TRAITEMENT
Gomme nous Tavons déjà dit plus haut, de toutes les théories mises en avant pour expliquer le nystagmus, la plus rationnelle, la plus conforme aux données de la clinique est celle de Arlt, suivant laquelle les oscillations des yeux se produiraient dans Tintérêt de la vision. En conséquence, on devra, avant tout autre traitement, chercher autant que possible à améliorer Tacuïté visuelle. S'il existe une anomalie de la réfraction, hypermétropie ou astigmatisme, elle devra .être corrigée par des verres appropriés. A-t-on affaire à des leucomes, à des cataractes incomplètes, la création d'une pupille artificielle, ou l'extraction du cristallin pourra donner de bons résultats. J'ai eu récemment l'occasion de pratiquer chez une petite fille de huit ans, atteinte de cataractes zonulaires et de nystagmus, une double pupille artificielle; aussitôt que la vision a été sensiblement améliorée, le nystagmus a notablement diminué.
En dehors de ce moyen^ qui ne peut s'appliquer qu'à des cas spéciaux, le seul traitement qui donne quelques résultats dans le nystagmus, est celui qui a été préconisé par Bœhm, nous voulons parler de la section des muscles de l'œil. Cette opération ne donne même d'amélioration réelle que lorsqu'elle répond à certaines indications particulières. Elle convient d'abord pour le nystagmus accompagné de strabisme; dans un nystagmus avec strabisme convergent, par exemple, il est indiqué de rétablir le parallélisme des axes optiques.
La ténotomie doit encore être faite dans les cas où il existe une position d'élection parfaitement déterminée, dans laquelle les oscillations des globes oculaires présentent un maximum d'amplitude. La section sera alors pratiquée de fa(}on à favoriser le déplacement des globes oculaires dans le sens où le nystagmus est le plus marqué.
Supposons, par exemple, que les oscillations s'arrêtent dès que les yeux sont maintenus en convergence, et se reproduisent au
contraire dès que, l'objet étant éloigné, les muscles droits externe? entrent en fonction ; dans ce cas il est évidemment Indiqué de favoriser les mouvements d'abduction qui s'accomplissent irrégulièrement par suite de Tinsufflsance des droits externes. Dans ce but, on fera la ténotomie des muscles droits internes, en ayant soin toutefois de ne pas dépasser la mesure, et de mettre simplement lef mouvements d'adduction en harmonie avec ceux d'abduction.
Dans le cas où le nystagmus se produirait quand le regard so dirige à droite ou à gauche, il faudrait sectionner les tendons des muscles qui s'opposent au libre jeu du globe oculaire dans ia direction où se font les saccades. Ainsi, si le nystagmus disparaît quand le malade regarde vers la gauche et apparaît quand il regarde à droite. Il faut sectionner le muscle droit interne de l'œil gauche et le droit externe de l'œil droit.
Les spasmes essentiels des muscles de l'œil, si l'on en excepte le spasme du releveur de la paupière supérieure signalé par de Greefe dans la maladie de Basedow, sont extrêmement rares; c'est à peine si dans la littérature ophthalmologique contemporaine on en trouve quelques exemples rapportés par Alfred Grœfe et Stilling. Aussi les symptômes qui ont été assignés au spasme d'un dej? muscles de l'œ^il sont-ils peut-être plus théoriques que réellement cliniques.
Quoi qu'il en soit, la plupart des auteurs classiques établissent de la façon suivante le diagnostic différentiel entre le spasme dun muscle de l'œil et la rétraction secondaire de l'antagoniste du muscle paralysé. Dans les spasmes musculaires, la déviation de l'œil et l'écartement des images, apprécié comme il a été indiqué précédemment, augmentent quand l'œil se dirige du côté où le muscle contracture a le plus d'action. Dans la simple rétraction musculaire, au contraire, où le raccourcissement du muscle affecté est permanent, la déviation et l'écartement des images restent les mêmes dans toutes les directions du regard. De plus, les spasmes des muscles de l'œil s'accompagnent habituellement de douleurs névralgiques péri-orbitaires et de contracture de Torbiculaire.
Les spasmes passagers des muscles de l'œil ne sont pas très-rares dans l'enfance, où ils apparaissent pendant les convulsions au
Ime titre et dans les mêmes conditions que les contractures des muscles de l'économie.
Nous avons longuement insisté sur la valeur séméiologique que peuvent avoir ces contractures des muscles des yeux associées à celles des membres, pour la localisation du processus dans les méningo encéphalites.
Prévost (1) a appelé l'attention sur un symptôme important qui survient fréquemment en même temps que Thémiplégie occasionée par des hémorrhagies ou des ramollissements du cerveau. Nous voulons parler de la déviation conjuguée et de la rotation de la tète, qui se font du côté opposé à Thémiplégie, et par conséquent du côté de la lésion cérébrale. La déviation des yeux se produit sous rinfluence d'une contracture de deux muscles associés ; ainsi, si les deux yeux sont déviés vers la gauche, la lésion cérébrale siégeant à gauche, le muscle droit externe de l'œil gauche et droit interne de l'œil droit sont contractures. Le malade ne peut ramener les lignes visuelles devant lui, en même temps il existe quelquefois de véritables contractions cloniques saccadées, du nystagmus, ainsi que nous Tavons déjà indiqué à propos de cette dernière affection.
(1) De la déviation conjuguée des yeux et de ta rotation de la tête, etc., Prévost, Thèse de Paris, 1868.
ériOLOGlE ET PATHOGÉNIE ; — VARIÉTéS : STRABISME MONOLATKRAL, ALTERNANT, PÉRIODIQUE OU INTERMITTENT. — STRABISME PAUX. — VISION DES STRABIQUES. — TRAITEMENT DU STRABISME. — VERRES CORRECTEURS. — EXERCICES STÉRÉO. SCOPIQUKS. — • TÉNOTOMIK. — AVANCEMENT MUSCULAIRE.