‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 133 sur 146 · SPASME DE L'ACCOMMODATION (MÏOSIS · texte numérisé non relu

SPASME DE L'ACCOMMODATION (MÏOSIS

SPASME DE l'accommodation.

Comme il est facile de le prévoir, ]a contracture du muscle ciliaire a pour résultat d^augmenter la courbure du cristallin et par suite la puissance réfringente de l'œil.

Ce spasme se rencontre fréquemment avec les anomalies de la réfraction, hypermétropie et myopie. Chez les hypermétropes, il survient à la suite des efforts incessants et prolongés auxquels est soumise Taccommodation ; il compense une partie de Thyper* métropie et la rend latente, ce qui est un avantage. Mais, par contre, il a l'inconvénient de jeter la perturbation dans la vision de près : dès que le malade veut lire ou travailler, il éprouve des symptômes qui rappellent ceux de l'asthénopie accommodative, mais qui en diffèrent par ce caractère essentiel, qu'ils ne sont pas modifiés d'une façon favorable par les verres ponvexes.

En effet, dans ces cas, le jeu du muscle ciliaire est tellement irrégulier, que la correction au moyen des verres donne les résultats les plus disparates et les plus inattendus. Tantôt les verres convexes améliorent la vision à une certaine distance ; puis, l'objet fixé venant à changer de place, ce sont les verres concaves qui sont préférés ; en un mot, il y a une irrégularité des plus singulières. De Grœfe a rapporté robser\'ation d*un malade chez lequel ces symptômes bizarres existaient à un tel degré quB leur interprétation lui parut impossible; il s'agissait probablement d'un spasme de l'accommodation.

L'explication de ces faits devient pourtant fort simple si Ton songe que l'état de la réfraction de l'œil varie selon que le muscle ciKaire vient à se relâcher ou à se contracter davantage et que, par suite, l'effet des verres correcteurs doit varier aussi dans les mêmes proportions.

Aussi, en pareil cas, le meilleur moyen d'arriver à un diagnostic précis et de ne laisser subsister aucun doute, consiste à instiller pendant quelques jours une solution d'atropine à dose assez forte, de façon à paralyser complètement le muscle ciliaire. On fait disparaître ainsi tous les symptômes d'asthénopie, et grâce à des verres convexes appropriés, suppléant à l'accommodation paralysée, le travail de près peut s'effectuer sans fatigue.

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