acuité visuelle tombe au quart et au-dessous, rendant bientôt toute occupation impossible, bien que le malade puisse continuer à s'orienter librement, grâce à la conservation à peu près constante du champ visuel périphérique. Un éclairage intense provoque de l'éblouissement, et la vision est relativement meilleure au crépuscule qu'au grand jour; ce qui s'explique, croyons-nous, par l'épuisement rapide du sens lumineux et le rétrécissement réflexe de la pupille sous l'influence d'une lumière vive.
Toujours est-il que la sensibilité pour le blanc est affaiblie au niveau du scotome. On s'en assure en faisant fixer de petits disques clairs de 5 à 10 millimètres de diamètre, qu'on fait cheminer lentement sur l'arc périmétrique de la périphérie au centre, pendant que l'individu regarde monoculairement le point 0 du périmètre. Dans ces conditions, chaque fois que le disque traverse la région de la macula, le malade éprouve une sorte d'éclipsé qui lui fait apparaître le blanc de couleur grise plus ou moins foncée. Si Fôrster, Krenchcl et Wilbrand ont nié ce caractère, c'est qu'ils ont sans doute employé des disques d'un diamètre trop grand pour l'étendue du scotome.
Un signe pathognomonique réside dans la dischromatopsie centrale qu'il faut dès lors rechercher avec la plus minutieuse attention. Tout au début, seules les nuances sont intéressées; mais bientôt les tons s'effacent à leur tour. C'est ainsi que le vert apparaît gris, le rouge devient brun, le jaune est confondu avec le blanc, tandis que le bleu est nettement perçu.
Au point de vue de la clarté, le rouge semble toujours plus sombre que le vert, et dans notre cas de scotome nicotinique pur, la composante blanche du rouge faisait entièrement défaut. Chaque fois que le malade regardait à travers le trou sténopéique recouvert d'un verre rouge, il déclarait que le disque était imperforé.
A mesure que l'achromatopsie se prononce, le violet et le bleu se confondent et disparaissent à leur tour, lorsque la papille s'atrophie.
Par l'image droite et avec un faible éclairage, on trouve tout au
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début une rougeur congestive du disque optique, plus rarement une légère dilatation variqueuse des veines. Ultérieurement, la moitié temporale se décolore et l'acuité visuelle diminue jusqu'à ne mesurer qu'un vingtième. L'atrophie totale est exceptionnelle et ne s'observe que dans la période ultime; de même, le scotome central absolu n'est pas commun. A une période avancée, il s'ajoute parfois des symptômes tabétiformes, tels que : douleurs fulgurantes, abolition du réflexe patellaire (Éperon1), incoordination motrice (Déjerine et Œttinger), paralysies oculaires et signe d'Argyll-Robertson (Charcot et Kruke).
L'anatomie pathologique n'est connue que depuis ces dernières années. C'est à Samelsohn2 que nous sommes redevables de la première description: il a été suivi dans cette voie par Nettleship", Vossius4, Bunge5, Uhthoff6 et Crismann7.
Sur les nerfs optiques, le chiasma et les bandelettes provenant d'un individu atteint depuis longtemps de scotome central bilatéral, Samelsohn a trouvé une atrophie du centre an nerf, surtout prononcée au voisinage du trou optique, A cet endroit, il y avait hyperplasie du stroma conjonctif, analogue à celle qui caractérise la névrite interstitielle. Sur des coupes perpendiculaires pratiquées près du globe, le faisceau central atrophié se déviait du côté temporal pour prendre la forme d'un coin à base périphérique et à sommet dirigé en dedans. Nettleship a constaté la môme disposition sur la partie du tronc attenant au globe. Près de l'œil, Yossius trouva le quart temporal atrophié : plus loin et jusqu'au trou optique, la lésion occupait le centre. Ayant poursuivi les altérations dans les bandelettes, il vit les deux bords supéro-externe et inféro-interne également atrophiés, à cette différence près que les fibres nerveuses seules étaient atteintes, le tissu interstitiel restant normal. Par contre, l'altération de la portion orbitaire résidait en une hyperplasie interstitielle prononcée, avec grains amyloïdes contenus dans la trame.
Dans six examens anatomiques, Uhthoff a toujours rencontré la lésion principale au niveau de la portion intra-orbitaire. Une fois elle était située à 1 ou '2 millimètres en arrière de la papille, une autre fois elle avançait jusqu'au trou optique, qu'elle dépassait dans les quatre derniers cas. La description de l'un d'eux est particulièrement intéressante et se rapporte à un homme de trente-quatre ans ayant