Dransaiid, Ann. d'ocul
panas. 48
Les symptômes sont caractéristiques. En dehors des milieux insuffisamment éclairés, l'héméralope se conduit et travaille comme ses semblables; mais, dès que le crépuscule arrive, sa vision décline au point qu'il est incapable de se diriger seul ; à grand'peine il parvient à s'adapter aux faibles éclairages, particularité sur laquelle a insisté Reymond, de Turin'.
Des recherches photométriques entreprises par Furster et Charpentier, il résulte que l'œil héméralope a besoin pour voir distinctement d'un éclairage 50 à 70 fois supérieur à celui nécessaire pour un œil normal.
Les réflexes pupillaires et l'accommodation n'offrent rien de particulier, sauf que dans la demi-obscurité la pupille devient mydriatique et immobile. Fôrster et Reymond ont signalé parfois l'existence de petits scotomes paracentraux. Mais cette particularité n'a rien de bien important, vu que sur des yeux normaux Aubert, Ito, Landolt et Basevi2 ont constaté des points aveugles, placés entre la tache de Mariotte et la fovea. Le rétrécissement concentrique du champ visuel à l'éclairage ordinaire et surtout à un éclairage faible n'a été guère rencontré que par Alf. Graefe dans certains cas atypiques compliqués de congestion et d'œdème de la papille.
L'examen à l'ophtalmoscope est négatif, ou ne révèle que de très légères altérations. Le rétrécissement des artères avec dilatation concomitante des veines, l'hyperhémie et la décoloration de la papille se rapportent à l'héméralopie symptomatique d'une névrite ou d'une rétinite pigmentaire.
La perception des couleurs est conservée, sauf pour les degrés inférieurs de l'éclairage, où, contrairement à l'état normal, le bleu se perd le premier. Cette particularité, admise par Fôrsler, Macé et Nicati3, a été contestée par Charpentier4.
Bien qu'inégalement répartie, l'héméralopie essentielle est toujours bilatérale. Dans les formes épidémique des pays chauds, il s'y ajoute, du xérosis conjonctival qui débute par les deux angles. Progressivement la muqueuse du globe s'épaissit et se recouvre d'un magma mousseux blanchâtre provenant de la macération de l'épithélium exfolié. Plus tard, l'état xérotique s'étend aux culs-de-sac et envahit la surface de la cornée, qui devient terne et rugueuse. Chez des enfants en bas âge (Leber et Thalberg), et chez des individus exténués, comme le sont les cultivateurs nègres du Brésil5, on voit survenir la perfora-