‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 103 sur 255 · NÉCROSE DE LA CORNÉE · texte numérisé non relu

NÉCROSE DE LA CORNÉE

La cornée est frappée souvent de nécrose ; celte affection est caractérisée par ne suspension complète de la nutrition dans une partie ou dans sa totalité. On oit alors apparaître des taches plus ou moins larges, qui ressemblent beaucoup ux abcès ou aux ulcères, mais qui ne tardent pas à amener une destruction ou un amollissement progressif de celte membrane.

^ Les auteurs ont décrit cette forme d'affection sous les dénominations très-variées 'ulcères asthéniques, de kératite névro-paralytique, de kératomalacie et de ganrène de la cornée.

Syniptomntoioglc. — Comme nous venons de le dire, la nécrose de la cornée se développe habilncUement à la suite de la suspension de la nutrition, soit dans une partie quelconque de celte membrane, soit dans toute son étendue. La nutrition est intimement liée à l'innervation que la cornée reçoit ainsi qu'à la vascularisation péricornéenne. Il en résulte que, toutes les fois que les nerfs seront paralysés, soit par compression mécanique, soit par une altération primitive, la cornée subira des modifications très-notables. L'étranglement des vaisseaux péricornéens aura le môme effet.

Le chémosis phlegmoneux qui accompagne les opbthalmies purulentes amène très-souvent ces désordres. La cornée se montre entourée en partie ou en totalité d'un anneau rouge grisâtre ou blanc grisâtre, qui s'élève notablement au -dessus de son niveau. Dans la région péricornéenne, la capsule de Ténon est boursouflée el fortement tendue ; la compression qui s'ensuit dans tous les tissus voisins étrangj les vaisseaux, arrête la circulation et paralyse les nerfs cornéens eux-même Sous l'influence de ces désordres, la cornée devient insensible; son épithéliuj se soulève; il se forme à sa circonférence un cercle opaque qui n'est autre qi la nécrose de son tissu. Lorsqu'elle est en forme d'anneau, elle peut amener la? chute de la cornée tout d'une pièce. Mais cette terminaison n'est pas fréquente.

Il arrive au contraire bien plus souvent que la partie qui se nécrose la première est celle du centre. Dans le cours de rophthalmie blennorrhagique ou purulente apparaît au centre de cette membrane une tache d'un blanc laiteux, qui devient de plus en plus épaisse, uniforme, gagne en profondeur et ne tarde pas à prc duire, au bout de deux ou trois jours, la perforation de toute la partie nécrosé et la hernie de l'iris, souvent même la sortie du cristallin.

La destruction de la cornée s'observe quelquefois après les opérations de la cata racte par extraction à lambeau , chez les sujets très-âgés présentant un cercld sénilc opaque au pourtour de cette membrane. Ce n'est plus alors la compres^ sion qui est la cause de l'accident, mais la suspension de toute nutrition dans: lambeau cornéen détaché. Les nerfs ont été coupés et la circulation suspendu^

Dans l'un comme dans l'autre cas, les douleurs n'existent point; elles ne manifestent qu'après la perforation et la hernie consécutive de l'iris.

La cornée peut se nécroser partiellement, même dans ses couches superficielle et donner lieu à une ulcération qu'on a appelé neuro-paraly tique.

Cet état est dû à une paralysie de la cinquième paire, ainsi que l'ont démont les expériences de Magendie, de Schiff et de Claude Bernard. On l'obserï aussi dans les méningites tuberculeuses, lorsque le ganglion de Casser est pris, i quelquefois dans les tumeurs cérébrales, qui ont atteint l'origine de ce nerf. Uift malade atteint d'une tumeur cérébelleuse que nous avons observé dans le service de Richet, présentait un cas analogue. La cinquième paire d'un côté a été< détruite, et la cornée s'était perforée avant la mort; mais, ce qui est plus remar-quable encore, c'est qu'après la perforation et l'établissement d'un trajet fistuleux v pendant quelques jours, la plaie s'était refermée et la chambre rétablie (1). Dans les cas de nécroses par paralysie de la cinquième paire, il y a absence com-i

(1) Galezowski, De la névrite et périnévrite optique, et de ses rapports avec les afl'edioni'^ cérébrales [Archives générales de médecine, janvier 1869, p. 53).

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