‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 22 sur 146 · ATROPHIE TABÉTIQUE DU NERF OPTIQUE · texte numérisé non relu

ATROPHIE TABÉTIQUE DU NERF OPTIQUE

iBOore aucun trouble atftxique est le plus souvent prise pour une

iftropbie simple. Voici ce que dit à ce sujet le professeur Char*

oot(l).

« En ce qui concerne, tout d'abord, l'existence isolée de Tamau-

rose tabétique durant une longue suite d'années, c'est là un fait

dont la réalité peut être facilement établie à la Salpôtrièro à l'aide

d'observations faites sur une grande échelle. Je crois pouvoir dé-

direr que la graflde majorité des femmes qui sont admises dans les

dortoirs, comme atteintes de cécité amaurotique, offrent tôt ou

tard, après leur entrée dans l'établissement, des symptômes plus ou

moins manifestes d'ataxie. J'ai insisté sur ce point déjà, dans mes

leçons de 1868 ; mes observations ultérieures me permettent de

confirmer ce que j'avais alors avancé à cet égard. Je pourrais vous

pésenter, à l'appui de mes assertions, des faits nombreux ; je me

contente de faire passer sous vos yeux deux exemples, d'ailleurs

M*>démon8tratif8 :

«1* Mil couchée au n° 12 de la salle Saint-Alexandre, est ftgéo

de cinquante-cinq ans. Elle est entrée à la Salpétrière, conune ivwigle, en 1855. Les troubles de la vue accompagnés de douleurs de tète ont paru en 1850. D'€d)ord limités à l'œil gauche, ils ne tardéient pas à envahir l'œil droit. Au bout d'un an, la cécité était complète. Or, c'est en 1860 seulement, c'est-à-dire dix ans après le débat, que les douleurs fulgurantes se sont manifestées pour la première fois. Biles se sont bientôt compliquées de douleurs en ceinture ; la maladie depuis ce temps est restée à peu près statamairo. Les symptômes d'incoordination motrice ont cependant conmenoé à s'accuser il y a quelques mois.

•S* Goud..., placée dans le dortoir Saint-4]harles, est également âgée de oinquant^-cinq ans environ. A vingt^ix ans, il y a vingt-neuf IBS de cela, elle éprouva des élancements violents dans Torbite, et bt, peu après, frappée de cécité à gauche. Peu après la cécité bippa l'œU droit. Trois ans plus tard, elle fut prise do douleurs Ugurantes dans la tète et les muscles, auxquelles s'associèrent des gastrites. Depuis lors, la maladie n'a pas subi d'aggravation.

«Ces faits, je pourrais, messieurs, les multiplier beaucoup, si je fieeraignait de fatiguer votre attention.

«En somme Je suis très-disposé à croire, d'après ce que j'ai vu,

qoeles amaurotiques chez lesquels l'atrophie progressive de la pa^

piUe est la cause de la cécité, n'échappent guère à cette loi fatale.

« n importerait donc de pouvoir reconnaître pour ce qu'elle est

'i) Mamftmmt médkat, n» 20; 1872.

dès Torigine, cette affection du nerf optique qui, dix, quinze am après s'être constituée, sera suivie d^ataxie ; de pouvoir, en d*aatrei termes, un cas d'amaurose par lésions atrophiques du nerf optique étant donné, déclarer si Tataxie s*ensuivra tôt ou tard, d'une façon à peu près inévitable, ou si, au contraire, raffection di nerf optique demeurera isolée. »

Dans certains cas, la perte de la vision coïncide avec d'autni symptômes, tels que les douleurs fulgurantes, riiTcoordination dei mouvements, qui no laissent aucun doute sur son origine.

Chez quelques malades des cordons nerveux autres que ceux de la deuxième paire sont atteints en même temps que la moelle : ce sont, par ordre de fréquence, les nerfs de la troisième et la sixàmt pairey puis, mais très-rarement, le pathétique^ le facial, Vhypoglom; leurs lésions se traduisent par des paralysies et par des douleiiif dans les régions qu'ils animent. C'est ainsi que très-souvent, en pareil cas, l'atrophie des nerfs optiques est précédée ou accompagnée de la divergence des globes oculaires résultant de la pa* ralysie des moteurs oculaires communs.

Dans l'atrophie des nerfs optiques associée à Tataxie, il est commun d'observer une contraction des pupilles, qui est due à un itit paralytique des fibres radiées de l'iris innervées par le sympathique. D'après Charcot l'état des vaso-moteurs de la face attesta quelquefois la lésion de ce nerf : la joue est rouge; l'œil, injecté, présente une sorte de chémosis; enfin, il existe une légère éléntion de la température.

Dans l'atrophie tabétiqueia papille, tout en étant décolorée, conserve des contours très-nets ; son système vasculaire est intafit Tandis que dans l'atrophie qui succède aux névrites symptomatiques des tumeurs cérébrales, les bords de la papille sont diftas, les artères sont amincies, les veines plus dilatées, plus tortueuses qu'à l'état normal. Ces caractères différentiels sont importants à connaître, car dans les formes anormales de l'ataxie locomotrice ils peuvent être d'un utile secours pour le diagnostic. Nous ne sanrions mieux faire, à ce sujet, que de laisser encore la parole an professeur Charcot (I) :

<( Tout récemment, nous avions dans nos salles, presque côte à côte, deux malades : l'une, Deg...., que je vous ai fait voir comme un spécimen d'ataxie fruste avec crises fulgurantes et crises gas^ triques non accompagnées d'incoordination motrice ; l'autre, Ler...i qui a succombé il y a quelques jours. La première est un'

(1) Moutenmt médical, n« 24, 1872.

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