‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 70 sur 547 · Schwkigger, Soc. rriéd. berlinoise, mai · texte numérisé non relu

Schwkigger, Soc. rriéd. berlinoise, mai

pihisation jusqu'à la paralysie prolongée du muscle accommodateur. Les succès ainsi réalisés sonL rares et concernent exclusivement les cas de spasme persistant de l'accommodation. Hors de là, il ne faudrait pas trop y compter, outre qu'il en résulte pour le malade du trouble visuel.

Pour tout œil myope, le port de verres correcteurs constitue le moyen palliatif par excellence, à la condition que le choix en soit fait par le médecin. C'est qu'en effet les myopes livrés à eux-mêmes adoptent presque toujours des lunettes trop fortes, à cause de l'intervention fréquente de l'accommodation, allant parfois jusqu'à la crampe du muscle ciliaire.

De plus, la correction de l'astigmatisme leur échappe, ainsi que l'excès de convergence, ce qui les expose à l'asthénopie musculaire.

A cause de ces imperfections optiques et du rapetissement des images produit par les verres négatifs, bien des sujets se refusent à les porter lors du travail de près.

S'agit-il de myopes ayant moins de 4D,on devra toujours donner la préférence au verre concave le inoins fort. Pour les enfants, on aura à s'enquérir de la part qui peut revenir au spasme accommodatif et on en tiendra compte dans le choix <lu verre.

Javal, pour les jeunes écoliers ayant moins de 4 D, prescrit des verres convexes, leur permettant de lire sans accommoder à 25 centimètres de distance. Il affirme que, grâce à cet artifice, les jeunes myopes éloignent plus facilement le livre que sans verres et que pour voir au tableau, il leur suffit de regarder par-dessus les lunettes, le tout au profit de leur myopie qui cesse de progresser. Après un ou deux ans, il conseille de diminuer la force des verres convexes, de manière à reculer le remotum à 53 centimètres, distance que l'individu doit rigoureusement garder pendant le travail.

Dans la myopie faible, il autorise une face à main pour la lecture au tableau, mais non le port de pince-nez, qu'il réserve pour l'âge où la progression de la myopie est moins à craindre et où le sujet est assez raisonnable pour le quitter dès qu'il regarde de près.

L'écolier doit s'habituer à tenir la face porte-verres, de la main gauche ; il l'emploie pour regarder au tableau et rabat la main sur le papier dès qu'il écrit.

Pour cet auteur, la myopie moyenne, qui oscille entre 4 et 9 D, serait le résultat de l'usage permanent de verres concaves par des enfants atteints primitivement à un degré faible. Aussi a-t-il posé comme règle de prescrire des verres qui laissent subsister 5 et 4 D de réfraction statique, sauf à mettre à la disposition du sujet une face à main lui permettant de déchiffrer au tableau.

Dans la myopie forte supérieure à 9 D, les règles deviennent moins précises, car souvent, dit l'auteur, l'acuité visuelle, rendue défectueuse par des lésions de la choroïde et de la rétine, met l'individu dans l'impossibilité de déchiffrer à 25 centimètres de distance. Il conseille le port permanent de lunettes qui laissent subsister 6D de M., plus un pince-nez de 5D devant être superposé aux lunettes pour aller en société, faire de la musique, etc., sauf à le doubler en le pliant lorsque l'individu veut voir monoculairement au loin.

Étant donné que l'on constate souvent chez ces malades une décentration de la cornée avec une différence de plusieurs dioptries entre la réfraction centrale et celle périphérique, les verres très imparfaitement correcteurs qui n'améliorent guère l'acuité centrale sont acceptés plus volontiers que ceux entièrement correcteurs.

Il va sans dire que, dans tous les cas, l'As, et l'anisoniétropie doivent être corrigés par des lunettes portées en permanence. Quant aux verres supplémentaires sphériques, ils seront égaux. Pour certains cas spéciaux concernant l'équitalion, l'escrime, le violon, etc., on prescrira des verres incomplètement correcteurs, laissant subsister de 1 à 5D. Ce n'est que chez les adultes qu'on pourra donner en permanence des verres totalement correcteurs.

Nous avons tenu à reproduire les prescriptions de Javal telles qu'il les a exposées dans les Annales d'oculistique, 1885, et dans le volume dé ses Mémoires iVophtahnométrie (p. 124), publié en 1891. L'idée dominante de l'auteur est d'exclure le plus possible la contraction du muscle ciliaire qu'il envisage comme le facteur principal de la myopie. Le jour où cette pathogénie cesserait d'être admise, on conçoit que plusieurs des préceptes qu'il donne perdraient de leur valeur.

Une fois le verre correcteur choisi, on doit s'en rapporter dans une certaine mesure aux impressions du malade. Cela est surtout vrai pour les myopes forts qui, à cause du mauvais état de leur acuité visuelle, préfèrent souvent sacrifier la netteté des images à leur grandeur; d'autant mieux que, grâce à une habitude invétérée, ils appren- ' nent à neutraliser les cercles de diffusion à un degré inconnu à l'œil emmétrope et hypermétrope, munis d'un verre les rendant faiblement myopes.

Tant que le remotum oscille entre I mètre et 20 centimètres, en d'autres termes que la myopie est de 1 à 5 D au plus, il ne faut pas prescrire de verres pour la vision de près.

Dans les degrés plus élevés, l'individu ne pourra se servir longtemps de ses yeux, à cause de la fatigue de la convergence. Il devra donc prendre des verres concaves appropriés, à moins qu'il ne se résigne à la vision monoculaire. Dans ce cas, il s'établit souvent un strabisme externe qui finit par devenir permanent. Le port de verres est donc

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indispensable pour éviter la progression de la myopie, l'asthénopie musculaire et le strabisme.

Si, malgré cela, l'insuffisance de la convergence subsiste, on aura recours à l'adjonction de prismes horizontaux à base interne ou nasale. Cette combinaison a l'avantage de reculer le punctum proximum et d'exiger l'emploi de prismes moins forts. Cela est important, attendu que les prismes d'un numéro élevé ont l'inconvénient d'être lourds et d'iriser les objets sur les bords.

La correction d'un astigmatisme léger et conforme à la règle se fait en inclinant le verre concave dans la monture suivant le méridien le plus réfringent. Pour des degrés plus élevés et l'As, inverse, il faut y joindre un cylindre approprié.

ASTIGMATISME. AS.

On distingue au point de vue clinique deux espèces d'astigmatisme. La première comprend l'astigmatisme régulier tel que nous l'avons défini en optique; la seconde, l'astigmatisme irrégulier caractérisé par une réfraction inégale dans les dillérentes parties d'un même méridien.

Ce vice de réfraction, qu'il soit congénital ou non, apparaît de bonne heure et s'observe fréquemment sur plusieurs membres d'une même famille. Il acquiert son plus haut degré chez les hypermétropes.

Lorsqu'il est très prononcé, la correction par les cylindres laisse subsister un certain degré d'amblyopie que l'on s'explique par le défaut de netteté des images rétiniennes dès l'âge le plus tendre.

D'après G. Martin', l'astigmate présenterait deux ordres d'amblyopie : l'une totale, due au défaut d'usage de l'œil ou à des causes débilitantes générales ; l'autre partielle, en rapport avec le méridien le plus amétrope. La première s'améliore par le port de verres cylindriques appropriés, tandis que la seconde ne retire aucun profit de la correction. L'auteur explique ce fait par une anesthésie acquise limitée dans une partie de la rétine.

Une autre particularité sur laquelle il insiste, c'est que dans l'As, unilatéral ou inégalement réparti d'un cùté à l'autre, l'amblyopie serait plus prononcée que lors d'astigmatisme bilatéral. Cela dépendrait de l'inaction à laquelle est condamné l'œil le moins correct.

Les troubles visuels font défaut chez beaucoup d'astigmates faibles ou moyens. Les principales raisons sont les suivantes :

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