I. Nimier, Recueil il' oph t., 1892, p
sont nombreuses dans l'état actuel de noire civilisation, la lecture et l'écriture en tète, exercent une influence incontestable. Preuve la rareté de la myopie dans les campagnes et chez les illettrés, comparativement à sa fréquence dans les centres savants et industriels.
Lorsque à cela s'ajoutent des conditions mauvaises, telles qu'un éclairage insuffisant, des textes mal imprimés, certaines attitudes vicieuses de la tète et du corps si communes chez les écoliers, la myopie a plus de chance de se montrer. 11 en est de même pour toute imperfection de la vue. qu'elle dérive de V intransparence des milieux, taies de la cornée, cataracte congénitale; à'amblyopie optico-rétinienne de naissance et surtout d'une conformation astigmatique du globe.
En fait de causes vraiment déterminantes, on ne saurait invoquer que la scléro-choroïdite postérieure. L'apparition d'une cataracte sénile chez des individus antérieurement emmétropes ou faiblement hypermétropes, ne constitue qu'une cause de second ordre, étant donné que la myopie par sclérose du cristallin ne dépasse pas d'ordinaire 1 à 2 dioptries.
Traitement de la myopie. — L'idée que la myopie s'atténue et cesse avec l'âge n'est vraie que pour les individus atteints à un faible degré. ÎSous savons, en effet, que la diminution de la réfraction statique commence à 50 ans pour arriver à 2,5 D à 80 ans. D'après cela, tout myope de 2,5D reste tel toute sa vie, et ceux d'un degré inférieur ont à attendre longtemps avant de profiter de cette décroissance naturelle.
En présence de l'accentuation progressive de la myopie, on a été jusqu'à intervenir chirurgicalement.
C'est ainsi qu'en France, où en 1840 la myopie était envisagée comme l'effet de l'allongement de l'axe antéro-postérieur sous l'action compressive des muscles extrinsèques, Phillips le premier proposa la section du grand oblique qui, pour lui, produisait à la fois le strabisme externe et la myopie.
Jules Guérin, dans une communication à l'Académie des sciences en 1841, conseilla, en même temps qu'il pratiqua la section simultanée des deux muscles droits internes et externes. Mais c'est à Bonnet de Lyon1 que revient la section méthodique des deux muscles petits obliques comme moyen curatif de la myopie forte, accompagnée ou non d'asthénopie. Dans son ouvrage intitulé : Traité des sections tendineuses et musculaires, il rapporte 7 observations avec 6 succès et un résultat incomplet. Chez tous, sauf un, il a constaté que le punctum proximum avait doublé, que le remotum avait gagné encore davantage, le tout de suite ou peu de jours après l'opération, et d'une
1. Bonnet de Lyon, Traite des sections tendineuses et musculaires, '1841.
façon qui lui a semblé durable. Il est à noter que l'insuffisance musculaire cessait en môme temps et jusqu'au nystagmus qui, sans disparaître, devenait moins marqué. Un fait plus intéressant encore est celui d'Eugénie Borel (l. c, p. 296), jeune fille hypermétrope atteinte d'asthénopie accommodative à un haut degré, qui fut grandement améliorée par la section des deux petits obliques.
Nous pensons que des tentatives de cet ordre mériteraient d'être reprises, ne fût-ce qu'à titre d'essai.
L'extraction ou la discision du cristallin, dont le pouvoir réfringent équivaut à un verre convexe de 11 D placé à 13 millimètres de la cornée, a pour effet de diminuer d'autant la réfraction statique.
Fukala1 est partisan de cette intervention chez les individus possédant une myopie supérieure à 151), principalement lorsqu'il s'agit d'un œil ne collaborant pas avec son congénère moins myope, et qui, comme tel, est souvent exclu de la vision binoculaire. Chez les enfants, il donne la préférence à la discision, et pour éviter les accidents réactionnels résultant du gonflement trop tumultueux des masses cristalliniennes, il ouvre la capsule dans une petite étendue, quitte à répéter plusieurs fois l'opération. Dans le même but, il fait toujours précéder la discision de l'iridectomie. Chez les sujets au-dessus de 50 ans, le noyau du cristallin étant sclérosé, il préfère Vextraction avec iridectoinie. Dans son travail il rapporte 19 cas de discision suivie de succès. Les myopes de 18 à 22 D, après opération, peuvent voir à distance sans le secours de verres. Chez tous les autres, un verre concave moyen ou faible suffit. L'acuité visuelle a augmenté entre 7 et 12, et le punctum remotum a notablement gagné en étendue. Enfin un dernier avantage consiste dans ce que l'accommodation n'ayant plus lieu, les progrès de la myopie cessent.-
Une pareille intervention, justifiée lorsqu'il s'agit de cataractes, l'est beaucoup moins pour un œil myope à cristallin normal. Tout nouvellement des tentatives de ce genre ont été répétées par d'autres, mais les résultats ainsi obtenus sont encore en trop petit nombre pour nous permettre de porter un jugement définitif. Disons toutefois que Scbweigger2 a fait quinze extractions chez des myopes de 9 à 54 ans, les unes avec iridectomie, les autres sans. La myopie a baissé de 15 à 16 D. 11 préfère ne pratiquer l'opération que sur un seul œil, et pour éviter les mécomptes, il conseille de mesurer au préalable l'acuité visuelle.
Se fondant sur le prétendu rôle actif de l'accommodation dans la production de la myopie, on a usé et abusé des mydriatiques en vue d'en arrêter la marche progressive. Pour y parvenir, on pousse l'atro-