‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 14 sur 146 · INFLUENCE DES AFFECTIONS CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES AFFECTIONS CÉRÉBRALES

Manz (4), dans ses récentes recherches sur ce sujet, a trouvé parfois un trouble léger superficiel diffus et nuageux masquant le pourtour du disque optique. Cette altération de la papille est fugace^ plus intense à certains moments qu'à d'autres ; elle se montre et disparidt quelquefois dans la même journée.

Quant à la dilatation et à l'aspect sinueux des veines, ils sont à peine plus sensibles qu'à Tétat normal. Le pouls veineux manque presque constamment.

À. quelle cause attribuer cet aspect du fond de l'œil? Est-ce une exsudation consécutive à la fluxion artérielle ? Est-ce le résultat de la stase veineuse, ou bien s'agit-il dune accumulation de liquide entre les deux gaines des nerfs optiques?

Sans vouloir trancher la question d'une façon absolue, Mans dit avoir souvent trouvé sur le cadavre, dans les cas de méningite et d'encéphalite, une hydropisie considérable de l'espace vaginal des nerfe optiques. Etait-ce le résultat d'une hypersécrétion intra-crânienne ayant fusé entre les deux gaines du nerf, ou bien simplement d'une rétention du liquide qui circule à l'état normal dans cette région? C'est ce qu'il est difficile d'établir d'une façon certaine. Il est également incontestable (les preuves en ont été fournies ptr des autopsies) que quelquefois des processus inflammatoires développés à la base du crâne peuvent se propager le long des nerfs optiques jusqu'à la papille. L'apparition de cette névrite optiftie 4e$eenéantey ajoutée aux autres symptômes, permettra d'afflmer alors le diagnostic de méningo-encéphalite.

Les tumeurê cérébrales s'accompagnent fréquemment, presque toujours, d'après certains auteurs, d'un gonflement inflammatoire, d'un boursouflement de la papille.

Les kémorrkagiesy les ramoUtssemenU du cerveau, la méningomcépkaiùe chronique de la paralysie générale donnent le plus souvent naissance à des atrophies des nerfs optiques, tout à fait andagnes à l'atrophie simple. Aussi, en pareil cas, l'examen de la papille n'a pas grande valeur au point de vue du dietgnostic de raffèciion principale.

Il en est de même pour les lésions médullaires, myélites^ tabès (bfMilM, Êciérose en plaques. Le retentissement de ces maladies sur les nerfs optiques y détermine les lésions de l'atrophie ; mais l'ophthalmoscope n'a pu révéler encore aucun caractère spécial qui permît de les différencier soit les unes des autres, soit de Tatrophie simple.

il) KlmiKhe Monaishlàtter fur Augenheilkundej 1874; p. 447.

Panas a présenté récemment à T Académie de médecine (i) le résultat de ses recherches sur les troubles circulatoires dans les lésions iraumatiques du cerveau. Ce travail est basé sur un en* semble de sept observations. Cinq d'entre elles se rapportent à dès cas graves de contusion et même d'attrition de la substance cérébrale compliquant des fractures plus ou moins étendues da crâne et suivies de mort, du troisième au quatrième jour ; une sixième est relative à une fracture plus ou moins étendue du crâne, la septième, enfin, à une commotion passagère du cerveau.

Dans quatre de ces observations, le diagnostic déduit de l'examen ophthalmoscopique a été vérifié par Tautopsie; pourtant, dans Tune des trois autres observations, on voit que, malgré la présence d'une fracture étendue de la base du crâne, d'une compression du cerveau devenue promptement mortelle, les phéno« mènes de stase papillaire ont fait complètement défaut. Aussi Panas formule-t-il les conclusions suivantes :

i" La stase de la papille se montre souvent à la suite de diverses lésions traumatiques de Tencéphale (commotions, contusions, blés* sures, fractures du crâne) ;

2* La stase en question ne s'accompagne pas toujours de troubles visuels. Aussi doit-on examiner le fond de l'œil de tous les individus blessés à la tête, qu'ils accusent ou non une diminution de leur acuTté visuelle ;

3^ D'après les autopsies, cette stase semble dépendre, comme le veut Schwalbe, de l'infiltration du sang ou de sérosité dans la gaine du nerf optique, et non de la lésion cérébrale elle* même;

4^ Cette stase ne peut être considérée comme se rattachant à telle variété de traumatisme du cerveau plutôt qu'à telle autre, pas plus qu'il n'est permis de juger d'après elle la gravité de la lésion ;

5<* Tout ce qu'on peut affirmer dans l'état actuel de nos connaissances, c'est que la stase papillaire indique la présence d'un liquide épanché dans les méninges.

(1) Bttliettfif de V Académie de mééecinê, 22 février 1876.

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