RÈGLES A SUIVRE POUR L'EXAMEN OPHTMALMOSCOPIQUE
L'éclairage qui convient le mieux pour Texamen ophthalmoscopique pratiqué dans les conditions ordinaires est celui qui est fourni par une bonne lampe à modérateur à huile, d'un fort calibre. Cette lumière est préférable à celles du gaz, du pétrole ou du soleil ; celles-ci, étant peu riches en rayons jaunes, donnent au fond de Tœil une coloration terne, gris-rougefttre. Pourtant, dans certains cas particuliers, pour différencier, par exemple, la coloration (lu gliome de celle de la l'étinite exsudative (Knapp) ; pour apprécier le changement de teinte du fond de l'œil observé dans la leucocythémie, iï est avantageux de recourirà la lumière solaire (0. Becker).
Afin de ne pas fatiguer le malade, Pollin et Janssen ont proposé de placer devant le foyer lumineux une plaque de verre bleucobalt destinée à intercepter les rayons jaunes et rouges, qui sont le moins bien supportés par la rétine.
Cette précaution n'a aucun avantage dans la pratique habituelle, mais elle pourrait être utilisée dans certains cas d'hyperesthésie rétinienne.
11 faut, autant que possible, s'habituer dès le début à examiner le fond do Tœil sans dilater la pupille par l'atropine. Cette sub-
EXAMEN OPHTHALMOSCOPIQUE. IS
stance ayant, comme on sait, le fâcheux inconvénient de paralyser pendant plusieurs jours Taccommodation, Fusageen cstfort pénible pour les malades qui possèdent une bonne acuité visuelle.
Dans certains cas, cependant, il est indispensable de recourir à ce moyen. Quand on veut examiner spécialement la région de la macula, on est obligé d'employer l'atropine ; cette partie de la rétine étant très-sensible, la lumière qu'on y projette provoque en effet des contractions réflexes du sphincter de Tiris, et un rétrécissement considérable à la pupille. L'emploi de cette substance est encore nécessaire quand on veut explorer les régions équaloriales de Tœil ; elle permet d'examiner la plus grande partie de la surface rétinienne; mais, pour si grande que soit la dilatation pupillaire, il est toujours impossible d'explorer le corps ciliaire à rophthalmoscope .
Enfin, les états pathologiques qui altèrent la transparence des milieux réfringents de l'œil exigent également la dilatation de la pupille. Dans ce cas, une partie des rayons éclairants étant interceptée au passage par les opacités, il est de toute nécessité d'augmenter d'autant leur orifice d'entrée.
L'observateur doit se tenir à 30 centimètres environ du malade, en face de lui et à la même hauteur; la source lumineuse est placée à côté et à gauche do la tète du sujet observé ; elle en est séparée par un écran, de façon que celle-ci soit dans l'ombre. La ligne du regard des deux observateurs et la fiamme de la lampe doivent être dans un même plan horizontal.
L'extrémité intra-oculaire du nerf optique ou papille, qui est la partie du fond de l'œil la plus intéressante à étudier, n'occupe pas le pôle postérieur, elle est située un peu en dedans; de telle sorte que, quand on est placé en face du malade, on doit, pour amener la papille devant soi, l'engager à regarder en dedans vers l'oreille gauche de Tobsen'ateur, si l'on examine l'œil gauche et réciproquement.
L'observateur, tenant le miroir de l'ophthalmoscope par son manche, le place alors au-devant de son œil en l'inclinant légèrement vers la source lumineuse, de façon à projeter la lumière réfléchie vers la pupille du sujet observé. Celle-ci apparaît bientôt sous la forme d'un disque rougeâtre, preuve certaine qu'à ce moment le fond de l'œil est éclairé. Alors, appuyant la main gauche sur la région orbitaire, il place une lentille biconvexe de 2 pouces et demi de foyer devant l'œil observé, d'abord à une distance trèsfaible, et de façon que son centre se trouve sur l'axe même du réflecteur, puis il l'éloigné progressivement de Tœil. C'est dans ce
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mouvement que consiste la difficulté de Texamen; car on parvienl facilement à éclairer le fond de Tœil avec le miroir, mais dès que Ton interpose la lentille la préoccupation de la bien maintenir empêche de songer au réflecteur qui se déplace et Toeil n'est plus éclairé ; ce n'est que par une longue habitude et des exercices fréquemment répétés qu*on arrive à maintenir à la fois la lentille et le miroir dans une position convenable.
Lorsque le fond de Tœil est éclairé, on est quelquefois gêné par des reflets brillants formés par la lumière réfléchie à la surface de la cornée et du cristallin. On s'en débarrasse en imprimant de légères inclinaisons au miroir ou à la lentille; du reste, on finit, à la longue, par s'y habituer et par en faire abstraction.
De même, pour éviter les images lumineuses du miroir réfléchies par les surfaces antérieure et postérieure de la lentille, jouant le rôle de réflecteurs convexes et concaves, on incline très-légèrement celle-ci autour de son axe vertical ; les reflets se trouvent dès lors projetés hors du champ d'observation.
Il est rare qu'on parvienne du premier coup à voir la papille, et, quoi qu'on en dise, il faut de longs exercices et beaucoup de patience pour arriver à apercevoir nettement et avec facilité le fond de l'œil. Souvent, au lieu de trouver d'emblée la papille, on ne distingue qu'un vaisseau; on le suit alors en se déplaçant très-légèrement vers le sens où il augmente de volume, et l'on arrive ainsi nécessairement sur la papille d'où il émerge.
Comme il est nécessaire, pour apprendre le maniement de Tophthalmoscope, de s'exercer longtemps et qu'on n'a pas toujoui's sous la main une personne disposée à se prêter à cet examen, Maurice Perrin a imaginé de construire un œil artlflciel avec lequel il est facile de s'habituer h ce mode d*exploration.
Cet appareil se compose d'une sphère creuse en cuivre ayant le volume du globe oculaire. Elle est supportée par un pied qui peut s'élever ou s'abaisser à volonté. A l'extrémité supérieure de ce support se trouve une articulation qui permet à la sphère des mouvements de rotation et d'inclinaison dans tous les sens.
L'œil artificiel se compose de trois parties : la première, noircie à l'intérieur, représente la région équatoriale ; la seconde, correspondant à l'appareil réfrigent de l'œil, cornée et cristallin, ne comprend, pour plus de simplicité, cpi'une seule lentille convexe ayant
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une puissance i-éfringenle égale à celle de la totalité du syRl^mp dioptrique de l'œil normal; deux petits diaphragmes, l'un de 7, l'autre de 3 millimètres de diamètre, simulant l'iris à ses divers degrés de dilatation, s'adaptent, à l'aide d'un pas de vis, en avant de la lentille.
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Enfln la troisième pièce, articulée avec la première, est destinée à recevoir dans sa concavité de petites rupules ea cuivre sur lesquelles sont peintes les images opbthalmoscopiques du fond de l'ffîil normal ou pathologique.
Derrière l'appareil se trouve un écran D, sur lequel se projette la flamme de la lampe réfléchie par le miroir; dès que celle-ci cesse de pénétrer dans la cavité oculaire, on se rend compte ainsi de la déviation et l'on peut rectifier aisément l'ôclalrage par une inclinaison du miroir.
Quand la lentille adaptée à l'appareil a la puissance dioptrique de l'œil emmétrope et que l'image placée dans la cupule est celle de l'œil physiologique, on a & sa disposition un globe oculaire artificiel sur lequel on peut s'exercer au maniement de l'ophthalmoscope absolument comme sur un œil vivant.
Pour permettre aux commençants de s'exercer à reconnaître l'état de la réfraction au moyen de l'ophthalmoscope, exercice que l'on ne saurait trop conseiller, Maurice Perrin a eu l'heurfuse idée de munir son appareil de trois lentilles de valeur réfringente différente, représentant les principaux états dioptriques del'ceil humain.
A*4Mr. Mal. dti jftux. t. a. S
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Celle qui correspond à Tœil emmétrope a son foyer sur la rétine quand la virole de cuivre qui la supporte est vissée à fond. En dévissant cette virole autant que possible, c'esirà-dire jusqu'à la dernière rayure de la vis, on allonge d'autant la longueur de Taxe antéro-postérieur de Tceil et Ton produit ainsi une myopie artificielle.
La lentille qui correspond à l'hypermétropie a son foyer au-delà de la rétine ; celle qui rend l'œil astigmate est composée d'une lentille sphérique et d'une lentille cylindrique associées. Toutes deux sont montées sur une virole et s'adaptent à l'appareil comme
la première.
Quand on commence à s'exercer avec cet œil artificiel, on enlève d'abord tout diaphragme, de façon à avoir une très-large pupille, puis, peu à peu, à mesure qu'on fait des progrès, on diminue l'ouverture pupillaire en changeant de^diaphragme.
DR l'aCUXTÉ visuelle ET DES MOYENS DE LA MESURER. — DÉTSRMfNATION