‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 4 sur 146 · D6 L'ACUITÉ VISUELLE ET DES MOYENS DE LA MESURER · texte numérisé non relu

D6 L'ACUITÉ VISUELLE ET DES MOYENS DE LA MESURER

Le principe sur lequel est fondée la mesure de TacuTié visuelle est analogue à celui qui a servi de guide pour apprécier le degré de la sensibilité cutanée. Celle-ci est déterminée au moyen d*un compas ; on touche légèrement la peau avec les extrémités des deux branches plus ou moins écartées; si l'écartement est assez considérable, le patient éprouve la sensation de deux piqûres séparées, mais si Ton diminue graduellement récartement des deux pointes, il arrive un moment où les deux sensations se confondent en une peule. Plus récartement des pointes est grand au moment où le sujet n*éprouve plus que la sensation d'un seul attouchement, moins la sensibilité est délicate.

Pour mesurer la sensibilité rétinienne, on peut placer à une certaine distance au<devant de Tœil deux points lumineux, qu'on rapproche Tun de l'autre jusqu'à ce qu'ils cessent d'être vus séparément. L'écartement minimum permettant de les voir Isolée ment sert de base à la détermination de l'acuïté visuelle. Il est évident, en effet, que si pour rendre possible la distinction dej» deux points l'espace qui les sépare doit être deux fois plus grand pour un œil que pour un autre, la sensibilité rétinienne du premier sera deux fois moindre que celle du second.

Considérons la figure 1 1 . Soit AB la distance minimum qui doit séparer les points A et B pour qu'ils soient vus isolément par un œil normal; ces deux points ont leur image rétinienne en a el b. Il est clair que si pour mesurer l'acuïté visuelle on avait pris des points lumineux situés à une plus grande distance de l'œil, il aurait fallu, pour qu'ils fussent encore perçus distinctement, que leur écartement fût aussi plus considérable et égal à A'B'. Si donc on

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voulait Hpprùciei' le dcgi'i^ de l'aciiïti' visuelle par cet l'cai-temcnl minimum dp.« di?ux points lumin<?u\, il rtmihait tenii- compte en mêmp temps de leur distance à Irml observa'. Aussi, pour simplifier lu queslion et éviter toute confusînn, est-il pri?ffraWe iltprenilre pour mesura' l'atif/l'- visuel AfB. snus lei|ui'l ^nul vus les

deux points lumineux, angle qui reste toujours le même, et qui est indépendant de leur situation par rapport au »ujet en expërienee. Dans l'opil normal, l'angle qui marque la limite moyenne de l'acuïté visuelle est d'une minute.

II est évident que la surface rétinienne nb, qui correspond à un anpie d'une minute, doit être plus large qu'un éK^ment rétinien, sinon les deux points lumineux, impressionnant un seul élément OU deux éléments contigiis, ne provoqueraient qu'une sensation confuse. Pour que les deux perceptions soient isolées et nettes, il faut évidemment que les deux éléments sensoriels e.vcilés par les rayons lumineux soient séparés l'un de l'autre par un élément intermédiaire. Or, c'est ce qui a lieu en réalité : en calculant la grandeur de l'arc rétinien qui correspond h un angle d'une minute, on trouve 0°'",0(MH, tandis que la largeur des cônes dans la région de la macula ne dépasse guère O'"'°.fl03.

Pour mesurer l'acuité typographiques , toute;

visuelle, on a imaginé plusieurs échelles ! fondées sur le même principe. La plus usitée est celle de Suellen. Voici comment elle a été construite.

Un œil possédant une acuïté visuelle normale distingue nettement les lettres dont la grandeur correspond à un angle visuel de c/jiç iiiinula, lorsque les détails de cnnflgurtition de ces lettres.

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