Boucheron-, Arch. d'opht., XI, 1891, p
CHOROÏDE.
CHOROÏDE
Pour bien étudier cette membrane, il faut l'examiner par sa face externe, en sectionnant circulairement la sclérotique que l'on enlève; puis par sa face interne, à l'aide d'une coupe antéro-postérieure qui permet de la débarrasser au moyen d'un pinceau humide de la rétine et du stratum pigmentaire.
Vue par l'extérieur, la choroïde offre une coloration variant du noir au brun rougeàtre, suivant que les vaisseaux propres sont plus ou moins gorgés de sang. Plongée dans l'eau, on y voit flotter une grande quantité de franges brunes qui vont se fixer à la face interne de la sclérotique. Elles ont été envisagées par certains auteurs comme une membrane distincte appelée supra-choroïde.
Sous cette couche, on aperçoit des tourbillons formés de lignes grises sur fond sombre, et qui, tous par groupes de 10 à 12, aboutissent à un centre. Généralement il existe quatre groupes principaux ; exceptionnellement cinq, six ou davantage.
Sur des choroïdes injectées, on ne tarde pas à se convaincre qu'il s'agit là de vaisseaux veineux allant s'ouvrir dans quatre troncs principaux, auxquels on a donné, à cause de leur disposition tourbillonnée, le nom de veines vorticineuses. Ces
quatre veines sont à peu près équidistantes et perforent la sclérotique, par un trajet très oblique, à la jonction du tiers postérieur avec le tiers moyen du globe.
Par sa face interne débarrassée, ainsi qu'il a été dit, de la couche pigmentaire, la choroïde présente une coloration moins foncée. On y distingue, comme sur la face externe, des tourbillons vasculaires de plus en plus fins, enfouis dans une masse amorphe dépourvue de pigment. Cette couche vasculaire, recouverte par une limitante
Fig. 7.
VV, veines vorticineuses. — Pi'C, procès ciliaires. — I, iris.
Fig. 8. — ■ Coupe antéro-postérieure du globe.
pc, procès ciliaires. — os, ora-serrata. — tr, tourbillons
veineux. — I, iris.
anhyste, porte le nom de membrane de Ruysch ou de chorio-capillaire.
L'épaisseur de la choroïde mesure de O^M àOmm,16, suivant le degré de réplétion des vaisseaux. Plus épaisse en arrière où elle acquiert un millimètre et demi, cette membrane s'amincit progressivement vers la partie antérieure. A 5 ou 6 millimètres de sa terminaison, elle subit un changement de configuration et de structure. Outre qu'elle se surcharge de pigment, on la voit se plisser de façon à représenter une série de festons appelésprocc's ciliaires, dont l'ensemble constitue la couronne des anciens anatomistes, GTîçâvv;, et que l'on désigne aujourd'hui sous le nom de zone ciliaire.
Chaque pli forme une saillie peu accentuée en arrière, mais qui ne tarde pas à se prononcer de plus en plus vers l'iris, dont elle est séparée par un intervalle circulaire appelé espace rétroiridien. Le nombre des procès ciliaires principaux varie de 70 a 80; d'autres, plus petits, sont contenus dans la profondeur des vallonnements.
A la loupe, le bord libre des procès ciliaires se mon- Fis- 9- tre hérissé de dentelures et
Vi, veines iriennes. - Pc, procès ciliaires. - VPre, Veines i franffPS iirinrbnlpmpnt des procès ciliaires. - VCA, veines de la choroïde. Ûe uanoes> Principalement
en avant. Une ligne sinueuse dentée sert de limite à la zone ciliaire en arrière. C'est Yora serrata des auteurs.
V Ch-
CHOROÏDE. 13
La face externe de la zone ciliaire est lisse et de couleur grise, caractères qui Font fait envisager jadis comme un ligament annulaire destiné a relier la cornée et la sclérotique à la grande circonférence de l'iris. Nous verrons que ce prétendu ligament n'est autre que le muscle ciliaire, composé de libres lisses.
L'examen histologique montre dans la choroïde quatre couches superposées, mais non séparables.
En dedans, une membrane vitreuse anhyste ou légèrement iibrillaire de 6 à 8 y. d'épaisseur, décrite par Bruch dont elle porte le nom. Le pigment rétinien lui adhère intimement et Ton ne parvient à le séparer qu'avec peine à l'aide du pinceau. Lorsqu'on arrache cette membrane, elle s'enroule sur elle-même, preuve qu'elle jouit d'élasticité; de là, le nom de membrane élastique ou membrane limitante de
Fig. 10.
L, limitante élastique. — C/i.c, chorio-capillaire. — mi\ moyens vaisseaux. — gv. gros vaisseaux
L/", lamina fusca.
la choroïde. Dans la région de l'ora serrata, cette couche vitrée s'épaissit, perd son aspect lisse et devient aréolaire pour embrasser dans ses fines mailles les cellules de pigment qui recouvrent la surface des procès ciliaires. Cette disposition devient évidente en faisant macérer cette partie dans des solutions acides ou alcalines et en enlevant les cellules avec le pinceau.
La seconde couche, appelée membrane de Ruyschc ou horio-capillaire, est constituée principalement par des vaisseaux capillaires qu'entoure un stroma de très fines fibrilles. On y rencontre un grand nombre de cellules rondes incolores pourvues d'un noyau nucléole et jouissant de mouvements amiboïdes. On doit les considérer comme des cellules lymphatiques dites encore migratrices.
La troisième et la quatrième couche se confondent presque entre elles et méritent dès lors une description commune.
Immédiatement sous la sclérotique, on aperçoit un tissu filamenteux
aréolaire à larges mailles de couleur foncée, dont les trabécules se dirigent pour la plupart d'avant en arrière dans le sens méridien. Leur insertion à la sclérotique est plus forte dans l'hémisphère postérieur que dans l'antérieur ; d'où la plus grande difficulté de séparer la choroïde de la sclérotique, à mesure que l'on se rapproche du nerf optique. Nous verrons par la suite les déductions qu'il faut en tirer pour la physiologie du muscle ciliaire et la pathogénie de la myopie.
Vu sa couleur foncée, on désigne cette couche aréolaire sous le nom de lamina fusca, tandis que d'autres lui réservent celui de membrane supra-choroïdienne. Arrachée et placée dans l'eau, elle offre un chevelu flottant rappelant celui du chorion fœtal.
Au microscope, la couche externe de la choroïde est constituée d'un slroma de fibrilles élastiques entre-croisées, formant des mailles à grand axe antéro-postérieur. On admet généralement qu'une substance unissante amorphe relie toutes ces fibres, mais ce fait mérite confirmation.
Dans le stroma, on rencontre deux ordres de cellules, les unes pigmentées, les autres sans pigment. Le caractère principal des premières consiste dans leur polymorphie. C'est ainsi qu'au voisinage de la scléro- ' tique, on en trouve d'absolument plates, étoilées, mu- . " . - - ' nies de prolongements gros et courts et possédant un noyau incolore. Plus profondément, elles cessent d'être aplaties et sont pourvues de prolonge- Fig. 11. ments longs et fins. A côté de
celles-ci, il en est de tout à fait rondes à protoplasma tellement pigmenté qu'il est difficile d'en apercevoir le noyau.
Les cellules incolores sont rondes ou ovalaires et possèdent un ou deux noyaux; c'est dire qu'elles appartiennent à la catégorie des éléments migrateurs.
La couche principale de la choroïde, dite encore des gros vaisseaux, se trouve constituée de la même façon que la lamina fusca. Autour des vaisseaux principaux il existe de nombreuses cellules pigmentaires, du tissu conjonctif et quelques fibres musculaires lisses. Ces dernières acquièrent tout à coup un grand développement au niveau de la région ciliaire pour former le muscle accommodateur appelé encore tenseur de la choroïde, dont nous allons donner la description.
CHOROÏDE.
Sur une coupe méridienne, celui-ci affecte la forme d'un triangle dont l'épaisseur mesure O"""^. Son diamètre antéro-postérieur ne dépasse pas 5 à 5 millimètres. Par sa face externe qui est la plus longue, le muscle est en rapport avec la sclérotique dont il est séparé par une mince couche de la membrane supra-choroïdienne. En dedans, il s'étale en éventail à rayons d'autant plus courts qu'ils sont plus antérieurs. Tous ces faisceaux musculaires, sauf les plus externes, s'entre-croisent, formant des mailles d'autant plus serrées qu'on se rapproche de l'extrémité antérieure des procès ciliaires. Un stroma conjonctif et des vaisseaux s'interposent aux fibres. Ce stroma se
Fig. 12,
MO. muscle cilîaire. — R, rétine. — S. sclérotique. — CS. canal de Schlemm. — PV. plexus veineux. CO. cornée. — I, iris. — Z, zonule. — C. cristallin.
confond sans ligne de démarcation avec celui des procès ciliaires qui constituent la partie la plus interne de la zone du même nom. En avant, chaque faisceau musculaire se termine par un tendon qui s'insère, comme il sera décrit plus loin, au niveau de l'angle sclérocornéen.
Au point de vue de leur direction, les fibres du muscle ciliaire peuvent être distinguées en trois groupes.
Les plus externes suivent un trajet méridien et restent plus ou moins parallèles entre elles. Les moyennes s'étalent en éventail et s'entre-croisent. Enfin les plus antérieures, les moins nombreuses, affectent une forme circulaire représentant une sorte de sphincter
vaguement ébauché. Pour nous, comme pour Hocquard, il s'agit là de mailles serrées. Ce petit groupe est considéré à tort, croyons-nous, comme un sphincter indépendant appelé muscle de //. Millier ou de Rouget, par opposition au reste dit muscle de Briicke.
Nous savons que la majeure partie des faisceaux musculaires se perd en arrière dans le stroma de la choroïde. Seuls les plus externes se fixent à la face interne de la sclérotique comme pour représenter chez l'homme les vestiges du muscle de Crampton, surtout développé chez les oiseaux.
Il existe des variétés individuelles au point de vue du développement et de la forme du muscle ciliaire. D'après Iwanoff, chez les myopes, il y aurait prédominance des fibres radiaires sur celles en anneau, tandis que le contraire s'observerait chez les hypermétropes forts. Les préparations les plus démonstratives à cet égard sont celles faites avec le chlorure de palladium (Schultze).
La choroïde est parcourue par de nombreux nerfs qui, chemin faisant, lui fournissent des ramuscules multiples. Il en est de moteurs, de sensitifs et de sympathiques. Tous émanent du ganglion lenticulaire ou ophtalmique pourvu de trois racines, une motrice venant de l'oculomoteur, une sensitive appartenant au nerf nasal, autrement dit au trijumeau et une dernière sympathique qui provient du plexus carotidien. Seuls les nerfs ciliaires longs ou iriens fournis par le nasal sont directs.
Une fois les rameaux ciliaires postérieurs pénétrés dans l'œil au
pourtour du nerf optique, ils cheminent entre la sclérotique et la choroïde pour aboutir à un large plexus qui occupe la face externe du muscle accommodateur. Les filaments terminaux innervent ce muscle ainsi que l'iris, sans compter ceux qui avec les filets ciliaires antérieurs se rendent à la cornée.
Les ramuscules destinés à la choroïde proprement dite forment un premier plexus dans la lamina fusca. Il est pourvu de nombreuses cellules ganglionnaires multipolaires, isolées ou disposées par groupe, principalement au niveau de l'entre-croisement des mailles nerveuses.
De ce plexus partent des filaments qui accompagnent les gaines des vaisseaux ; ils sont eux-mêmes pourvus de cellules multipolaires et s'avancent jusqu'à la chorio-capillaire où on les perd.
ncp n cp
Fig. 13.
nçp, nerfs ciliaires postérieurs.
IRIS. 17
Le plexus signalé au niveau du muscle ciliaire, dont il occupe toute l'épaisseur, est composé de fibres nerveuses à double contour, contrairement au précédent formé presque en totalité de libres amyéliniques. Les cellules ganglionnaires que l'on y rencontre sont petites, bipolaires et en moins grand nombre.
Pour terminer l'anatomie de la choroïde il nous resterait à parler de la structure des procès ciliaires. Mais comme la rétine y prend une large part, nous y reviendrons à propos de la description de cette membrane et des vaisseaux de l'œil.
IRIS
Dépendance directe de la choroïde, l'iris est situé entre le cristallin et la cornée où il flotte librement dans l'humeur aqueuse. On lui distingue deux faces, Tune antérieure, l'autre postérieure, et deux circonférences, l'externe ou grande, point de jonction de l'iris à la zone ciliaire, l'interne ou petite, qui constitue le bord pupillaire. Dans l'intervalle il existe une ligne circulaire légèrement sinueuse appelée petit cercle de l'iris, qui sert de séparation entre la zone interne ou pupillaire et celle externe ou ciliaire.
La face postérieure de cette membrane d'un noir charbonneux uniforme représente Yuvée des anciens anatomistes. Par contre, la couleur de la face antérieure varie à l'infini suivant les races, les individus, l'âge, non seulement d'une façon générale, mais d'un point à un autre ; de là l'aspect tigré bien connu. Exceptionnellement, on rencontre des différences tranchées dans les deux moitiés de l'iris ou dans sa totalité, état qui constitue l'hétérochromie.
L'espace compris entre l'iris et la cornée forme la chambre antérieure. Celui qui existe entre l'iris en avant, le cristallin, la zone de Zinn et les procès ciliaires en arrière, est appelé chambre postérieure ou mieux encore espace rétro-iridien. Ces deux compartiments remplis d'un liquide séreux clair, l'humeur aqueuse, communiquent librement entre eux par l'orifice pupillaire.
Cet orifice plus ou moins circulaire n'est pas exactement au centre, mais quelque peu en dedans et en bas. Ses dimensions, variables sur le vivant, sont de 5 à 4 millimètres environ.
Le bord pupillaire est toujours bordé d'un liséré pigmentaire provenant de l'uvée. Vu à la loupe, ce liséré est pourvu de petites saillies et de franges flottantes.
La zone interne a mesure en moyenne 1 millimètre de largeur. On
PANAS. 2
y voit des plicatures rayonnées qui s'anastomosent et convergent vers le bord pupillaire, constituant ainsi des losanges de plus en plus resserrés. Les culs-de-sac ainsi circonscrits sont particulièrement larges au voisinage du petit cercle pc, où ils forment des cryptes dans la profondeur du tissu.
La zone ciliaire comprend la majeure partie de l'iris. Fuchs qui en a donné une description détaillée distingue trois portions concentriques dont la plus interne est appelée par lui plate, b, la seconde plissée, c, et la dernière, la moins étendue, marginale, cl.
Vues à la loupe, les deux premières offrent des saillies radiaires qui correspondent aux vaisseaux et aux nerfs. En outre, la seconde portion présente des plis circulaires en rapport avec les mouvements alternatifs de resserrement et de dilatation et dont on trouve l'analogue dans la paume de la main. Plus la pupille est dilatée, plus ces plis s'accentuent; l'inverse a lieu lorsqu'elle se resserre. Jamais on n'en observe sur la partie plate, preuve qu'elle ne participe Fig. 14. — (D'après Fuchs.) pas aux mouvements de
l'iris.
La portion marginale cachée par le limbe scléro-cornéen se caractérise nettement par son aspect cribriforme et sa couleur plus foncée. Elle mesure entre 0mm,2 et 1 millimètre. Les saillies qui délimitent les enfoncements correspondent aux gros vaisseaux de l'iris. Quant au fond des alvéoles, il est constitué par le stroma pigmentaire et l'uvée, d'où sa coloration brune.
La configuration de la face postérieure n'est pas moins intéressante. Sur toute l'étendue de la zone ciliaire on voit des sillons et des côtes radiaires au nombre de 70 à 80. Ce sont autant de plicatures comprenant toute la couche uvéale et la partie profonde du stroma. Comme il existe des sillons moins profonds perpendiculaires aux
IRIS
précédents, mais ne dépassant pas le stratum uvéal, il en résulte que chaque côte a la forme d'un câblé.
Au niveau delà zone pupillaire, les plis deviennent plus nombreux, rectilignes et se juxtaposent de façon à donner à cette partie un aspect tuyauté. Ils se prolongent quelque peu sur la face antérieure où ils se terminent par autant de saillies rappelant des perles noires placées côte à côte.
Histologiquement, l'iris se compose d'une couche antérieure endothéliale qui pour Fuchs serait partout continue, sauf à l'endroit des cryptes et des enfoncements de la portion marginale cribriforme.
Une seconde couche est celle dite des noyaux, CN. Ceux-ci sont d'autant plus chargés de pigment que l'iris est plus foncé. Un fin réticulum conjonctif les entoure. Cette couche varie d'un point à un
CN, couche des noyaux. — S, sphincter de l'iris. — CPA, couche pigmentaire antérieure.
CU, couche uvéenne.
autre et fait constamment défaut dans l'intérieur des cryptes et des enfoncements de la partie marginale. Par contre, elle s'accentue çà et là, d'où l'aspect habituellement granité de l'iris. Dans les yeux bleus les noyaux sont incolores et c'est à l'uvée qu'il faut rapporter cette teinte. Toutes les autres modalités de ton dépendent de la diversité de coloration des noyaux.
La troisième couche est essentiellement vasculaire. Les troncs principaux pourvus d'une forte membrane adventice en occupent le milieu, tandis qu'en avant et en arrière se trouve le stroma composé d'un double réseau capillaire, de tissu conjonctif et de cellules à noyau anastomosées entre elles. De cette disposition il résulte que le centre du stroma est très lâche et comme parcouru de fentes se continuant avec les cryptes du petit cercle et les trous de la région marginale. Dans ces dépressions, il n'est pas rare de rencontrer des cellules
migratrices arrondies. Autour de l'orifice pupillaire et faisant toujours partie de la troisième couche, on aperçoit des fibres lisses dont l'ensemble constitue le muscle sphincter de l'iris S. C'est ce muscle qui par sa contraction provoque le resserrement de la pupille. Il est situé plus près de là face postérieure que de l'antérieure et se compose de faisceaux emprisonnés dans le stroma. Dans les cloisons interfasciculaires, on trouve des cellules pigmentaires CPA et des vaisseaux. Le sphincter ainsi formé a un millimètre de large. Son épaisseur est de 0°"M au niveau du bord pupillaire, et de 0mm,25 à sa circonférence externe.
La quatrième couche comprend un stratum de fibres incolores radiées étendu de la circonférence de l'iris au sphincter où l'on cesse de les suivre. Du côté de la grande circonférence, ces fibres s'entrecroisent pour former des nattes circulaires. D'après Henle, chaque fibre posséderait un noyau en bâtonnet; aussi pense-t-il qu'il s'agit là de fibres musculaires représentant le muscle dilatateur de l'iris. Fuchs se fondant sur la pigmentation des noyaux, soutient au contraire, qu'il s'agit là d'éléments élastiques analogues à ceux de la choroïde et de la cornée. De tout cela on doit conclure que la preuve anatomique d'un muscle dilatateur de l'iris n'est pas encore établie.
La cinquième et dernière couche CU, appelée uvée à cause de sa coloration noire, se compose de deux étages de cellules pigmentaires à noyau. Son épaisseur augmente à mesure qu'on se rapproche de la grande circonférence de l'iris où les cellules se continuent sans ligne de démarcation avec celles des procès ciliaires.
Les nerfs iriens ne sont qu'imparfaitement connus. Ce que nous savons, c'est qu'ils émanent du plexus ciliaire et que dès lors ils sont constitués par trois ordres de fibres, motrices, sensitives et sympathiques. Dans l'intérieur de l'iris, elles s'anastomosent par échange de fibres. Les unes, myéliniques, forment un réseau superficiel ; les autres, dépourvues de myéline, se rendent au muscle ciliaire.
Nous nous occuperons de la vascularité de cette membrane à propos de celle du globe en général. Qu'il nous suffise de rappeler le grand développement des gaines adventives des vaisseaux prises à tort pour des fibres lisses appartenant au prétendu muscle dilatateur.
Il nous reste à parler d'une disposition anatomique importante qui intéresse la physiologie et la pathologie de l'œil au plus haut point, à savoir de l'angle iridieh dit encore espace de filtration.
ANGLE IRIDIEN OU DE FILTRATION
ANGLE IRIDIEN OU DE FILTRATION
Pour l'étude de l'angle iridien, nous mettrons à contribution les longues recherches faites depuis un an par notre chef de laboratoire.
tiiXËL
Fig. 16. — Angle iridien chez un sujet de 40 ans emmétrope : grossissement 70 diamètres. a, tendon du muscle ciliaire. — b, veinule intra-sclérale. — d, canal de Schlemm. — i, travées du
muscle ciliaire. — h, membrane de Descemet. — le, faisceaux circulaires de la sclérotique. —
p, système trabéculaire scléro-cornéen.
Duvignaud1. Les figures ont été dessinées par Karmanski avec la plus scrupuleuse exactitude, d'après des préparations anatomiques des mieux réussies.
Sur des coupes méridiennes pratiquées sur un œil sain durci au