‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 531 sur 547 · E. — HÉMÉRALOPIE OU CÉCITÉ NOCTURNE · texte numérisé non relu

E. — HÉMÉRALOPIE OU CÉCITÉ NOCTURNE

L'héméralopie ou cécité nocturne des Anglais consiste dans l'abaissement brusque et disproportionné de l'acuité visuelle, lors d'une diminution de l'éclairage ambiant.

En plein jour, l'héméralope jouit d'une vue normale, ce qui le différencie nettement des amblyopes.

L'affection se distingue en idiopathique et symptomatique. Cette dernière se lie presque exclusivement à la rétinite pigmentaire, et s'accompagne d'un rétrécissement concentrique du champ visuel. Nous n'aurons à nous occuper ici que de celle essentielle, indépendante de toute lésion du fond de l'œil.

Le terme à'Iiéméralopie est relativement récent. Dans l'antiquité, sous le nom de nyctalopie, on confondait tous les troubles visuels survenant aussi bien de nuit que de jour. Si Galien parle à'héméralopes, ce n'est que d'une façon incidente et sans attacher à celte épithète aucune signification spéciale.

Au xviif siècle, maître Jean, Guérin, Gendron et Richter cherchèrent à séparer ces deux états opposés, mais avec des variantes. Tandis que Guérin appelait héméralopie la cécité diurne, Gendron et Richter appliquaient cette désignation à la cécité nocturne. Depuis lors, cette dernière définition a été adoptée,

La distinction de l'héméralopie en héréditaire et en acquise, proposée avant la découverte de l'ophtalmoscopc, ne saurait plus être admise, depuis que nous savons que la première se rattache presque invariablement à la rétinite pigmentaire.

Parmi les causes occasionnelles, on a incriminé l'action prolongée du soleil, comme chez les moissonneurs, les soldats, les individus exposés à la réverbération de la neige, les habitants des tropiques et les ouvriers employés dans les hauts fourneaux. Les mineurs, les prisonniers et les militaires logés dans des casernes mal éclairées y sont également exposés, ce qui explique les épidémies signalées par Dransard1, Mackenzie2, nous-mêmes et d'autres.

La débilité, les dyscrasies, le surmenage et, avant tout, une nourriture insuffisante ou de mauvaise qualité constituent des conditions étiologiques bien plus importantes. Divers états pathologiques, tels que l'ictère, l'impaludisme et l'albuminurie, ont été également invoqués.

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