CHOIX DES VERRES CORRECTEURS DANS LA PRESBYTIE
C'est un préjugé généralement répandu qu'il ne faut faire usage de lunettes que le plus tard possible. Et pourtant il y a certainement beaucoup plus d'inconvénients que d'avantages à se fatiguer inutilement la tête et les yeux en faisant des efforts exagérés d'accommodation. Les verres convexes doivent être employés dès que Ton 8e trouve dans la nécessité de reculer l'objet fixé au delà du puncium proximum habituel, c'est-à-dire plus loin que 8 à 10 pouces. A ce moment, du reste, la vision de près commence à devenir confuse, les presbytes sont incapables de lire les plus fins caractères du livre de Snellen. Au début, alors que ces troubles de la vue sont presque insignifiants, on prescrba d'abord les verres les plus faibles, soit le numéro 60 environ ; puis, au fur et à mesure que ceux-ci deviendront insuffisants, ce qu'on reconnaîtra à ce que le sujet conmiencera de nouveau à éloigner l'objet fixé et à éprouver les mêmes troubles, on les changera en suivant la série progressive.
Donders, qui s'est livré à de nombreuses recherches sur ce snjety a dressé le tableau suivant, dans lequel on trouve les verres qui correspondent en moyenne à un âge déterminé :
A 48 ans N^ 00
30 îins 40
.).> ans M)
352 PRESBYTIE.
A 08 ans N« 22
60 ans 18
62 ans 14
Co ans 13
70 ans 10
75 ans 9
78 ans 8
80 ans 7
Ces chiffres s'appliquent à un œil normal emmétrope, mais ik doivent être modifiés selon certaines circonstances que nous allow indiquer.
D'abord, chez Temmétrope qui est encore en état de déchiffrer la dernière ligne du tableau de Snellen à 20 pieds de distance el qui possède par conséquent une acuité visuelle normale et une structure emmétropique de l'œil, les verres prescrits seront te plus faibles vores convexes qui permettront la lecture des différents caractères du livre de Snellen aux distances correspondantes.
S'il existe de l'hypermétropie, il y a une double correction à faire. Supposons, par exemple, que, chez un homme de soixantecinq ans, on trouve une hypermétropie de — et qu'il y ait en plus
une presbytie exigeant un verre n** i2 : on doit prescrire deni
verres correspondant à 7^ + 72=7:; c'est-à-dire un verre oon*
vexe n® 6.
Cette règle s'applique, quelle que soit la variété d'hypermétro* pie à laquelle on a affaire, aussi bien à celle qui est congénitale et qui a existé dès l'enfance qu'à l'hypermétropie acquise résultant des transformations séniles de l'œil.
Nous avons vu que la presbytie ne peut exister avec une myopie
d'un degré supérieur à - : un tel œil, en effet, peut toujours voir
distinctement à la distance de 8 pouces sans faire le moindre effort d'accommodation. La myopie, pour si faible qu'elle soit, compense toujours dans une certaine mesure la presbytie qui se pr^Jduit avec l'âge ; mais, si la myopie n'est que d'un faible degré, il arrive un moment où elle ne contrebalance plus la presbytie (jni ne fait que progresser, et à ce moment il faut choisir des verres correcteurs.
Supposons une myopie de —à cinquante-huit ans, la presb}'lie