‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 533 sur 547 · Godtea, Arch. d'opht · texte numérisé non relu

Godtea, Arch. d'opht

tion de l'œil accompagnée de sécrétion muco-purulente simulant la blennorrhée. L'anesthésie de la conjonctive et de la cornée est fréquente et précéderait, d'après Gouvea, la sclérose de répithélium.

En se fondant sur la présence de bactéries dans le stratum conjonctival, et sur la coexistence de troubles généraux graves, insensibilité de la peau, surdité, cbute des cheveux, divers auteurs ont considéré Phéméralopie et le xérosis comme étant d'origine microbienne. C'est là un point de pathogénie non résolu, vu que les bacilles manquent souvent, et que, dans les cas où ils existent, on les trouve seulement à la surface de l'épithélium devenu scléreux.

Pour expliquer l'amblyopie nocturne, diverses théories ont été émises. Reymond invoque les scoLomes périmaculaires dont il a été question. A l'état normal, dit-il, pour arriver à distinguer les objets qui nous entourent, nous nous en rapprochons le plus possible: or, chez rhéméralope, pareil artifice ne saurait suffire, étant donné que les cercles de diffusion des images rétiniennes coïncident avec la zone scotomateuse qui entoure la macula, d'où vice de perception nette. Parinaud pense que Phéméralopie réside dans un trouble de sécrétion du pourpre rétinien, mais sans fournir de preuves suffisantes à l'appui. Enfin Macé et Nicati accusent le défaut de perception pour le bleu, lors de faible éclairage ; d'où résulterait l'impossibilité de voir au moment du crépuscule. Rappelons que Charpentier nie cette prétendue cécité pour la partie froide du spectre et par conséquent l'explication qui en découle.

Étant donné qu'il existe des cas légers et d'autres beaucoup plus graves, on conçoit que le pronostic soit variable. Dans les formes sporadiques, et lorsqu'il s'agit d'individus vigoureux, la disparition spontanée est la règle. Par contre, chez les enfants et en général chez les sujets mal nourris et cachectisés, non seulement l'affection est plus sérieuse, mais parfois la vie du malade se trouve menacée.

Le traitement local comporte le séjour dans l'obscurité et ultérieurement le port de verres fumés, afin de procurer à l'appareil optique le repos nécessaire.

Dans les cas compliqués de xérosis, lés fomentations, les compresses humides et les douches de vapeur sont utiles. Pour ceux qui admettent l'origine microbienne des lésions de la cornée et de la conjonctive, les antiseptiques locaux : acide borique, sels de mercure, naphtol à 1 ou 2 pour 1000, bleu d'éthyle et autres agents de cet ordre, devront faire la base du traitement.

Contre l'anémie et l'hypotrophie, on usera des toniques, des ferrugineux, de l'huile de foie de morue, et l'on s'attachera par-dessus tout à réconforter les malades par une bonne hygiène et le changement de climat.

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