‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 81 sur 547 · Pflugek, Klin. MbL, 1893, p · texte numérisé non relu

Pflugek, Klin. MbL, 1893, p

Pour protéger simplement les yeux contre les éclats de pierres, de métaux, de minerais et contre tous les corps étrangers en général, les lunettes dites mistraliennes avec grillage au lieu de verres peuvent tenir lieu de coquilles.

Les montures ne sont pas indifférentes. Pour les lunettes elles se composent de trois parties : les yeux, le net- et les branches. La forme de la première est généralement ellipsoïde à grand axe horizontal.

Le nez- ou pont doit être contourné de façon à pouvoir s'adapter exactement et assurer la hauteur convenable des verres. On le choisira solide, vu qu'il a de la tendance à se tordre.

Celui simple à courbure inférieure dit chinois (fig. 76) convient le mieux aux différentes conformations du nez. Pour préserver la peau on l'arrondit et on le prend suffisamment large. Le pont en x (fig. 77) doit être préféré pour les lunettes à retournement. Si l'individu a un nez très déprimé, on prescrit le pont dit indien.

Les branches sont destinées à prendre un point d'appui du côté

de la tète. Elles sont simples, ou articulées à leur milieu. Les premières sont droites ou recourbées en crochet pour embrasser la convexité du pavillon de l'oreille. On en fait en corde métallique d'une grande souplesse. Ce système est appelé branches cordes.

Les branches articulées n'offrent pas grand avantage, outre qu'elles sont très incommodes pour la femme à cause de la coiffure.

On se sert couramment des montures en acier souple faisant ressort. Leur seul inconvénient est de se rouiller et à ce point de vue elles doivent céder le pas à celles en alliage d'or. L'écaillé est fragile, mais à cause de sa légèreté certaines personnes la préfèrent.

Les pince-nez- réduits au cadre des verres et au pont sont commodes, moins disgracieux que les lunettes et par cela même d'un emploi très répandu. Leur inconvénient est de pencher en avant et. de rendre les verres obliques par rapport à la ligne visuelle ; de plus il arrive souvent que ces derniers frottent contre les cils. On a cherché à parer à ces défauts par diverses plaques en écaille avec ou sans dents ajou-

tées aux deux extrémités du pont. Toujours est-il que ce dernier doil jouir d'une élasticité suffisante pour presser comme un ressort sur les côtés du nez. Ici encore il faut avoir soin d'assurer l'écartemenl voulu des verres d'après l'étendue de la ligne de hase.

Les difficultés deviennent plus grandes lorsqu'il s'agit d'orienter d'une façon fixe l'axe des verres cylindriques. En pareil cas, il faut

recourir au pince-nez- Motais, ou à celui de la Société des lunetiers dont le pont est formé de deux barres horizontales qui glissent l'une sur l'autre à l'aide d'un ressort à boudin (fig. 78).

Pour les écoliers, les peintres et en général les personnes qui ont besoin de regarder alternativement avec les yeux et les verres, on doil

conseiller de préférence les lunettes demi-lune en tournant la partie ovale en haut chez les sujets myopes, en bas chez les hypermétropes et les presbytes.

Le problème devient plus complexe lorsque l'individu est à la fois myope et presbyte. Franklin le premier eut l'idée de construire à son usage des lunettes répondant à ce double but.

Pour cela, on adapte sur la môme monture deux { verres de signe -+en bas et — en haut, ayant chacun le centre optique en son milieu. De plus on incline le verre inférieur positif de 45° environ, de façon que dans le regard de près la ligne visuelle lui soit perpendiculaire. L'angle de réunion saillant en avant doit correspondre horizontalement au bord inférieur de la pupille quand les yeux regardent au loin.

Les verres à la Franklin ont l'inconvénient d'être disgracieux et de permettre aux poussières de pénétrer dans la couche de baume de Canada qui relie les deux demi-verres. Pour y obvier on leur a substitué des verres dits à double foyer (fig. 80). Le seul reproche dont ils sont passibles, c'est que la ligne de démarcation ayant la forme d'un

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