‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 134 sur 146 · SPASME DE L'ACCOMMODATION · texte numérisé non relu

SPASME DE L'ACCOMMODATION

Le spasme de l'accommodation est également une complication fréquente dans la myopie ; ce sujet a déjà été traité longuement, nous n*y reviendrons pas ici.

La contraction spasmodique du muscle ciliaire existe presque constamment à la suite des traumatùmes; mais elle est habituellement passagère et passe souvent inaperçue. Dans les contusions du globe oculaire, les lésions superficielles de la cornée, piqûres, déchirures, implantations de corps étrangers, nous Tavons presque toujours rencontrée ; elle contribue souvent plus que la lésion cornéenne, parfois insignifiante en pareil cas, à augmenter le trouble vbuel. Dans la plupart des traumatismes, en effet, on pourra con* stater, pendant les trois ou quatre premiers jours qui suivent Taccident, une amélioration sensible de la vision par les verres concaves, tandis que sur Tœil sain les mêmes verres font diminuer Tacuité visuelle.

La calabarine ou énérine^ extrait de la fève de Galabar, jouit de la propriété remarquable de provoquer la contraction du muscle

ciliaire. Quelques gouttes d*une solution au ^^^ produisant au

luOO

bout d'une demi-heure environ un rétrécissement considérable de la pupille ; en même temps la réfraction et Tamplitude d'accommo* dation se modifiant, le punctum remotum et le punctum proximum se rapprochent de Toeil. En outre, il survient une douleur péricoméenne assez vive, indice de la contraction exagérée du muscle ciliaire. Le champ visuel se rétrécit et paraît moins éclairé, phénomène dû à Tétroitesse de la pupille, qui s'oppose à l'arrivée d'une grande quantité de lumière dans l'œil.

Les symptômes objectifs dus au spasme de l'accommodation sont toujours peu marqués ; ils seraient rarement suffisants pour ét€d)lir le diagnostic, s'ils n'étaient associés aux troubles fonctionnels. Nous devons pourtant signaler le rétrécissement de l'ouverture pupillaire, connu sous le nom de myosiSy qui se produit fréquem* ment ; mais il ne faut pas oublier, conune nous le verrons tout à l'heure, que ce dernier symptôme peut exister à un haut degré bien que le muscle ciliaire soit à l'état normal.

En raison de la courbure exagérée du cristallin, la chambre antérieure paraît moins profonde ; mais il existe, à cet égard, de si nombreuses variétés physiologiques, que ce signe n'a qu'une valeur médiocre.

Les troubles fonctionnels^ bien que variant encore suivant l'état de la réfraction, sont plus caractéristiques. Chez l'emmétrope, la vision à distance, nette auparavant, devient confuse, et s'améliore

avec les verres concaves. Par contre, do près, la lecture est possible à une distance très-rapprochée, mais elle est généralement pénible, accompagnée de souffrances, la moindre contraction du muscle ciliaire déjà tétanisé devenant douloureuse. Les malades accusent quelquefois de la macropsie, les objets vus avec l'œil lésé leur paraissent plus grands que s'ils les regardent avec rœil sain. La cause de ce phénomène a été donnée par Donders. Elle e^ analogue à celle que nous avons invoquée pour expliquer k micropsie dans la paralysie de l'accommodation, mais ici c'est le phénomène inverse qui a lieu. Quand le malade vient a fixer un objet rapproché avec TobU dont le muscle est contracture, il fait nécessairement un effort d'accommodation moindre que si son muscle ciliaire était relâché. Or, comme la notion de la distance dépend de l'effort d'accommodation nécessaire ponr voir nettement, il juge l'objet plus éloigné qu'il ne Test en réalité, et comme les dimensions de l'image rétinienne ne cban* gent pas il le croit plus grand.

MTOSIS.

Le rétrécissement de Touverture pupillaire a reçu le nom de myosis» Ce phénomène se présente tantôt isolément, tantôt simultanément avec la contracture du muscle ciliaire. Il peut être dû à deux causes différentes; ou bien à une paralysie des fibres radiées de l'iriS) qui ne font plus équilibre à l'action de son sphincter; oo bien à la contraction des fibres circulaires de la pnpille. Enfin, la paralysie des fibres radiées et la contracture des fibres circulaires peuvent exister en même temps et le rétrécissement de la pupille se trouve alors porté à son maximum.

Le myosis symptomatique de la paralysie des fibres radiées s ob serve quand le grand sympathique est comprimé dans la région cervicale par des tumeurs ganglionnaires ou par des productions d'autre nature.

Le rétrécissement de la pupille déterminé par la contracture dd sphincter de l'iris €u;compagne d'ordinaire le spasme de lacoommodatioUi

Enfin, le myosis existe fréquemment dans les maladies de la moelle et de l'encéphale ; il se présente alors avec des caractères spéciaux qui lui assignent une haute valeur clinique pour le diagnostic de ces diverses affections. Envisagé à ce point de vue, cf symptôme vient d'être l'objet d'une étude importante de la part

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