‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 92 sur 146 · PRESBYTIE DANS LES ANOMALIES DE LA RÉFRACTION · texte numérisé non relu

PRESBYTIE DANS LES ANOMALIES DE LA RÉFRACTION

L'œil hypermétrope et Toeil myope peuvent aussi devenir presbytes. Chez l'hypermétrope, la presbytie se manifeste lorsque, malgré les verres correcteurs, qui neutralisent complètement son anomalie, le punctum proximum commence à reculer et se trouve au delà de 12 pouces. Il ne faut pas perdre de vue qu'avec l'âge Toeil emmétrope a de la tendance à devenir à la fois hypermétrope et presbyte ; ces deux anomalies surajoutent leurs effets pour produire un trouble considérable de la vision et réclament des verres convexes, qui corrigent à la fois l'insuffisance de la puissance dioptrique de l'œil et celle de l'accommodation.

La presbytie pourrait être confondue avec l'hypermétropie pour différencier ces deux états, on tiendra compte de ce fait, que dans la presbytie l'usage de faibles verres convexes rend la vision des petits objets plus nette, tandis que dans l'hypermétropie, à moins qu'elle ne soit déjà manifeste, les verres convexes vieunent en aide au muscle ciliaire et soulagent les efforts de l'accommodation, mais sans augmenter pour cela Vacuité visuelle. La parésie ou paralysie de l'accommodation provoque évidemment le? mêmes troubles fonctionnels que la presbytie ; nous verrons plus loin quels sont les signes qui pennettent de distinguer cet étot pathologique du muscle ciliaire de la presbytie résultant de 1» sclérose du cristallin.

Chez les myopes, la presbytie ne peut survenir que si le degré de myopie est inférieur à l/8« En effet, dès que la myopie atteint ce chiffre, il est clair que, sans le moindre effort du muscle ciliaire et quelle que soit la réduction de l'amplitude d*accommodalion, lu vision restera tou^jours distincte à la distance de 8 pouces.

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Mais, s'il s'agit dun degré inférieur à -, Ja presbytie se inanilï^le

plus tardivement, il est vrai, que chez remmétrope, en raison de la plus grande puissance dioptrique du myope, mais avec les mêmes caractères et exigeant aussi, pour être corrigée, l'emploi de verres convexes.

Ainsi, règle générale, quand un individu ayant atteint l'àgc de cinquante ans vante Texcellence de sa vue et se trouve en état de lire sans lunettes à la distance de 10 pouces, on peut affirmer, à coup sûr, qu'il avait jadis un faible degré de myopie. Si on interroge ces personnes, elles se récrient et affirmenl avoir toujours eu une bonne vue de loin, imbues de ce préjugé, que les myopes ne ])euvent distinguer qu'à une très-faible distance. Mais, placées devant l'échelle de Snellen, elles sont tout étonnées de ne pouvoir déchiffrer les dernières lignes qu'avec le secours de verres concaves. Il est facile de les convaincre ainsi et de mettre en évidence leur faible degré de myopie.

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