SENS LUMINEUX
Chacun sait qu'à mesure que la lumière décroit, l'acuité visuelle baisse et que pour s'adapter au nouveau milieu un certain temps est nécessaire. On comprend donc que pour toute photoméhïe sérieuse, il faille user d'un même degré d'éclairage.
De plus, un autre élément intervient, la fatigue de la rétine, qui diminue rapidement la sensibilité à la lumière. Par contre, le séjour dans un lieu obscur l'exalte, à preuve l'éblouissement qu'on éprouve lorsqu'on passe vivement d'un endroit obscur dans un autre fortement
éclairé. D'après cela, on conçoit combien est délicat le maniement des photoptomètres, dont le type est celui de Forster. Il se compose d'une boite de 52 centimètres de long, 21 de large et 16 de hauteur, noircie à sa face interne et fixée sur un pied mobile. A l'une des extrémités sont percés deux trous destinés aux deux yeux, plus une ouverture de 5 centimètres carrés recouverte d'une feuille de papier blanc pour laisser passer la lumière d'une bougie enfermée dans une cheminée faisant partie de l'appareil.
L'ouverture éclairante de forme losangique peut être augmentée ou diminuée à l'aide d'un écrou. On en mesure la grandeur au moyen de deux règles graduées qui se meuvent avec les deux parties du diaphragme. L'étendue de la surface éclairée varie de la sorte de 1 à 1500 millimètres carrés.
Sur la paroi opposée, on place soit un carton portant des traits noirs sur fond blanc, soit une surface dont une moitié est noire et l'autre blanche.
L'individu à explorer doit séjourner 5 à 10 minutes au moins dans une pièce entièrement obscure, puis on le fait regarder dans l'appareil et l'on ouvre progressivement l'orifice jusqu'à ce qu'il distingue nettement le diagramme placé au fond de la boîte. S'il possède un sens lumineux normal, il n'a besoin que de 2 millimètres d'ouverture pour apercevoir un carton moitié blanc et moitié noir. S'il lui faut 20 millimètres, c'est que son acuité lumineuse n'est plus que de -^.
A. Charpentier de Nancy a construit un photoptomètre différentiel. Il procède dans ses recherches d'après la méthode du minimum perceptible. C'est sur le même principe qu'est fondé celui de Parinaud1.
Un mode d'investigation tout différent est basé sur l'évaluation comparative des degrés de clarté. A cet effet Maxwell, Masson et d'autres ont proposé des disques rotatifs noirs et blancs dont le mélange produit divers tons gris. Sur un disque blanc, Masson trace du centre à la circonférence une bande noire interrompue par des espaces clairs équidistants. Lorsque l'appareil rotateur est mis en action, on dislingue sur le disque autant de cercles gris progressivement saturés qu'il y a de parties noires. Il suffit de demander à l'individu exploré combien il aperçoit de cercles de mélange, pour s'assurer de son acuité lumineuse.
Mais pour que les résultats soient exacts et comparables, il faut user toujours du même degré d'éclairage et placer le malade à une distance invariable.
En clinique, c'est la photoptométrie différentielle qui constitue le procédé pratique. A cet effet, on se sert de pancartes murales sur les-