‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 5 sur 146 · DE L'ACUITÉ VISUELLE · texte numérisé non relu

DE L'ACUITÉ VISUELLE

Irait?, jambages ayant environ le cinquième de leur ditnension Mcde^ correspondent par conséquent à un anf/le d'une minute.

Plusieurs séries de lettres dessinées conformément à ce principe !^ont disposées par rangées successives sur le tableau de Snellen. Au-dessus de chacune de ces rangées se trouve un numéro d'ordre indiquant la distance en pieds parisiens à laquelle ces lettres forment sur la rétine une image dont la grandeur est de cinq minutes. Ce tableau est placé à 20 pieds, dislance à laquelle les rayons lumineux, émanés de l'objet fixé, peuvent être considérés comme presque parallèles, condition nécessaire pour que la vision s'effectue sans effort d'accommodation. A cette distance, les lettres du numéro XX du tableau de Snellen formant sur la rétine une image de cinq minutes, doivent donc être perçues distinctement, et si elles le sont en réalité, le sujet possède une acuité normale. Mais supposons que celui-ci ne puisse distinguer que le numéro XXXX, dont les lettres, de grandeur double du numéro XX, devraient être aperçues dans les conditions normales non pas à 20 pieds seulement, mais à 40 pieds, son acuité visuelle sera évidemment moitié moindre, c'est-à-dire = à-.

D'une façon plus générale, l'acuïté visuelle, désignée par la lettre S, sera exprimée par une fraction dont le numérateur est la distance à laquelle se trouve le sujet, et le dénominateur le nombre qui correspond à la grandeur des caractères déchiffrés. Si le nu-

méro XX est lu à£0 pieds, l'acuïté visuelle S=r— =i.

Si à cette même distance le numéro XXX est le plus petit carac*-

tère déchiffré, S==^ri:4-.

Enfin, si c*est seulement la plus grosse lettre, celle qui corres-

to t pond au numéro GC, S=jr5='j^«

Quelquefois, l'acuïté visuelle peut être supérieure à la moyenne prise pour unité, et si par exemple le numéro XV du livre de Snellen, qui doit être vu à 15 pieds seulement, était distingué nettement

à 20 pieds, l'acuïté visuelle serait S = --.

Si le numéro CC n'est pas vu h 20 pieds et qu'on soit obligé de

le rapprochera iOpieds, par exemple, racuïté visuelle S=55J,=;5;;;'

Les doigts tenus écartés correspondent au numéro CC de Snellen . Si donc le malade ne peut les distinguer qu'à la distance de 5 pieds,

il possède une acuité ^j^jj^.

Un œil normal aperçoit les mouvements de la main sur un fond sombre à M pieds environ. Dans le cas où il ne peut plus les distinguer qu'à la distance de 2 pieds, sou acuité est donc réduite

En outre du tableau dont nous venons d'indiquer la composi tion, Snellen a fait imprimer un livre dont les caractères de dimension de plus en plus petite doivent pouvoir être déchiffrés à des distances de plus en plus rapprochées. Le numéro 1^/2 qui tennine la série doit être lu par un œil normal à la distance de î pied et demi, car la grandeur des lettres est toujours telle qu'à cette distance elles correspondent à un angle visuel de 5 minutes. Réciproquement, si le sujet peut déchiffrer ces caractères à la dis tance indiquée, cela prouve qu'il possède une acuité normale. Ce liM-e est foi*t utile pour déterminer Tacuïté visuelle chez les myopes, où l'épreuve à distance devient impossible, à moins de corriger d^abord leur anomalie au moyen de verres concaves appropriés,

Snellen vient de publier un nouveau livre et un nouveau tableau où les distances auxquelles les caractères doivent être lus, au lieu d'être exprimées en pieds, sont exprimées en mètres et centimètres. Il est évident que cela ne change rien à la mesure de Tacuïté visuelle, qui reste toujours donnée par une fraction dont le numérateur représente la distance à laquelle le caractère est lu, et le dénominateur le numéro d'ordre de ce caractère.

De nombreuses observations, relevées chez des individus dont les yeux étaient normaux, ont permis de formuler les propositions suivantes :

i"" L'acuité visuelle ne se modifie pas jusqu'à vingt-sept ans environ, mais à partir de cet âge elle commence à diminuer trèslentement et finit par se réduire de moitié chez les vieillards ;

2® Il n'est pas rare de trouver jusqu'à quarante-deux ans une acuité visuelle supérieure à l'unité adoptée par Snellen ;

3" L'acuité visuelle dépend en partie de l'éclairage ; il est donc préférable pour des examens comparatifs de faire usage d'une source lumineuse artificielle, toujours la même, que de la lumière du jour;

4** La diminution de l'acuïté visuelle chez les personnes âgées provient à la fois du trouble des milieux réfringents et des altérations séniles de l'appareil sensoriel.

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