Th. Wiethe, Arch. f. Aucjenh., XIII, p
paralytiques dans le territoire des différents nerfs moteurs de l'œil et dans celui du trijumeau, plus rarement du côté du facial et de l'hypoglosse; parfois, lorsque l'agent de la compression intéresse le lobe antérieur du cerveau, céphalalgie frontale persistante.
Quand l'hémianopsie homonyme est d'origine cérébrale, elle n'est souvent qu'ébauchée et peut s'accompagner de rétrécissement périphérique du champ visuel. Les réflexes pupillaires sont d'ordinaire conservés, par suite sans doute du siège de la lésion en arrière des noyaux pupillo-réflecteurs. Habituellement l'hémianopsie se montre sous forme d'accès, à moins qu'il ne s'agisse d'une altération organique grave, et la céphalalgie se fait sentir de préférence à la région occipitale. S'il s'ajoute une hémianesthésie ou une hémiplégie, il y a lieu de penser à l'extension du processus jusqu'à la capsule interne.
De môme, lorsqu'il survient de l'aphasie ou de l'alexie et de l'agraphie, on a la preuve que la lésion envahit le territoire de l'artère sylvienne, la troisième circonvolution frontale et celle temporo-pari étale.
Wilbrand, sur 20 cas d'hémianopsie hémisphérique, a rencontré 4 fois des hémorrhagies cérébrales, 5 fois des embolies de l'artère sylvienne et de ses branches, 6 fois du ramollissement, 1 fois un abcès, o fois des tumeurs, 1 fois de la sclérose; enfin, dans deux cas, il y avait eu traumatisme.
Les choses se passent tout autrement dans les hémianopsies temporales et nasales. La clinique et l'anatomie pathologique démontrent le siège basilaire préchiasmatique des altérations, mais sans préciser exactement le point lésé. Ce problème est en effet difficile à résoudre, à cause de la texture presque inextricable du chiasma chez l'homme. La solution restera en suspens jusqu'au jour où le mode de décussation des fibres optiques sera définitivement établi.
Pour les hémianopsies supérieure, inférieure et monoculaire, on ne peut admettre le siège cérébral, à moins de supposer des lésions symétriques dans les deux lobes occipitaux, ce qui n'a pas été rencontré à l'autopsie. Il parait plus rationnel de les envisager comme des scotomes se rattachant à des névrites périphériques.