Sulzeb, Arch. d'opht., 1892, p
qu'ici au cristallin capable de neutraliser ou d'accroitre l'astigmatisme cornéeri mérite confirmation. Tout ce que nous pouvons considérer comme acquis, au point de vue pratique, c'est que chez les vieillards, les myopes et les strabiques, l'As, manifeste ne diffère pas sensiblement de celui de la cornée, déterminé à l'ophtalmomètre de Javal et Schiotz. Par contre, chez les adultes et surtout chez les jeunes gens, l'As, manifeste est inférieur à celui de la cornée.
La correction de l'As, comporte le port de verres cylindriques bien orientés, que l'on combine, en cas de myopie ou d'hypermétropie, avec des verres sphériques de numéro voulu.
Comme il s'agit d'égaliser la différence de réfraction des deux méridiens perpendiculaires, on peut se servir indifféremment de cylindres concaves ou convexes à axe opposé.
Pour les astigmatismes moyens et faibles, il est préférable de prescrire les cylindres concaves. Un assortiment de cylindres moitié moins grand suffit alors au constructeur, outre que l'exécution en est plus exacte; si l'on a soin de placer le cylindre du côté de l'œil du malade, le verre combiné sera rendu périscopique.
Dans les degrés élevés d'astigmatisme hypermétropique, et particulièrement chez les opérés de cataracte, il est préférable de combiner le verre sphérique collectif à un cylindre convexe. Le verre combiné est rendu par là moins lourd et grossit davantage.
A l'article consacré plus particulièrement aux lunettes, nous insisterons sur l'avantage qu'il y a à substituer aux verres sphéro-cylindriques ceux toriques.
Si l'As, d'un œil amétrope est très faible de quelques fractions de D seulement, il suffit d'incliner légèrement les verres sphériques, convexes ou concaves, par rapport à l'axe de l'œil, pour arriver à la correction voulue. Souvent le malade y parvient de lui-même en tournant quelque peu la tête et en regardant latéralement à travers les lunettes.
Enfin l'astigmatisme physiologique, dont tous les yeux normaux sont à peu près entachés, et qui nous fait voir des rayons autour de toute source lumineuse, ne demande aucune correction.
La notation de l'astigmatisme est loin d'être partout uniforme. Pour plus de simplicité, Javal inscrit les chiffres relatifs à l'œil gauche à gauche, ceux appartenant à l'œil droit, à droite. Le premier chiffre indique l'inclinaison en degrés du méridien le plus amétrope. Le second, le numéro du cylindre, et le troisième, celui du verre sphérique. La division en degrés de la monture des verres varie suivant les pays. En France, celle généralement adoptée correspond à la marche de l'ophtalmomètre indiquant, de 15 en 15° sur la demi-circonférence inférieure, dont se compose la monture, l'inclinaison des différents méridiens. Le 0 correspond à l'une des extrémités du diamètre
ASTIGMATISME. — AS. 171
horizontal, le 180 à l'autre extrémité du même diamètre, avec le 90 placé au milieu.
Le sens de la graduation est supposé direct par rapport au malade. comme s'il s'agissait des aiguilles d'une montre. Dès lors, pour l'œil droit, le 0 se trouve du côté de la tempe, et pour le gauche du côté du nez.
Knapp' a proposé de placer sur la lunette d'essai le 0 en haut, et d'inscrire à droite et à gauche 15, 50, 45 et ainsi de suite jusqu'à 90, qui est répété aux deux extrémités du diamètre horizontal. Pour différencier le cadran temporal de celui nasal, il fait précéder le chiffre, correspondant à l'axe du cylindre, de la majuscule T ou N.
Si l'on part du fait que, dans la généralité des cas, les méridiens des verres correcteurs sont disposés symétriquement chez le même sujet, il y aurait avantage, lorsque surtout on donne pour la détermination de l'astigmatisme la préférence à la skioposcopie, de placer par rapport à l'observateur les deux 0 du côté des tempes, le 90 au milieu et les 180 vers le nez. De la sorte, la symétricité ou l'asymétricité des axes des cylindres devient de suite évidente et n'exige aucun calcul.
Quelle que soit la notation adoptée, il est nécessaire, pour éviter toute confusion de la part de l'opticien, d'établir au préalable si l'inscription des chiffres sur la monture est supposée directe, telle qu'elle serait lue par l'observateur, ou renversée, autrement dit placée en arrière du côté de l'œil du malade. Pour notre compte, nous préférons la première manière.
Landolt, en vue d'éviter toute erreur, trace sur la feuille de prescriptions deux lignes verticales parallèles, surmontées chacune d'un 0. Celle de gauche correspond à l'œil gauche du malade, celle de droite à son œil droit. Adoptant la graduation avec le 0 en haut et au milieu, le 90 en double aux deux extrémités opposées du méridien horizontal, il indique sur la prescription le sens à donner à l'axe du cylindre choisi, par un trait oblique coupant chacune des lignes verticales, et il inscrit dans le sinus de l'angle supérieur le chiffre de l'inclinaison. Cette façon de procéder met à l'abri de toute confusion, surtout si l'on fait usage de la détermination de l'As, par la méthode subjective.
D'après Dor2, la ténotomie pratiquée sur des yeux strabiques astigmates conformes à la règle, principalement ceux hypermétropes, a pour effet de diminuer le degré de l'astigmatisme. C'est sans doute ainsi qu'il faut expliquer l'amélioration de la vue obtenue par Bonnet, dans un cas que nous avons cité à propos de ce que l'on désignait à son époque, sous le nom de kopiopie, et où il s'agissait probablement d'astigmatisme hypermétropique.