Leher, Grsefe et Sœmisch, V, p
2. Knies. Die Beziehungen des Se/wigans tt. seiner Erkranlmngen, Wiesbadeii. 1893. p. 227.
fait le plus embarrassant que nous ayons observé concerne un militaire ayant reçu pendant la guerre de 1870 un coup de sabre sur le front avec enfoncement des os. Six mois plus tard, il survint des obnubilations périodiques qui aboutirent à une amaurosc bilatérale. À ce moment, nous pûmes constater le manque de signes ophtalmoseopiques, et cet état persista jusqu'à la mort, qui eut lieu quatre ans après ; les deux pupilles restées régulières et de dimension normale, réagissaient parfaitement à la lumière et à l'accommodation. Pendant son long séjour à notre clinique de l'Hôtel-Dieu, le malade eut une contracture du bras droit et du membre inférieur du même cùté avec bémianesthésie, qui cédèrent spontanément après six mois; l'intelligence demeura parfaite jusqu'à la mort.
A l'autopsie, faite avec le concours de notre collègue Féré, nous n'avons constaté aucune lésion de la rétine, du nerf optique, du cerveau et de la moelle. Ce résultat absolument négatif nous a conduit à rattacher la double amaurose persistante, précédée de rétrécis sèment périphérique du champ visuel et d'amblyopie intermittente, à l'hystéro- traumatisme, et cela d'autant plus que la mère était hys térique. Inutile d'ajouter que dans les antécédents du malade nous n'avons trouvé ni alcoolisme, ni syphilis, ni autre tare organique.
A côté d'un cas aussi grave, nous pourrions en citer d'autres, ou les troubles oculaires survenant à la suite d'un traumatisme léger ont consisté en amblyopie avec tous les caractères de celle hystérique, chez des individus n'ayant offert jusque-là aucun signe de cette névrose. La suggestion, ou la crainte que nous avons inspirée aux sujets en leur faisant entrevoir une opération douloureuse, ont suffi pour faire disparaître du coup les troubles visuels.
On conçoit combien un pareil diagnostic est important au point de vue médico-légal. Une amblyopie unilatérale simulée est particulièrement embarrassante; pour la déceler, il suffit de placer un verre rouge sur l'œil déclaré sain et d'inviter le sujet à déchiffrer les caractères verts sur fond noir de Snellen; de même, on peut interposer un verre vert et présenter la pancarte composée de lettres rouges sur fond noir. Dans ces conditions le simulateur déchiffrera les caractères avec son œil prétendu amblyope, alors qu'il ne les verra pas si réellement la vision lui fait défaut. Une autre méthode consiste à faire viser Iesoptotypes, après avoir recouvert l'œil déclaré sain avec un prisme de 10 à 12 degrés; si l'individu accuse de la diplopie, il s'agit d'un simulateur.
Il est plus difficile de reconnaître la supercherie lorsque le sujet se plaint d'un rétrécissement prononcé du champ visuel ou d'hémianopsie sur un seul œil. Schmidt-Rimpler ' propose de recouvrir l'œil