Klin. M. B
des douleurs violentes, tant oculaires que péri-orbitaires, avec des exacerbations nocturnes, suivies de larmoiement et accompagnées de photopbobie intense. Après quelques heures, l'accès disparait pour se renouveler un certain nombre de fois. Le point éraflé devient alors le siège d'une vésicule solitaire et irrégulière.
Celle-ci s'ouvre spontanément et laisse une excoriation exubérante, entourée sur les bords de fins lambeaux que l'on peut aisément saisir et enlever avec des pinces. Une injection ciliaire vive complique cet état. On constate en même temps de l'hyperesthésie de la cornée, tandis que le tonus de l'œil ne subit aucun changement.
Tous ces caractères réunis distinguent nettement ce genre de kératite traumatique de l'herpès spontané.
Sauf dans les cas d'hypopyon transitoire, l'affection se prolonge rarement au delà de quelques jours ; mais il y a toujours à craindre des rechutes fréquentes et des douleurs ciliaires, revêtant la forme de la névralgie trifaciale.
On trouve une très bonne description de cette variété de kératite dans la communication de Hansen-Grut au congrès de Copenhague en 1884. Cet auteur insiste sur les douleurs névralgiques survenant principalement le matin au réveil. Chaque attaque débute par l'apparition d'une bulle au niveau du point excorié, et la durée de l'affection est longue. Comme traitement, il conseille l'excision de la vésicule et le collyre d'atropine. Six fois, il a constaté une kératite huileuse consensuelle sur l'œil congénère.
Pour RansohofP et Decker2 Therpès cornéen récidivant se lierait parfois à des troubles menstruels. Le premier auteur cite l'exemple d'une jeune lille de 17 ans chez laquelle, à chaque époque, il se faisait sur les deux cornées des poussées de phlyclènes avec nébulosités; le tout disparaissait 5 à 6 jours plus tard.
Decker relate deux cas analogues et invoque comme cause une affection de la pituitaire. En traitant la lésion nasale, il parvint à guérir la kératite.
Dans une dernière classe, nous devons mentionner diverses formes groupées sous le nom vague de kératites idiopathiques. Ce qui les caractérise surtout, c'est leur grande tendance à récidiver.
On peut rattacher à cette catégorie la kératite ponctuée de Fuchs3, celles maculaire de Reuss4, subépithéliale d'Adler5 et finalement la nodulense de Fœrster et Grœnouw0.