‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 23 sur 146 · ATROPHIE TABÉTIQUE DU NERF OPTIQUE · texte numérisé non relu

ATROPHIE TABÉTIQUE DU NERF OPTIQUE

ataxique, et personne ne saurait suspecter ce diagnostic, bien que le critérium anatomique fasse défaut; la seconde était atteinte d une tumeur cérébrale.

c Mais, me direz-vous, quel rapport y a-t-il entre une tumeur occupant le lobe occipital et un cas d'ataxie à la première période. Ce sont deux maladies qu'on ne rapproche pas d'habitude Tune de Tautre, parce qu'elles s'éloignent par des caractères très-tranchés. Eh bien, messieurs, il importe de ne pas trop compter sur ces caractères, ils peuvent tromper. Et, de fait, la combinaison des symptômes était telle chez nos deux malades, que la perplexité pendant longtemps a été giande et le diagnostic absolument incertain. U n'est pas douteux, pour moi, que certains cas de tumeurs cérébrales, sans nul doute fort exceptionnels, doivent être rapprochés, cliniquement, de Tataxie locomotrice.

c L'exposition des deux cas que je viens de citer sera, du reste, plus démonstrative que ne le seraient de longs commentaires.

« La nommée Deg.... ofTre les symptômes suivants : céphalalgie intense rémittente siégeant à l'occiput et au front, douleurs dans les globes oculaires, cécité absolue des deux côtés ; douleurs à la nuque à peu près constantes, paraissant se répandre dans toute la longueur d'un bras, vomissements revenant par accès, composant de Téritables crises gastriques et s' accompagnant d'une exaspération des douleurs céphaliques; enfin, fulgurations douloureuses dans tous les membres, revenant par accès.

« Les symptômes observés chez Ler.... exigent plus de détails : Nous noterons une cécité complète sui*venue progressivement (le début subit, dans la névrite optique, vous le voyez, n'est pas nécessaire) ; une céphalalgie intense occupant l'occiput et le front;

elle est à peu près continue, mais s*exaspère par accès ; des douleurs vives dans les yeux, sujettes à des temps d'arrêt et à des exacerbations ; des vomissements se montrant par accès, de même que chez Deg..., et persistant quelquefois pendant quelques jours; enfin, des douleurs dans les membres.

t Ces douleurs, ofiraient, à s'y méprendre, le cachet des douleurs fulgurantes. Plus de vingt fois, dans Tobservation, on trouve consigné, d'après le récit suivi de la malade, enregistré au moment même des accès, que ces douleurs se montrent tout à coup comme des éclairs, qu'elles n'occupent qu'un points soit au voisinage des join-* tores (genou, poignet), soit ^ur le corps des membres, et qu'elles s'accompagnent d'une sorte de ressaut du membre où elles sévissent. Ost lorsque ces douleurs, ainsi que la céphalalgie, s'exaspèrent, que surviennent lesaC/CA** de vomissement. A tous ces symptômes.

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nous devonsajouterune douleur vertébrale se répandant au tour do tronc et simulant la douleur en ceinture.

« Ces douleurs, de caractère pai^ticulier, si remarquablement ac« cusées chez notre malade, ne sont pas, d*ailleurs, un fait absolument exceptionnel en cas de tumeurs cérébrales. Ainsi, sur 983 cas, M. Ladame a mentionné 23 fois des douleurs rhumatoTdes dans diverses parties des membres. Il est sans doute très-rare qu*dlM prennent le caractère fulgurant. Cependant cet auteur signais, sans y insister il est vrai, des douleurs plus ou moins vives venant par accès, et courant fréquemment d*un point à ud autre.

« Quoi qu'il en soit, cette complication singulière est établie d'une manière péremptoire, ne serait-ce que pai*le fait m6mê de

Ler Et il n'y a pas lieu d'invoquer, pour s'en rendre compté,

quelque complication tabétique, car les cordons postérieurs, examinés avec soin lors de Tautopsie, ont été reconnus parfaitement scdns.

« Eh bien, messieurs, en pareille occurrence, et selon toute prcH habilité, les cas de ce genre se reproduiront dans la pratique. Le diagnostic n'est-il pas bien embarrassant?

a Permettez-moi encore de vous faire remarquer, pour ajouter à l'intérêt de la situation, que la titubation existait dans le cas delà tumeur, et que Deg , Tataxique, n'en présentait pas de traces.

« Or, Vophthalmoscope, dans cette conjoncture, est venu nous apporter un concours décisif. Je mets sous vos yeux deux dessins faits d'après nature, et que je dois à Tobligeance de M. Galezowski : l'un figure la papille de Deg..., et vous pouvez y reconnaître tons les caractères de la papille tabétique ; l'autre représente la papille

de Ler ; l'atrophie consécutive à la névrite optique se présente

avec tous ses caractères distinctifs.

tt Après cet examen, toute difficulté cessait sur-le-champ. Il de«

venait évident que Ler était sous le coup d'une tumeur céré*

brale, et Tautopsie Ta vérifié. Quant à Deg...., elle est aiaxique; la nécropsie prononcera dans quelques jours^ et je ne doute pas qu'elle ne nous donne raison. »

Le traitement de l'atrophie tabétique doit être évidemment le même que celui de l'affection spinale dont elle est une des mani« festations. Les pointes de feu le long de la colonne vertébrale, le» douches sulfureuses, l'hydrothérapie, l'électrisation de la moelle avec les courants continus, les eaux de Néris, de la Malou donnent parfois de bons résultats. On a beaucoup vanté, à un moment, le» pilules de nitrate d'argent, les préparations de zinc et de phosphore.

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