I. G. Martix, Bull. Acad. de Mcd., Paris
D'abord, les contractions correctrices du muscle ciliaire; opinion admise parles uns, rejetée par d'autres.
Les attitudes particulières de la tête;
La demi-occlusion des paupières qui fait que le méridien horizontal est utilisé sans nuire aux lignes -verticales.
Enfin, l'habitude qu'ont les astigmates de se servir des images de diffusion, à la condition de les agrandir. C'est pourquoi ils rapprochent les objets le plus possible, alors même qu'ils seraient hypermétropes.
Cette faculté de neutraliser les cercles de diffusion décroit généralement avec l'âge, par suite de la diminution progressive de l'amplitude accommodative et de l'intransparence des milieux.
Jusqu'ici, nous n'avons envisagé le muscle ciliaire que comme agent correcteur. Lorsque l'astigmatisme n'existe que d'un côté, ou qu'il est inégalement réparti à droite et à gauche, on voit survenir sur l'œil normal, d'après Martin1, un astigmatisme cristallinien par synergie à direction perpendiculaire. Il est dévoilé par l'examen subjectif et ne cède qu'à l'action de l'atropine. Rarement il dépasse 0,25 à 0,75 D et s'associe en général à l'As, cornéen inverse.
Les myopes astigmates et ceux atteints d'As, myopique simple se dispensent de verres correcteurs pour ne pas s'exposer à raccourcir leur parcours d'accommodation.
Par contre, les hypermétropes astigmates sur-corrigent volontiers leur méridien de moindre courbure au risque de développer ainsi un astigmatisme myopique.
Enfin, l'auteur termine son intéressant travail en signalant des cas d'As, spastique d'ordre cristallinien survenu sur des yeux faiblement amétropes ou môme emmétropes à la suite d'un traumatisme oculaire.
La contraction correctrice du muscle ciliaire dans l'As, compte, avons-nous dit, des contradicteurs. C'est ainsi que G. J. Bull'2, après s'être livré à des mensurations ophtalmométriques suivies de contrôle par les verres, a été conduit à mettre en doute le spasme partiel du muscle accommodateur. Sur 584 astigmates cornéens directs, concernant des adultes, l'examen fonctionnel a révélé |D en moins, outre que, chez 59 faiblement atteints, l'As, s'est transformé en inverse.
Dans une seconde catégorie, comprenant 70 As. cornéens inverses et 90 obliques, la différence ordinairement en plus équivalait à {D. Ces résultats n'ont pas varié chez 77 jeunes gens soumis à la double épreuve. Aussi Bull est porté à mettre la différence sur le compte d'une décentration du cristallin qui, d'après Tscherning, s'incline sur son axe vertical de 5 à 6 degrés.
1. Martin-, Bull, de l'Acatl. royale de Belgique, 1SS6, et Ann. d'ocul., t. XCVII.